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Quatre manières de découvrir la Suisse

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Publié le 22 octobre 2026 à 08:34. 10 min. de lecture

L’été attire les foules vers les lacs, l’hiver vers les montagnes. Et l’automne? On le considère souvent comme une transition, comme une brève pause entre la saison de la baignade et les premières neiges. Pourtant, c’est justement dans le calme et dans les transformations de la nature que réside son charme. Les chemins sont moins fréquentés; l’air est plus pur, la lumière plus douce. Dans les montagnes, les mélèzes prennent des couleurs; dans les vignobles, la récolte commence; au petit matin, le brouillard couvre le Plateau, tandis qu’au-dessus, le soleil brille depuis longtemps.

C’est un bon moment pour se rendre là où l’on n’a pas eu le temps d’aller en été et de faire ce qu’on n’a pas pu faire: dans une vallée des Grisons, sur les hauteurs du Jura ou dans un village tessinois. Des endroits qui figurent rarement en tête de liste des sites qui valent le détour et qui, justement pour cette raison, s’avèrent surprenants.

Calme, étendue, proximité ou saveurs: ces quatre envies mènent à des lieux qui déploient tout leur charme en automne.

Là où vit le silence

Lorsque la lumière est plus basse, que les feuilles changent de couleur et que de douces nappes de brouillard émergent des marais et des forêts, ces paysages suisses montrent leur plus beau visage.

Il y a des siècles, d’énormes éboulements ont formé en Valais une cuvette qui abrite depuis le lac de Derborence. Eau, forêt et rochers dominent ici; en automne, les eaux lisses comme un miroir reflètent l’or des mélèzes et le bleu profond du ciel. Seuls le bruit des pas, le clapotis des vaguelettes qui frappent les berges et le chant des oiseaux brisent ici le silence. Celles et ceux qui souhaitent rester peuvent passer la nuit au Refuge du lac de Derborence et profiter ensuite de l’ambiance matinale sur ses rives idylliques.

Le hasard pour guide

Au-dessus de Steinen, dans le canton de Schwytz, un sentier alpin mène à Halsegg. Rejoindre ce lieu est déjà une expérience en soi, la gare de Steinen se trouvant juste à côté de la ligne historique du Saint-Gothard. Depuis les fenêtres panoramiques du train, on peut déjà admirer les montagnes et lacs de Suisse centrale. Puis, une fois à la gare, une vue spectaculaire s’ouvre sur le Grand et le Petit Mythen ainsi que sur le lac de Lauerz. Le sentier alpin qui mène à Halsegg est lui aussi très changeant: prairies et forêts verdoyantes cèdent la place aux parois de poudingue typiques de la région. Dans les célèbres gorges d’Ofenloch, il ne faut pas manquer de jeter un œil dans la grotte et de lever les yeux vers le ciel. Enfin, le paysage s’ouvre sur de vastes alpages. Les randonneuses et randonneurs qui parviennent en haut en sont récompensés à plusieurs égards. Dans l’auberge d’alpage Halsegg, Silvia et Wisel servent des plats copieux. La vue sur le brouillard qui recouvre la vallée ou sur le lac de Lauerz et, un peu plus loin, sur les lacs de Zoug et d’Ägeri se charge, quant à elle, de nourrir l’âme.

Une métairie dans le Jura

Entre les vignobles et la crête du Jura, le Parc régional Chasseral offre une autre forme d’isolement. Des murs en pierres sèches traversent le paysage; en chemin, l’envie vient de faire halte dans une des métairies, de simples auberges de montagne qui appartiennent à la culture locale depuis des générations. La métairie de Dombresson-Frienisberg se trouve sur un haut plateau qui se couvre de nappes de brouillard en automne. Tandis que le four chauffe à l’intérieur, à l’extérieur, les vaches paissent. Pendant cette pause, on commande un café, on observe les alentours et on s’ancre pleinement dans l’instant présent.

Une vallée en cache une autre

Calme et grandeur: voilà qui définit le val Müstair. Les villages arborent des façades en sgraffito, les mélèzes resplendissent dans la lumière de l’automne, et la neige couvre parfois déjà les sommets. Les vallées transversales sont encore plus isolées. Le val S-charl se situe entre montagnes et forêt d’aroles; souvent, lors de randonnées, seuls le crissement du chemin et l’appel d’un oiseau chanteur comme le Cassenoix moucheté accompagnent marcheuses et marcheurs. Et puis, il y a le val Mora, une vaste vallée sauvage qui a conservé toute son authenticité.

