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Le comité responsable de faire le suivi des recommandations de la Commission des pertes massives a publié lundi son troisième et dernier rapport. Il souligne des progrès en matière de sécurité et de bien-être communautaire depuis la tuerie de Portapique, mais relève des lacunes persistantes en santé mentale.
Entre 2023 et 2026, le Comité de suivi des progrès, présidé par Myra Freeman, a examiné 90 recommandations de la commission d'enquête sur le massacre d'avril 2020 en Nouvelle-Écosse.
Je peux le dire, je sens qu'on est plus en sécurité maintenant qu'en 2020.
En conférence de presse, lundi, la présidente a souligné de réels progrès dans divers secteurs, notamment en matière de sécurité publique et d’intervention d’urgence.
Lacunes en santé mentale
Toutefois, Myra Freeman a reconnu qu'il y a encore beaucoup à faire, notamment en ce qui concerne les recommandations plus complexes et interreliées, ou celles qui exigent une réponse sociétale à plus long terme.
Il faut intensifier les efforts en matière de santé mentale. C'est un sujet qui revient sans cesse sur le devant de la scène. Il est également nécessaire de renforcer le soutien et les ressources consacrés à la sécurité, en particulier pour les communautés défavorisées, a déclaré la présidente du comité.
Par voie de communiqué, le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Tim Houston, a remercié les membres du comité pour avoir fait preuve d’une somme considérable de soin, de détail et de dévouement pour surveiller l’avancement de ces recommandations.
Cela démontre notre engagement à travailler à l’échelle du gouvernement et avec la communauté pour soutenir les personnes en deuil, pour mieux répondre aux urgences et aux incidents critiques, et pour réformer les services de police, a-t-il écrit.

À Portapique, la maison de Dawn Madsen et Frank Gulenchyn, deux des 22 victimes, a été incendiée par l'auteur du massacre, comme on peut le voir sur cette photo aérienne prise près d'un an après les événements. (Photo d'archives)
Photo : CBC/Steve Lawrence
Selon le communiqué, le comité de suivi s’est réuni 12 fois pendant son mandat de trois ans et a reçu et évalué 34 rapports d’étape faisant le point sur les progrès réalisés.
Le premier ministre a assuré que son gouvernement poursuivra ses efforts pour lutter contre l’épidémie de violence entre partenaires intimes et ses causes, afin de rendre les communautés plus sécuritaires.
Les progrès en temps de compressions
À Halifax, la cheffe de l'opposition officielle, Claudia Chender, a souligné une contradiction entre l'intention du gouvernement Houston de mieux protéger les Néo-Écossais et les mesures concrètement mises en œuvre.
Bien que les progrès réalisés jusqu'à présent soient encourageants, nous demeurons préoccupés par les récentes compressions exercées sur certains de ces soutiens, a-t-elle déclaré.

En conférence de presse le 31 août 2026 à Halifax, Myra Freeman prend la parole à l’occasion de la publication du troisième rapport annuel du Comité de suivi des progrès de la Commission des pertes massives.
Photo : Comité de suivi des progrès
En début d'année, le gouvernement progressiste-conservateur avait sabré dans certains programmes, avant de faire marche arrière dans certains cas.
Nous devons nous assurer que les ressources appropriées sont en place pour bâtir sur le travail en cours, soutenir les familles et renforcer les communautés, affirme Claudia Chender.
Quelle sécurité?
La députée indépendante de Cumberland North, Elizabeth Smith-McCrossin, a demandé au gouvernement provincial de poursuivre le travail du comité avec transparence et urgence.
Elle a aussi questionné ce qu'elle considère comme une absence de résultats mesurables.
Le premier ministre souligne les initiatives gouvernementales et les investissements importants, mais les Néo-Écossais ont aussi besoin de preuves que ce travail rend les gens plus en sécurité, a déclaré Mme Smith-McCrossin.
Les annonces, les comités consultatifs et les cadres ne sont pas des résultats a-t-elle dit.

Autrefois membre du Parti progressiste-conservateur et aujourd'hui indépendante, Elizabeth Smith-McCrossin est députée depuis 2017. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Agathe Boucart
La députée a ajouté que, sur les 130 recommandations, le Comité de suivi des progrès a officiellement évalué 90 recommandations uniques.
Quarante recommandations n’ont pas fait l’objet d’une évaluation formelle, a-t-elle déploré.
Comme Myra Freeman l'a rappelé au gouvernement aujourd'hui, la responsabilité, la transparence, la confiance du public et des communautés plus sûres n'ont pas de dates d'expiration.
Une législation sur la sécurité et le bien-être des communautés a été réclamée par la Commission sur les pertes massives, qui souhaitait son adoption dans un délai d'un an.
Cependant, plus de deux ans après l’échéance recommandée, cette législation n'existe toujours pas en Nouvelle-Écosse, et aucun engagement en ce sens n'a été pris.
Elizabeth Smith-McCrossin demande au gouvernement Houston de produire des rapports publics sur l'ensemble des 130 recommandations, incluant le travail accompli, le travail en suspens, les dates d'achèvement prévues et les résultats mesurables utilisés pour déterminer si les Néo-Écossais sont plus en sécurité.
Les réformes policières
À propos des réformes policières et de la gouvernance de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), critiquée pour sa réponse à la tuerie, le rapport souligne des recommandations focalisées sur le renforcement du suivi institutionnel, un changement de culture interne et la collaboration accrue entre la GRC et les services de police municipaux.

Dans les jours suivant la tuerie, une affiche d'autoroute remerciait les premiers répondants. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Sans élaborer sur les progrès qu’elle aurait réalisés à la suite des recommandations de la Commission des pertes massives, la GRC a souligné par courriel que la violence entre partenaires intimes (VPI) demeure insuffisamment signalée, et que de nombreuses victimes subissent des épisodes répétés avant de demander l'aide de la police.
La VPI et la violence fondée sur le genre sont des enjeux multidimensionnels et complexes qui nécessitent une intervention coordonnée, intersectorielle et intergouvernementale. Notre rôle consiste à mener des enquêtes approfondies sur les incidents signalés et, lorsqu’il existe des motifs raisonnables de le faire, à porter des accusations contre les personnes responsables, a indiqué la porte-parole de la GRC en Nouvelle-Écosse, Allison Gerrard.
Où trouver de l’aide
- 9-8-8, la ligne d’aide en cas de crise de suicide. Si vous, ou quelqu'un que vous connaissez, pensez au suicide, appelez ou textez le 9-8-8. Du soutien est offert 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, en français.
- Par province, trouver des services et des ressources (nouvelle fenêtre) de la violence familiale dans votre région.
- Par province, la liste des lignes d'écoute et des centres d'aide (nouvelle fenêtre) et de lutte contre les agressions sexuelles.
- En Nouvelle-Écosse, la ligne d'urgence provinciale en matière de santé mentale et de dépendances : 1-888-429-8167
- De la Nouvelle-Écosse : 211, la ligne d'aide pour hommes, 24 heures sur 24.
- Jeunesse, j’écoute : 1-800-668-6868, ou textez PARLER au 686868.
- Service canadien de prévention du suicide : 1-833-456-4566.


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