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Après deux augmentations salées de l'impôt foncier en deux ans, la mairesse de Toronto, Olivia Chow, présente, en cette année électorale, un budget de fonctionnement de 18,9 milliards de dollars pour 2026 avec une hausse de taxes de seulement 2,2 %.
Mme Chow répète qu'elle n'a pas encore décidé si elle sollicitera un autre mandat en octobre prochain.
Toutefois, son adversaire potentiel à la mairie, le conseiller municipal Brad Bradford, l'accuse d'hypothéquer l'avenir de la Ville Reine pour favoriser sa réélection.
Il souligne que la mairesse Chow avait augmenté l'impôt foncier de 9,5 % en 2024, du jamais-vu dans l'histoire de Toronto, et de 6,9 % en 2025.
Cette année, la hausse de taxe proposée est de seulement 0,7 %, en plus de la surcharge de 1,5 % pour les infrastructures, pour un total de 2,2 %.
C'est un budget électoraliste, c'est évident.
Il s'inquiète de voir la mairesse Chow puiser dans les fonds de réserve de la Ville pour équilibrer le budget. Cette année, 9 % des revenus proviennent des fonds de réserve, comparativement à 6,9 % en 2025.
Mme Chow rétorque qu'elle met le cap sur l'abordabilité après avoir mis de l'ordre dans les finances publiques en s'attaquant au manque à gagner de 1,8 milliard laissé par son prédécesseur, John Tory.
Pour la première fois en 23 ans, la cote de crédit de Toronto a augmenté à AA+.
La cheffe du budget, Shelley Carroll, ajoute que Toronto se sert du financement provincial obtenu grâce au pacte fiscal négocié par la mairesse Chow il y a trois ans pour continuer à investir dans les infrastructures et dans le transport en commun.
Les tarifs de la Commission de transport (CTT) doivent être gelés en 2026 pour une troisième année d'affilée.
Court-circuiter la droite?
Le budget 2026 permet à la mairesse Chow de riposter à tout adversaire de la droite qui l'accuserait de ne pas suffisamment restreindre les dépenses, selon le politologue Peter Graefe, de l'Université McMaster.
Ça ferme la porte aux critiques qui disent que [Mme Chow] est quelqu'un qui va taxer et taxer.
Christine Maydossian, consultante pour la firme de relations-conseils Leliken et conseillère de l'ancien maire Rob Ford, croit elle aussi qu'il s'agit d'un budget politique. Toutefois, elle ne pense pas que les électeurs torontois auront oublié les hausses de taxes salées des deux dernières années.
Les gens ne sont pas stupides.
L'augmentation prévue de l'arriéré dans la rénovation des infrastructures inquiète le professeur d'urbanisme Matti Siemiatycki, de l'Université de Toronto. Les projections de cet arriéré pour 2033 passent de 16,8 milliards (estimation de l'an dernier) à 21,1 milliards cette année.
Les Torontois voient l'impact du manque d'investissement dans les infrastructures avec la baisse de fiabilité du métro. Et on le voit à Calgary avec les bris majeurs d'aqueduc.
Sa collègue Enid Slack, directrice de l'Institut sur les finances municipales à l'Université de Toronto, affirme que tout budget représente un compromis.
Elle souligne toutefois que 2027 présente des incertitudes pour les finances de la Ville Reine puisque Toronto tente de négocier la prolongation de son pacte fiscal avec le gouvernement Ford, qui prend fin cette année.
La mairesse Chow indique que les discussions se poursuivent avec la province, disant refuser de négocier sur la place publique.


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