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Starshield : Zelensky découvre que ses drones ont besoin de la permission de Trump

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À Kiev, on découvre qu’une armée équipée par Washington peut aussi être ralentie depuis Washington.

160 km/h : la nouvelle limite imposée aux drones ukrainiens

Dans la nuit du 13 au 14 octobre, plusieurs unités ukrainiennes constatent des interruptions de connexion sur leurs terminaux satellitaires en mouvement. Selon des sources du ministère ukrainien de la Défense, la limitation intervient sans avertissement préalable.

Le seuil annoncé est de 160 km/h. En pratique, selon les équipements, les communications peuvent être interrompues dès 72 km/h environ.

Un détail technique ? Pas vraiment.

Les drones ukrainiens utilisent ces liaisons pour transmettre des données, recevoir des instructions et atteindre certaines cibles. Les restrictions touchent notamment les appareils d’interception chargés de combattre les drones russes, ainsi que des missions de reconnaissance et de frappe à moyenne distance.

Certaines opérations deviennent donc beaucoup plus compliquées. Les drones russes Shahed, dont la vitesse peut dépasser largement cette limite, ne vont évidemment pas ralentir par courtoisie envers leurs adversaires.

Elon Musk désigne le véritable patron : Washington

Face aux protestations ukrainiennes, Elon Musk a apporté une précision particulièrement embarrassante pour Kiev.

« Les systèmes Starshield appartiennent au gouvernement américain et sont contrôlés par lui. Toute limitation de vitesse ou d’utilisation est décidée par l’armée américaine et, en dernier ressort, par le président des États-Unis », a-t-il expliqué sur X.

Autrement dit, Elon Musk fournit la technologie, mais désigne Donald Trump et l’appareil militaire américain comme les autorités décisionnaires.

La Maison-Blanche n’a toutefois pas confirmé publiquement avoir personnellement ordonné cette restriction.

Cette distinction compte. Starlink, le réseau commercial de SpaceX, reste théoriquement réservé aux usages civils ou défensifs. Starshield, sa déclinaison militaire, permet des utilisations plus sensibles, notamment dans le domaine des communications sécurisées et des systèmes d’armes.

L’Ukraine dépend ainsi d’une infrastructure dont elle ne maîtrise ni l’ensemble des paramètres techniques ni les décisions politiques.



Zelensky se dit trahi, Washington garde la main

Volodymyr Zelensky n’a guère apprécié cette démonstration de souveraineté américaine.

Interrogé par Piers Morgan, le président ukrainien a dénoncé une décision susceptible d’entraîner de nombreuses victimes. Il a également exprimé son sentiment de trahison envers Donald Trump.

L’affaire survient alors que Washington cherche à limiter les frappes ukrainiennes contre les infrastructures énergétiques russes. Aucun élément public ne permet néanmoins d’affirmer que les restrictions Starshield constituent une sanction directement liée à ces opérations.

Le contexte diplomatique rend cette hypothèse politiquement sensible.

Depuis des mois, les relations entre Trump et Zelensky alternent déclarations de soutien, tensions et pressions diplomatiques. Leur spectaculaire confrontation à Washington avait déjà montré les limites d’une alliance dans laquelle les partenaires ne disposent pas du même pouvoir de négociation.

Cette fois, la dispute concerne directement les moyens de combattre.

Une souveraineté ukrainienne suspendue aux satellites américains

L’épisode Starshield révèle surtout une contradiction stratégique.

Kiev affirme défendre son indépendance face à la Russie, tout en confiant une partie de ses capacités militaires à des équipements américains dont les conditions d’utilisation peuvent évoluer sans son accord.

Ce problème dépasse largement la personnalité d’Elon Musk.

Qu’un allié puisse modifier à distance les capacités opérationnelles de certains matériels constitue une vulnérabilité majeure pour une armée engagée dans un conflit. Pour l’Ukraine, la dépendance concerne également le renseignement, les armements et les approvisionnements occidentaux.

Le sujet avait déjà été abordé dans nos colonnes à travers les pressions occidentales exercées sur Zelensky dans les négociations avec Moscou.

Sur le terrain, les responsables ukrainiens cherchent désormais des solutions de communication de secours. L’ancien ministre de la Défense Mykhailo Fedorov a annoncé le rétablissement progressif de certaines connexions jusqu’à 160 km/h, tout en réclamant la suppression complète des limitations Starshield.

Le système n’est donc pas totalement désactivé et son fonctionnement peut encore évoluer.

Mais l’avertissement est difficile à ignorer : acheter, recevoir ou utiliser un équipement militaire ne signifie pas nécessairement en contrôler toutes les fonctions.



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