Ce que l’on retient de tels endroits, c’est moins le fait d’avoir visité un site incontournable que le sentiment d’avoir déconnecté pendant quelques heures.


Des vallées cachées

Des lieux reculés de Suisse que l’on ne trouve pas du premier coup, et qui restent d’autant plus en mémoire.

Entre mer et ciel

En octobre, lorsque le brouillard engloutit les plaines, un autre monde commence à 1000 mètres d’altitude. Grimper, c’est retrouver le soleil, une vue dégagée et avoir l’impression d’être sur une île.

Dans la région bernoise du Gantrisch, un sentier mène à Bütschelegg. L’automne, par temps clair, un vaste panorama s’offre au regard. Berne n’est plus qu’une silhouette sous la couche nuageuse, le Plateau se transforme en mer blanche et le vaste horizon n’est plus délimité que par les Alpes. Walter Keller, un écrivain zurichois aujourd’hui presque oublié, appelait une telle vue l’«ourlet blanc du manteau de Dieu».

Melchsee-Frutt, vue sur le lac Tannensee. — © Suisse Tourisme, Kevin Wildhaber Melchsee-Frutt, vue sur le lac Tannensee. — © Suisse Tourisme, Kevin Wildhaber

Le chemin le plus court vers le ciel

Dans le canton de Bâle-Campagne, la télécabine de Reigoldswil ne prend que quelques minutes pour sortir de la brume de la vallée. Le monde se divise alors en deux: gris sans contours en dessous, ciel bleu au-dessus; tandis que les hauteurs du Jura émergent de la mer de nuages telles des îles. Il vaut la peine de s’attarder en terrasse pour observer les nappes de brouillard s’étirer au-dessus de la crête, s’illuminer brièvement sous la lumière du soleil puis disparaître à nouveau.

Une loge avec vue sur le lac d’Uri

Au bord du lac d’Uri aussi, le sentier s’échappe de la grisaille automnale. Le téléphérique Chlital-Gietisflue amène les amatrices et amateurs de randonnée au point de départ de l’ascension du Schartihöreli via le Wanggrat. En haut, la vue s’ouvre sur le lac d’Uri et les montagnes. En bas, les forêts brillent de leurs couleurs automnales; certains jours, la nappe de brouillard se glisse comme une deuxième étendue d’eau entre le lac et les sommets.

Trois altitudes, une saison

Dans le canton d’Obwald, l’automne se vit différemment selon les altitudes. A Flüeli-Ranft, des forêts multicolores bordent les gorges du Ranft. Par temps clair, on aperçoit les montagnes.

Plus haut se trouve Melchsee-Frutt. Dans la clarté d’octobre, ses trois lacs de montagne deviennent des miroirs qui reflètent ciel et sommets, tandis que le vaste paysage se transforme en un théâtre d’ombres et de lumières.

Celles et ceux qui veulent aller encore plus haut doivent viser le Giswilerstock. Ce dernier offre un spectacle impressionnant au petit matin, quand le soleil se lève sur les crêtes et que, plus bas, la mer de brouillard commence lentement à s’illuminer. Une vue qui explique pourquoi se lever tôt vaut la peine en automne.


Petit sentier, grande vue

Là où l’edelweiss fleurit, lesbancs du même nom invitent à s’attarder. Ces points de vue ont également donné leur nom aux avions de la compagnie aérienne suisse Edelweiss. Pour atteindre celui de Melchsee-Frutt, il n’est pas nécessaire de marcher longtemps: depuis la station supérieure, le sentier mène au Bonistock; après une vingtaine de minutes, on arrive au banc avec vue sur le Titlis et sur le haut plateau et ses trois lacs. Quand il y a du brouillard sur le Plateau, la destination de cette courte promenade devient une loge d’où admirer la mer de nuages.

