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La version audio de cet article est générée par la synthèse vocale, une technologie basée sur l’intelligence artificielle.
Depuis le 1er août, les paquets de cigarettes vendus au Canada sont couverts de nouvelles photos et de nouveaux messages informant les fumeurs des dangers du tabagisme pour leur santé et celle des autres, une mesure bien accueillie à T.-N.-L., qui connaît l’un des plus hauts taux de tabagisme au pays.
Ce type d’avertissements existent depuis longtemps. En 2001, le Canada est devenu le premier pays à rendre obligatoires ces mises en garde illustrées sur les paquets.
Les avertissements illustrés sur les paquets de cigarettes fonctionnent, affirme Geoffrey Fong, enquêteur en chef principal de l’organisme International Tobacco Control Policy Evaluation Project, dont il est aussi le fondateur.
Des analyses préliminaires suggèrent qu’il y a un lien très fort et direct entre les messages d’avertissement, l’augmentation des réactions à ces messages, puis les tentatives d’arrêter de fumer, a-t-il déclaré en entrevue.
Pour que ces messages continuent d’être efficaces, il est important qu’ils soient renouvelés, croit Geoffrey Fong.
Les messages d’avertissement ne sont pas différents de toute autre communication répétée. Lorsqu’on reçoit le même message encore et encore, il perd de son impact. C’est ce qu’on appelle l’usure du message, explique-t-il.

Chaque image est accompagnée d’un message de sensibilisation.
Photo : La Presse canadienne / Société canadienne du cancer
Selon la Société canadienne du cancer, l’usage du tabac est le principal facteur de risque évitable de maladie et de mortalité au Canada. Le cancer du poumon est la principale cause de décès par cancer au pays, et l’on estime que 72 % des cas de cancer du poumon sont dus au tabagisme.
Terre-Neuve-et-Labrador a l’un des plus hauts taux de tabagisme au pays. C’est aussi la province où l’âge moyen est le plus élevé — 45,9 ans en 2025, au-dessus de la moyenne canadienne de 41,8 ans.
Le système de soins de santé est déjà essoufflé par les maladies qui apparaissent, année après année, à cause du tabagisme, particulièrement de nos jours avec notre population vieillissante, observe Kevin Coady, directeur général de l’Alliance de Terre-Neuve-et-Labrador pour le contrôle du tabac.

Depuis 2001, le pourcentage de la population canadienne qui utilise des produits du tabac est passé de 29 % à 13 %, selon Statistique Canada. (Photo d'archives)
Photo : iStock / alblec
Kevin Coady et Geoffrey Fong sont tous deux d’avis que les avertissements sur les paquets ne sont qu’un des outils nécessaires à l’abandon du tabagisme.
La clé du succès pour réduire l’usage [du tabac], c’est une stratégie complète, et non pas de simplement de dire aux gens de ne pas fumer, ou d’imprimer des photos laides sur les paquets de cigarettes, souligne Kevin Coady.
Il nomme par exemple l’interdiction des publicités des produits du tabac, qui étaient omniprésentes à une certaine époque.
La cigarette beaucoup moins populaire
On fume beaucoup moins qu’avant au pays. De 2001 à 2024, le pourcentage de la population canadienne qui utilise des produits du tabac est passé de 29 % à 13 %, selon Statistique Canada.
En 2021, plus de 6 jeunes Canadiens sur 10 (61 %) de 15 à 19 ans et plus du quart (27 %) des jeunes adultes de 20 à 24 ans n’ont jamais fumé de cigarette de tabac de leur vie, soulignait Statistique Canada il y a quatre ans.
L'Enquête canadienne sur le tabac et la nicotine indiquait que la prévalence du tabagisme n'était que de 4,2 % chez les jeunes âgés de 15 à 19 ans en 2022, comparativement à 27,7 % des jeunes de ce groupe d'âge en 1999 (nouvelle fenêtre).
Vapotage
Sans cesser de promouvoir une vie sans cigarette, les militants antitabac se tournent maintenant vers le vapotage.
L'Enquête canadienne sur le tabac et la nicotine indiquait qu'en 2022, 14 % des jeunes de 15 à 19 ans (nouvelle fenêtre) rapportaient avoir vapoté dans les 30 derniers jours, comparativement à 4 % des Canadiens âgés de 25 ans et plus.
Même s'ils n'ont pas le cocktail de substances toxiques cancérogènes que l'on retrouve dans les cigarettes, le vapotage peut exposer ses utilisateurs à des substances nocives, comme le formaldéhyde et l'acroléine, lorsque les produits sont chauffés à une température trop élevée, ou encore au nickel et au plomb quand la vapoteuse se détériore.
Les niveaux de ces substances chimiques et métaux observés dans les aérosols du vapotage sont considérablement moins élevés que ceux se retrouvant dans la fumée de cigarette, souligne Santé Canada (nouvelle fenêtre).
De plus amples recherches sont requises pour déterminer les risques de l'utilisation à long terme des produits de vapotage sur le développement du cancer et des maladies respiratoires ou cardiovasculaires, indique l’agence fédérale.

Des vapoteuses sur un comptoir. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet
Kevin Coady croit que la province devrait bannir les saveurs de vapotage et augmenter l'âge légal pour se procurer ces produits.
Dans une déclaration, Khadija Rehma, porte-parole du ministère de la Santé et des Services communautaires de Terre-Neuve-et-Labrador, indique que la province est préoccupée par la possibilité que les jeunes qui vapotent développent une dépendance à la nicotine.
Il y a deux ans, la province avait créé un sondage qui demandait à ses résidents si l’âge légal pour acheter des cigarettes devait être augmenté à 21 ans. On voulait aussi savoir s’il y avait un intérêt pour interdire à vie l’achat de produits du tabac aux personnes nées après une certaine date.
Cela est une référence au projet de génération sans fumée envisagé ailleurs. Cette année, le Royaume-Uni a adopté une loi qui interdirait dès le 1er janvier 2027 la vente de cigarettes aux personnes nées à partir de 2009, et ce, de façon permanente.
Terre-Neuve-et-Labrador est actuellement est en train d’examiner les réponses reçues au sondage, affirme la porte-parole du ministère provincial de la Santé.
D’après le reportage de Matthew Robertson, de CBC


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