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Le bouleversement de l’intelligence artificielle (IA), notamment son impact sur le plagiat et l’évaluation, a été abordé par des éducateurs au postsecondaire en milieu minoritaire francophone lors d’un colloque organisé par le Collège Éducacentre de Vancouver jeudi et vendredi.
L’évaluation des travaux étudiants est devenue plus difficile en raison de la haute qualité de texte qui peut être produite par des agents d’IA, ce qui facilite le plagiat, explique Jessica Duvivier, coordinatrice scientifique et à la recherche au collège et qui a mené un projet de recherche sur le sujet.
C’est l’un des plus gros défis pour les enseignants. Ils sont pris avec ça vu qu'ils n’ont pas de directives claires d'un cadre plus haut. Ils ne savent pas comment parler aux étudiants.
La difficulté de l’évaluation
Jean-Christian Pleau, vice-recteur à l'Université de Saint-Boniface à Winnipeg, a aussi soulevé cet enjeu. Aujourd'hui, faire écrire un texte à la maison n'est plus vraiment une bonne manière d'évaluer parce que l'étudiant peut demander à Chat GPT de produire un texte et va souvent obtenir quelque chose de très bien, dit-il.

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Jessica Duvivier, coordinatrice scientifique et à la recherche au Collège Éducacentre qui mène un projet de recherche sur l'intégration de l'IA dans les établissements postsecondaires francophones en situation minoritaire.
Photo : Jérémie Chanteraud/ALLTHINGSCLICK
Jessica Duvivier ajoute que, même si les professeurs signalent des cas de plagiat, ils n’ont pas suffisamment de temps pour faire les suivis nécessaire.
Même s'ils le voient, il y en a qui font l'autruche et pas parce qu’ils ne veulent pas [le signaler], ou qu'ils sont désintéressés quelque part, mais parce que s'ils prenaient le temps d'aller voir tous les étudiants, ils [n'auraient] pas le temps, dit-elle.
L'un des conférenciers, le consultant en éducation des adultes Daniel Baril, a expliqué qu'il ne faut pas laisser la puissance technologique éclipser les valeurs fondamentales que les éducateurs veulent inculquer aux jeunes.
Il est vrai, le débat du plagiat, puis la tricherie, mais si on a une génération de jeunes qui trichent, notre problème, ce n'est pas la tricherie, c'est comment on a créé intellectuellement une génération de jeunes qui trichent.
Prendre le temps de réfléchir
Le projet de recherche de Jessica Duvivier est né d’un sentiment que l’IA s'installe très rapidement dans la société, sans qu'on ait vraiment eu le temps d'en discuter collectivement.
La conférence a aussi voulu relever la menace particulière que représentent les agents d’intelligence artificielle pour les communautés minoritaires, puisque la plupart sont fabriqués par des entreprises anglophones.
Les IA, elles sont conçues généralement aux États-Unis, donc dans des cadres dominant, avec beaucoup de stéréotypes, beaucoup de biais culturels aussi. Puis on sait que les IA, ils traduisent directement de l'anglais en français.

Des participants au colloque « Regards croisés sur l'IA au postsecondaire francophone » organisé par le Collège Éducacentre de Vancouver.
Photo : Jérémie Chanteraud/ALLTHINGSCLICK
L’une des idées proposées lors de l’événement, c’était de créer une intelligence artificielle publique franco-canadienne, qui miserait sur tout le contenu français qui existe au pays au sein des différents établissements.
Et est-ce qu'il n’y aurait pas des moyens et des recherches actuelles au Canada qui permettraient d'avoir une intelligence artificielle publique et nationale? s’est interrogée Laure Margueritte, gestionnaire en formation à l’Association franco-yukonnaise.
Avec des informations de Noémie Moukanda


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