Le château de Mesocco dans le val Mesolcina, dans les Grisons. — © Suisse Tourisme Le château de Mesocco dans le val Mesolcina, dans les Grisons. — © Suisse Tourisme

Entre «home sweet home» et évasion

Parfois, même son propre pays peut soudain sembler complètement étranger. Que l’on change légèrement de perspective locale, ou que l’on adopte soudainement un autre dialecte en passant une colline, il existe une foule de choses inconnues à découvrir dans notre belle Suisse.

Ici, la forêt est différente: dans la vallée de Neckertal, dans le Toggenburg, le sentier de la canopée ne traverse pas simplement la forêt, mais ses cimes. Entre les troncs, la vue s’ouvre sur un entrelacs de branches, de lumière et de feuilles multicolores. Des stations didactiques envoient les enfants sur diverses pistes. Mais ce changement de perspective est avant tout l’occasion de jeter un autre regard sur le monde animal: des oiseaux se laissent observer de très près lors de leur soudain envol et, avec un peu de chance, on peut aussi apercevoir des écureuils.

Le sentier de la canopée traverse les forêts de la vallée de Neckertal, dans le Toggenburg. — © Suisse Tourisme Le sentier de la canopée traverse les forêts de la vallée de Neckertal, dans le Toggenburg. — © Suisse Tourisme

A un col de distance

En se tournant vers le sud, on découvre la partie italophone des Grisons dans le Val Mesolcina, également appelé Moesa. Cette région étonnamment méconnue de nombre de Suissesses et de Suisses n’est pourtant séparée que par un col de la Suisse alémanique. En contrebas, on trouve des palmiers et des grotti; plus haut, des châtaigniers, des églises baroques et d’imposantes ruines de châteaux. Au col du San Bernardino, on découvre un magnifique paysage marécageux et un petit lac.

Entre rochers et eau

Dans la vallée du Trient, en Valais, l’eau et la roche caractérisent le paysage. Les chutes d’eau se jettent sur des versants escarpés, d’anciennes scieries rappellent une époque passée, tandis que la rivière se faufile à travers d’étroites gorges. Près de Vernayaz, l’élégamment nommée cascade de Pissevache, de plus de 100 mètres de haut, est une destination incontournable. Le court chemin qui y mène convient également aux familles. Et pour qui souhaite rester encore un peu, il est possible de combiner cette excursion avec une visite des gorges du Trient, non loin de là.

Ce qui unit ces lieux, c’est leur diversité: les particularités de chaque paysage donnent l’impression que, alors que l’on est en Suisse, on pourrait aussi bien se trouver à l’autre bout du monde.


Des auberges de caractère

Quand l’hospitalité n’est pas seule au rendez-vous: des établissements uniques pour un séjour automnal agréable.


La saison dans l’assiette

En automne, la Suisse elle-même a un goût particulier. Au menu, châtaignes et raisins, fromage et poisson, truffe et absinthe, ainsi que les récits de leurs origines.

Dans la Vallemaggia, l’automne est particulièrement savoureux: autour de Moghegno se dressent les grà, de petites maisons en pierre dans lesquelles, depuis des siècles, on fait sécher les châtaignes pendant des semaines au-dessus du feu. En parcourant ensuite les vieilles ruelles, on se retrouve rapidement dans un grotto, où l’on peut trouver sur la carte des Cicitt, de fines saucisses de chèvre que les aubergistes grillent sur les braises. Au centre du village, la Casa Portico, une maison en pierre aux fondations et arcades médiévales, donne envie d’y séjourner.

Village tessinois idyllique à Giumaglio, dans la Vallemaggia. — © Ticino Turismo, Milo Zanecchia Village tessinois idyllique à Giumaglio, dans la Vallemaggia. — © Ticino Turismo, Milo Zanecchia

Fée verte et forêt profonde

Dans le Val-de-Travers, la route de l’Absinthe allie paysage et histoire à cette spécialité longtemps distillée en secret. En parcourant les villages et les forêts jurassiennes, on apprend pourquoi la «fée verte» fait aujourd’hui encore partie de l’identité de la vallée. En automne, l’ambiance est parfaite pour la randonnée: soleil bas, forêts paisibles, et peut-être une dégustation à la clé. Après quelques kilomètres à pied, l’absinthe n’a pas le même goût que dans un bar.

