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Des membres de la Première Nation de Potlotek, au Cap-Breton, affirment qu’une descente musclée de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) dans un commerce vendant du cannabis a anéanti des années de confiance durement acquise.
Nous avons besoin de la police. J’aime la police. Mais l’approche était mauvaise, confie Kenny Basque, un résident de la communauté mi’kmaw qui a été arrêté jeudi dernier lors d'une perquisition dans le magasin Sikku Shop, qui appartient à son fils.
Le gouvernement [de la Nouvelle-Écosse] et le gouvernement autochtone doivent en venir à une entente concernant cette Loi sur le [contrôle du] cannabis.
Aucune accusation n’a été déposée contre Kenny Basque.
Le résident de Potlotek dit que sa famille a néanmoins été traumatisée par la perquisition de la GRC, alors que des agents ont défoncé la porte du commerce pour y saisir des produits du cannabis, notamment.
Je me suis senti comme un criminel. Je ne faisais qu'exercer mes droits issus des traités, raconte Kenny Basque en entrevue à CBC.

Des policiers de la GRC en Nouvelle-Écosse ont dû quitter la Première Nation de Potlotek en laissant derrière eux sept véhicules coincés derrière une barricade, le 2 avril 2026. Six de ces véhicules ont ensuite été endommagés. (Photo d'archives)
Photo : CBC / Tom Ayers
Après la perquisition, des résidents de Potlotek ont bloqué une route. Sept véhicules de la GRC ont été incapables de sortir de la communauté mi’kmaw.
Au même moment, jeudi dernier, des Mi’kmaq ont bloqué partiellement trois autoroutes de la Nouvelle-Écosse en guise de protestation. Les routes ont depuis été rouvertes à la circulation.
Actes de vandalisme dénoncés
Selon la GRC, six des sept véhicules de police laissés à Potlotek ont été endommagés. Parmi les dommages constatés : des pneus dégonflés, des vitres brisées et des surfaces intérieures imbibées d'urine.
Un membre du conseil de la Première Nation, Isaiah Bernard, condamne les actes de vandalisme contre les véhicules de la police, affirmant que son gouvernement ne tolère pas de tels gestes.
Il reproche toutefois au gouvernement de la Nouvelle-Écosse sa directive ordonnant à la police de sévir contre les commerces autochtones de cannabis.
La province, elle, campe sur ses positions. Elle ne reconnaît aux Mi’kmaq aucun droit issu d’un traité pour vendre légalement du cannabis.
Nous sommes prêts à discuter. Mais pour l'instant, la Loi sur le contrôle du cannabis demeure en vigueur dans cette province, a déclaré mardi le ministre de la Justice, Scott Armstrong, en mêlée de presse à l’Assemblée législative à Halifax.
Cette loi stipule que la régie des alcools de la Nouvelle-Écosse, la NSLC, est le seul vendeur autorisé de cannabis à usage récréatif dans la province.
Pour sa part, le premier ministre Tim Houston a fustigé les manifestations des Premières Nations. L'obstruction illégale de la circulation discrédite la sécurité publique, le respect des forces de l'ordre et l'État de droit lui-même, a-t-il écrit samedi soir dans un message publié sur les réseaux sociaux.
Avec des renseignements de Kyle Moore, de CBC


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