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Un ancien youtubeur de Hamilton coupable de viol perd son appel

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La Cour d’appel de l’Ontario confirme la culpabilité et la condamnation d’un ancien youtubeur de Hamilton pour viol. Jack Densmore avait été condamné à trois ans de prison après avoir été reconnu coupable d’une accusation d’agression sexuelle au terme de son procès sans jury en juin 2024.

AVERTISSEMENT : cet article pourrait choquer la sensibilité de certains lecteurs.

Le juge de première instance avait conclu que la plaignante avait cessé de consentir à une relation sexuelle, bien que l’activité eût débuté de façon consensuelle, parce que M. Densmore l’avait pénétrée de manière forcée sans prendre les mesures raisonnables pour s’assurer que la femme était toujours consentante.

Il avait rejeté la théorie de la défense sur  une croyance sincère, mais erronée dans le consentement verbal de la victime, en concluant que  [son] client avait fait preuve d’imprudence ou de négligence volontaire.

Capture d’écran de Jack Densmore.

Jack Densmore avait été condamné à trois ans de prison pour agression sexuelle à l'issue de son procès en 2024 à Hamilton.

Photo : YouTube

Dans son appel, la défense de Jack Densmore soutenait que le juge au procès avait commis une erreur dans son application du fardeau de la preuve en vertu de la jurisprudence et qu’il n’aurait pas dû fragmenter indûment les preuves en omettant d’apprécier la relation sexuelle dans son ensemble.

Elle avait aussi mis en doute la crédibilité de la plaignante, dont l’identité est protégée en vertu d’une ordonnance des tribunaux.

Retour sur les événements

Selon des documents de cour, Jack Densmore avait rencontré la plaignante il y a six ans sur un site de rencontre en ligne.

La femme étudiait à l’époque à l’Université McMaster, tandis qu’il était créateur de contenu sur la chaîne YouTube.

Ils ont accepté de se voir en personne le 5 août 2020. La plaignante s’est présentée au domicile de M. Densmore à 20 h 15.

Jack Densmore lui a fait faire le tour du propriétaire et ils ont décidé d’aller se promener, mais ils y ont renoncé, car il commençait à faire noir.

Le juge de première instance avait décortiqué la relation en quatre étapes : les deux personnes ont commencé à s’embrasser, puis à se caresser, avant qu’elle ne lui donne une fellation et qu’il ne la pénètre vaginalement.

L’accusé avait tenté de filmer la troisième scène avec son téléphone cellulaire sans avertir initialement la femme.

Il avait expliqué lors du procès qu’il avait effacé la courte vidéo à la demande de la femme et qu’il lui avait même montré que l’enregistrement n’existait plus dans son appareil.

La plaignante avait corroboré ses dires à la barre des témoins, mais avait déclaré qu’elle ne l’avait jamais observé en train d’effacer les images.

Le logo du réseau social YouTube affiché sur une tablette et un téléphone.

Depuis sa condamnation, YouTube a banni de la plateforme de vidéos en ligne les chaînes de Jack Densmore. (Photo d’archives)

Photo : Getty Images / LIONEL BONAVENTURE / AFP

Le juge avait estimé à la lumière des témoignages que les trois premières étapes avaient été consensuelles, bien qu’il ait cru à la version de la plaignante au sujet de la scène d’enregistrement.

Le magistrat avait expliqué que Jack Densmore avait compris, à ce moment-là, qu’il avait dépassé les limites du consentement lorsqu’elle lui avait dit d’arrêter de la filmer.

Le tournage non autorisé de la scène lors de la troisième phase a renforcé les réticences de la plaignante, qui a retiré son consentement et qui s’était finalement rhabillée pour partir immédiatement après la fin de la fellation, avait-il écrit.

Le procès avait ensuite montré que l’individu avait refusé de laisser partir la plaignante, qu’il l’avait poussée sur le lit, qu’il lui avait retiré ses vêtements et qu’il l’avait violée sans protection.

Jack Densmore avait expliqué que la relation sexuelle avait été consensuelle et que la plaignante lui avait bien exprimé son consentement. La présumée victime avait certifié le contraire.

Le palais de justice de Hamilton.

Le palais de justice de Hamilton, où Jack Densmore a subi son procès sans jury en 2024. (Photo d’archives)

Photo : La Presse canadienne / Peter Power

Le juge de première instance avait toutefois cru la plaignante, parce qu’il avait estimé que la version des faits était logique compte tenu des sérieuses inquiétudes qu’elle avait manifestées à la suite de la tentative de tournage non autorisé.

Il avait ajouté que le témoignage de l’accusé était  confus, parce qu’il a dit qu’il s’était fié  au langage corporel de la femme, tout en admettant du même souffle qu’elle lui avait exprimé  verbalement son consentement.

Le magistrat avait conclu que Jack Densmore avait fait preuve d’imprudence, voire d’aveuglement volontaire, en ne prenant aucune mesure raisonnable pour s’assurer que la plaignante était toujours consentante avant d’agir.

Verdict succinct en appel

La fiabilité des témoignages de l’accusé et de la plaignante dans cette cause est au centre du verdict de la Cour d’appel de l’Ontario, dont la décision a été publiée en ligne mardi.

Le haut tribunal précise par exemple que le juge au procès n’a pas traité l’affaire comme une simple question de crédibilité, puisqu’il a rejeté des parties importantes du témoignage de la femme concernant la deuxième phase de la relation sexuelle en préférant la version de l’individu sur ce point.

La Cour d’appel mentionne que le magistrat a examiné attentivement l’ensemble des preuves qu’il en a retenu certaines et rejeté d’autres en expliquant sa démarche.

La Cour divisionnaire de l’Ontario.

La Cour d’appel de l’Ontario, à Toronto, où la défense de Jack Densmore a été entendue le 5 février 2026. (Photo d’archives)

Photo : Avec l’autorisation de Sara Little

 Son analyse détaillée de toute l’activité sexuelle était conforme au cadre juridique qui régit le consentement , écrit-elle.

La Cour d’appel ajoute que la défense n’a pas réussi à démontrer que le juge de première instance avait commis une erreur de principe, ni aucune erreur d’application du fardeau de la preuve, ni aucune appréciation erronée des preuves mises à sa disposition.

Elle conclut que  le juge au procès n’a commis aucune erreur manifeste et déterminante  dans son jugement.

Les avocats de Jack Densmore n’ont pas répondu à nos courriels pour obtenir leur réaction. Ils avaient souhaité que la Cour d’appel ordonne un nouveau procès, cette fois devant jury.

Après sa condamnation, l’ancien youtubeur avait été libéré sous caution en attendant son appel et YouTube avait fermé ses quatre chaînes pour violation de ses règlements.

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