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Le député de La Vérendrye, Konrad Narth, a présenté des excuses officielles lundi à l'Assemblée législative du Manitoba. Le progressiste-conservateur a exprimé ses regrets lors de la période des questions, après avoir reproché la semaine dernière au premier ministre Wab Kinew de lui avoir répondu en français à une question initialement posée en anglais.
Je m'excuse si mes propos ont été interprétés de cette manière par la communauté francophone , a déclaré Konrad Narth, répondant à une demande formelle formulée par le député de Saint-Boniface, Robert Loiselle.
Jeudi dernier, le premier ministre Wab Kinew et Robert Loiselle avaient vivement dénoncé des commentaires jugés offensants pour les Franco-Manitobains.
Mes remarques n’avaient rien à voir avec la langue française ni avec la promotion du bilinguisme. Elles portaient sur la manière dont le premier ministre avait fait usage de son droit de répondre en français, s’est défendu Konrad Narth, lundi.
En tant qu’élu de La Vérendrye, M. Narth représente pourtant des communautés historiquement bilingues et francophones, à l'instar de La Broquerie, Saint-Pierre-Jolys et Saint-Malo.
Même si je m'efforce de promouvoir, de défendre et d'encourager l'usage du français, je ne suis pas bilingue et je ne suis pas en mesure de traduire le français, surtout dans une réponse de 45 secondes.
Le député a ajouté avoir tenté de présenter ses excuses dès jeudi dernier, mais que celles-ci, tout comme la déclaration contestée, n’avaient pas été captées par les microphones de l’Assemblée.
Instrumentaliser le français
Le député de l'opposition estime que le premier ministre néo-démocrate fait un usage purement politique de la langue officielle.
Ceux qui défendent la langue française souhaiteraient qu’on ne s’en serve pas comme d’un instrument politique , a insisté Konrad Narth.
Le président de l’Assemblée législative, Tom Lindsey, a toutefois tenu à rappeler que le premier ministre n’avait enfreint aucun règlement en s’exprimant en français. L’article 23 de la Loi sur le Manitoba garantit en effet à toute personne le droit d’utiliser l’anglais ou le français au sein de l’Assemblée législative comme devant les tribunaux de la province.
Le leader parlementaire du Parti progressiste-conservateur, Derek Johnson, a quant à lui affirmé que sa formation encourageait quiconque à parler français, estimant qu’un rappel au règlement n'était pas nécessaire dans cette affaire. Une intervention qui a fait sourire le premier ministre Wab Kinew, qui a laissé échapper un rire en chambre.


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