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À la suite de l’ultimatum de la première ministre, Danielle Smith, qui ordonne à la Ville d'Edmonton d'arrêter l'octroi de permis de construction pour des logements multiples dans des quartiers résidentiels unifamiliaux, le maire et des acteurs du milieu de l’immobilier s’inquiètent d’une hausse des loyers dans la capitale albertaine.
Jeudi, la première ministre a imposé un délai de trois mois à la ville pour revoir ses règlements de zonage.
Le maire d’Edmonton, Andrew Knack, n’a pas mâché ses mots lors d’une entrevue à CBC (nouvelle fenêtre) : « Les citoyens auront moins de pouvoir d'achat en raison de ces changements. Cela aura un impact sur les taxes foncières et cela va créer le chaos et de l'incertitude pour tous les Edmontoniens. »
Cette décision survient au moment où des citoyens craignent la création d’octoplex dans des quartiers majoritairement constitués de maisons résidentielles.
Il y a 10 ans, le prix moyen d'une maison individuelle entre Calgary et Edmonton n'était que d'environ 50 000 dollars de plus à Calgary qu'à Edmonton. Aujourd'hui, cet écart dépasse les 200 000 dollars. Cet écart s'explique parce que nous construisons des logements pour tout le monde. Nous veillons à ce que chacun dispose d'options de logement abordable, ajoute le maire de la ville.

Le maire d'Edmonton, Andrew Knack, a tenu à défendre la politique de zonage de la capitale albertaine à la suite de l'ultimatum imposé par le gouvernement albertain.
Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Larouche
Son homologue calgarien, Jeromy Farkas, s’inquiète des conséquences de cette annonce en ce qui concerne le pouvoir des municipalités.
« Lorsque le gouvernement provincial nous ordonne de voter d’une certaine manière, cela nous empêche d’écouter réellement la population. »
Des répercussions sur les loyers et les projets de construction
Pour le professeur d’économie à l’Université de l’Alberta, Murtaza Haider, il est possible qu'il y ait des conséquences pour le marché immobilier, mais uniquement sur les loyers et non les propriétés.
« Si l'on constate une augmentation de l'offre de logements locatifs, cela n'aura d'incidence que sur les loyers, et non sur les prix de vente réels », indique le spécialiste. Il tient à rassurer que ces hausses seront légères et restreintes à certains quartiers d'Edmonton.

Murtaza Haider est professeur d'économie et de marketing à l'Université de l'Alberta à Edmonton.
Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Larouche
Les conséquences pourraient également se faire ressentir chez les promoteurs immobiliers.
Certaines entreprises ont acquis des biens immobiliers ou investi de l'argent récemment avec ce type de construction. Cette annonce va donc influencer leur décision quant à investir ou non dans les prochaines années , indique le professeur Murtaza Haider.
Il ajoute que la Ville et les citoyens qui critiquent ce type de construction devront trouver un point d’équilibre dans le futur entre maintenir l’abordabilité des prix des maisons à Edmonton et préserver les quartiers résidentiels unifamiliaux.
Après l’ultimatum de trois mois, Edmonton aura un prochain délai de 18 mois pour modifier complètement sa politique de zonage.


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