Dans la région Val-de-Travers, le plaisir de la randonnée rencontre la «fée verte». — © Guillaume Perret Dans la région Val-de-Travers, le plaisir de la randonnée rencontre la «fée verte». — © Guillaume Perret

La précieuse saveur de l’automne

A Morat, le week-end du 14 au 15 novembre 2026 est consacré à la truffe. On peut déguster ce champignon rare sur plus d’une vingtaine de stands, seul ou dans différents plats. Si l’on préfère associer plaisir et activité physique, le mieux est d’enfourcher un vélo. Un circuit culinaire autour du lac de Morat conduit à des adresses de la région: caves à vin, pêcheurs et boulangeries. De quoi déguster du vin des vignes voisines, du poisson pêché dans le lac et des Nidelkuchen, spécialité de la ville.

Les truffes font partie des trésors culinaires de l’automne. — © Suisse Tourisme Les truffes font partie des trésors culinaires de l’automne. — © Suisse Tourisme

Là où l’automne coule à flots

Dans le Seetal lucernois, le feuillage sang et or des vignes domine le paysage. Entre Mosen, Aesch, Hitzkirch et Gelfingen, le sentier de randonnée viticole serpente de village en village et offre régulièrement une vue sur les eaux bleu clair du lac de Hallwil. En chemin, on peut aussi découvrir le vin né des vignes qui poussent sur les coteaux.


Rester et profiter

L’histoire de la Suisse se laisse aussi découvrir par l’intermédiaire de ses hébergements. Ainsi, à Moghegno, la Casa Portico propose à ses hôtes une nuit qui combine charme architectural et chauffage au bois à la manière d’autrefois. La FondationVacances au cœur du patrimoine propose également d’autres hébergements historiques.

Comment organiser le séjour idéal

Des forêts dorées, une vue dégagée et des sentiers rien qu’à soi, ou presque: octobre est un mois privilégié pour explorer la Suisse. Prêter attention à certains détails permet de profiter encore plus des journées d’automne.

Le moment idéal

Dans de nombreux endroits, le mois d’octobre est plus calme que les mois d’été. Mais cela signifie aussi que les remontées mécaniques, les refuges de montagne et les restaurants sont susceptibles de proposer des heures d’ouverture réduites, voire de fermer complètement entre l’été et l’hiver. Il est donc judicieux de vérifier horaires de transport et heures d’ouverture avant son excursion. Les jours sont par ailleurs sensiblement plus courts. Une randonnée que l’on pourrait commencer sans problème en fin d’après-midi en juillet nécessite de partir plus tôt en automne.

Bien s’équiper pour monter au sommet

Températures douces dans la vallée, hivernales au sommet: en automne, de grandes différences peuvent apparaître à quelques mètres de différence. Il convient donc de prendre avec soi plusieurs couches de vêtements, un coupe-vent imperméable, un bonnet, des gants et de bonnes chaussures. Une bouteille isotherme remplie de thé chaud et une petite collation rendront la pause plus agréable en chemin. Pour les sorties plus longues, une protection solaire et une lampe frontale doivent également être ajoutées au sac à dos. Car quand le soleil se couche, il laisse vite place à une obscurité profonde.

Distancer le brouillard

Une journée qui semble grise en bas peut s’avérer radieuse lors d’une randonnée en hauteur. En automne, un brouillard se forme souvent sur le Plateau, alors que les montagnes au-dessus sont exposées au soleil. Avant de partir, il vaut donc la peine de jeter un coup d’œil aux prévisions météorologiques, aux webcams et à la limite supérieure du brouillard. Si la destination se trouve plus haut, il y a de bonnes chances de pouvoir admirer une mer de nuages. Les premières heures du jour sont particulièrement impressionnantes: peu après le lever du soleil, la lumière sur la couche de brouillard est rasante, faisant ressortir des contours et certains sommets. Pour prendre des photos, il faut donc partir tôt et s’armer d’un peu de patience – le brouillard suit rarement un timing parfait.


Autres idées d’excursions en automne

Randonnée au-dessus d’une mer de brouillard, journées tranquilles dans une vallée latérale ou exploration culinaire: sur Switzerland.com, on trouve des idées d’escapade ainsi que des informations complémentaires pour les planifier.

Traversée à pied des paysages d’automne colorés de la Suisse. — © Suisse Tourisme Traversée à pied des paysages d’automne colorés de la Suisse. — © Suisse Tourisme

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