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La secrétariat à la Santé de l’État de São Paulo a enregistré 19 cas confirmés et 18 décès dus à la fièvre inflommatoire transmise par les tiques cette année, affichant un taux de létalité de 94,7%. L’épidémiologiste Marcelo Labruna qualifie ces inquiétudes de désinformation sanitaire, tandis que Florianópolis lance un projet d’étude sur les capybaras.
La flambée de la fièvre maculaire brésilienne continue de peser lourdement sur les bilans épidémiologiques de l’État de São Paulo, où la maladie maintient un taux de mortalité particulièrement élevé en l’absence de prise en charge rapide.
Bilan des cas et foyers épidémiologiques dans l’État de São Paulo
L’État de São Paulo fait face à une situation sanitaire critique. Les zones d’infection probables se concentrent principalement dans les régions surveillées par les groupes de surveillance épidémiologique de Campinas avec cinq cas, Piracicaba avec trois, Sorocaba avec trois, Santo André avec un, et São José dos Campos avec un cas supplémentaire. Les enquêtes se poursuivent pour déterminer l’origine exacte des autres contaminations.
Cette situation rappelle les chiffres de l’année précédente, au cours de laquelle 61 cas et 44 décès avaient été comptabilisés dans le même État, affichant déjà un taux de létalité de 72,1%. La maladie demeure l’une des principales préoccupations sanitaires du pays en raison de la rapidité de sa progression clinique chez les patients non traités.
Les foyers de Campinas et la controverse autour des capybaras
La commune de Campinas constitue un épicentre particulièrement surveillé.
Photo: NatureAu cœur de ces contaminations se trouvent les capybaras, les plus grands rongeurs du monde, reconnus comme les principaux réservoirs naturels de biomasse pour la bactérie Rickettsia rickettsii. Néanmoins, les experts soulignent que l’abattage de ces animaux ne constitue en rien une solution viable. Un chercheur spécialisé apporte un éclairage précis sur ce mécanisme écologique :
Et avoir de jeunes individus dans le groupe, sans exposition préalable, c’est précisément ce que veut la bactérie Rickettsia. Marcelo Labruna, chercheur de l’École de médecine vétérinaire et des sciences animales de l’Université de São Paulo, via Fapesp
Selon les analyses relayées par Fapesp, les capybaras développent une immunité après une première infection qui limite la multiplication bactérienne, rendant l’élimination des animaux contre-productive car elle stimule un renouvellement de la population par de jeunes sujets totalement naïfs immunitairement.
Le projet de Florianópolis et la gestion de la faune urbaine
Alors que São Paulo applique des mesures strictes de contrôle, d’autres régions choisissent l’anticipation scientifique. C’est le cas de Florianópolis, capitale de l’État de Santa Catarina, où la population de capybaras a connu une croissance notable dans les parcs et zones urbaines. À la suite d’une demande du ministère public fédéral en février enjoignant à la municipalité de présenter des lignes directrices claires, la ville a opté pour la recherche plutôt que pour l’intervention agressive, comme le rapporte Courthousenews.
Photo: FapespLa municipalité a ainsi lancé le projet “CAPI” fin avril pour analyser les tiques prélevées sur des spécimens vivants et des animaux victimes d’accidents routiers.
Nous devrons apprendre à vivre avec ces animaux. Mais Florianópolis a une longueur d’avance. Nous avons déjà entamé les études, formé un groupe de travail technique et nous comprenons ce qui est requis pour une gestion appropriée. Priscilla Regina Tamioso, biologiste et coordinatrice de projet, via Courthousenews
Symptômes, traitement et recommandations des autorités sanitaires
Les spécialistes s’accordent à dire que la maladie, bien que grave, ne doit pas susciter de panique irrationnelle si les symptômes sont pris en charge à temps. Les manifestations cliniques débutent par une fièvre soudaine, des céphalées intenses, des douleurs musculaires et articulaires, suivies entre le troisième et le cinquième jour d’une éruption cutanée caractéristique qui s’étend des poignets et des chevilles jusqu’aux paumes des mains et à la plantes des pieds, selon les précisions de Substack.
Photo: CDCLes experts insistent sur l’importance cruciale d’une intervention médicale précoce. Un traitement antibiotique administré dans les premiers jours garantit généralement un rétablissement complet, la bactérie nécessitant un contact prolongé par morsure de tique pour se transmettre. Le milieu médical rappelle également que la prise d’antibiotiques à titre préventif est déconseillée, car seul le système immunitaire du patient permet l’élimination définitive du pathogène après une réponse naturelle.


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