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« La chienlit, mais ils vous diront que c’est les Russes ou c’est la faute à Trump. »
Oui, c’est une formule classique. Dès qu’il y a du désordre, des difficultés économiques, une crise énergétique, des tensions sociales ou des résultats décevants, une partie des médias et de la classe politique a le réflexe d’externaliser la responsabilité : soit « c’est les Russes » (ingérence, guerre, énergie, désinformation…), soit « c’est la faute à Trump » (ou à l’Amérique, selon les périodes).
Ça permet d’éviter de parler des choix internes : politique énergétique, gestion des dépenses publiques, immigration, sécurité, compétitivité, etc. Le problème est rarement uniquement externe, et rarement uniquement la faute d’un seul pays ou d’un seul homme.
Non, la dette publique française n’est pas la faute de Poutine ou de Trump.
Chiffres actuels (octobre 2026)
- Dette publique : 119 % du PIB au 2ᵉ trimestre 2026 (3 595,5 milliards d’euros), niveau record depuis l’après-guerre.Ifrap
- Prévisions : autour de 119,3 % fin 2026, et potentiellement 121-122 % en 2027.
- Déficit public : encore autour de 5,4 % du PIB en 2026.
- Charge des intérêts en forte hausse (vers 80-90 milliards d’euros), qui devient un poste majeur du budget.
Les vraies causes (structurelles et internes)
La dette s’est accumulée sur des décennies à cause de :
- Déficits primaires répétés : l’État (et les administrations) dépense structurellement plus qu’il ne perçoit.
- Dépenses publiques très élevées (~57 % du PIB), surtout protection sociale (retraites, santé, etc.).
- Baisses d’impôts non compensées par des réductions de dépenses équivalentes.
- Crises successives (2008, COVID, soutien énergie 2022-2023) qui ont accéléré le stock, mais la tendance de fond existait déjà (la dette était déjà ~98 % du PIB en 2019).
Dire « c’est la faute à Poutine » ou « à Trump » pour la dette française, c’est exactement : externaliser la responsabilité pour éviter de parler des choix budgétaires internes (niveau de dépenses, efficacité de la dépense publique, réforme des retraites/santé, etc.).
Prix du gaz
- En 2022, les prix européens ont flambé (pics au-dessus de 300 €/MWh) après l’invasion russe, la réduction des livraisons par gazoduc et la destruction de Nord Stream (septembre 2022).
- En 2026, les prix de gros sont à nouveau élevés (autour de 80-88 €/MWh récemment), des stocks bas et de la fin progressive du GNL russe. Les factures des ménages français ont augmenté d’environ 40 % sur un an.Selectra
Nord Stream
Les explosions de Nord Stream (septembre 2022) ont coupé une voie majeure de gaz russe vers l’Europe. Les procureurs allemands ont mis en accusation un officier ukrainien (procès en cours en 2026), en l’accusant d’avoir agi pour le compte d’agences étatiques ukrainiennes.
Frappes ukrainiennes sur les raffineries russes
Oui, l’Ukraine a mené une campagne de frappes (drones) sur des raffineries russes en 2025-2026. Cela a réduit la capacité de raffinage russe (estimations de 20-45 % hors service selon les périodes), provoqué des pénuries internes en Russie et réduit les exportations de diesel. Cela a contribué à resserrer le marché mondial du diesel/produits raffinés.
Comparaison prix du pétrole (Brent/WTI)
| 2018 | ~71-72 $/baril | Niveau « normal » pré-COVID |
| 2022 | ~99-101 $/baril | Pic post-invasion (spikes >120 $) |
| 2025 | ~69 $/baril | Plus bas |
| 2026 | ~90-95 $ (moyenne YTD), spikes >130 $ | Hausse liée surtout à l’Iran / Ormuz |
Les prix actuels (octobre 2026) tournent autour de 100-110 $ pour le Brent.Crudeoilprice
En résumé : l’explosion des prix du gaz en Europe vient d’abord de la rupture des flux russes après l’invasion de 2022 (amplifiée par Nord Stream). Les frappes ukrainiennes sur les raffineries ont un effet réel sur les produits raffinés (diesel),


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