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La candidate du RN a réagi samedi pour la première fois aux nouvelles révélations de Mediapart. Jordan Bardella dément être l'auteur des messages datant de 2013.
La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 21:27 | mis à jour aujourd'hui à 21:45 - Temps de lecture :
La candidate du RN à la présidentielle, Marine Le Pen, a assuré samedi maintenir « totalement » sa « confiance » à Jordan Bardella, accusé par Mediapart d'avoir écrit des messages antisémites en 2013, ce que le président du parti dément. « J'ai totalement confiance en Jordan », a-t-elle déclaré à La Tribune Dimanche. Il s'agit de sa première réaction publique depuis que le journal en ligne a publié jeudi des éléments d'authentification de ces écrits.
Mediapart avait d'abord diffusé lundi des captures d'écran de messages qu'il attribue à Jordan Bardella, alors jeune militant du parti. « Les banques sont toutes détenues par des Juifs » ; « Le juif doit dominé (sic) les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur », aurait-il notamment écrit sur la messagerie Messenger. L'intéressé conteste « formellement » en être l'auteur.
Une réaction moins prompte
Après les premières révélations, Marine Le Pen s'était immédiatement affichée en soutien de son dauphin, dénonçant une « barbouzerie » et promettant de « démonter » ces « manipulations bien lourdes et bien crasseuses ». Elle avait même suggéré à Mediapart « d'enfiler son costard en kevlar », la matière dont sont faits les gilets pare-balles. Elle s'est en revanche montrée moins rapide à réagir après la deuxième salve du journal, jeudi soir. Mediapart s'appuie cette fois sur l'extraction des messages par Meta, maison mère de Facebook, sous contrôle d'huissier, ainsi que sur des éléments biographiques livrés dans les conversations par l'utilisateur du compte, qui prouveraient selon lui qu'il s'agissait bien de Jordan Bardella : une mère née en Italie, la mention d'une interview accordée au Parisien en 2013 ou encore un échec au concours de Sciences Po.
Le président du RN n'a pas varié, fustigeant « des montages grossiers, d'obscures captures d'écran manipulables, reprenant des propos ignobles que je n'ai évidemment jamais tenus ». « J'ai chargé mon avocat de déposer plainte pour faux et usage de faux, en plus de la plainte déjà déposée pour diffamation », avait-il ajouté jeudi soir.
Un ticket déjà fragilisé
L'affaire percute la campagne présidentielle du parti à la flamme, dont la candidate est donnée largement en tête du premier tour par tous les sondages. Reconnue coupable en appel de détournement de fonds publics dans l'affaire des assistants des eurodéputés, mais autorisée à se présenter une quatrième fois, Marine Le Pen avait fait de Jordan Bardella son remplaçant en cas d'empêchement judiciaire, et son Premier ministre putatif en cas de victoire.
Ce duo semblait pourtant déjà traversé de tensions ces dernières semaines, depuis la confirmation, le 7 juillet, de la possibilité pour Marine Le Pen d'être candidate. Des dissonances plus ou moins marquées sont apparues sur les retraites ou l'interdiction du port du voile dans l'espace public, Jordan Bardella préférant évoquer des « sensibilités différentes » plutôt que des divergences. Les frictions gagnent aussi les entourages : fin août, Marine Le Pen a écarté un proche de son dauphin, le conseiller économique François Durvye, et fait une place à sa nièce Marion Maréchal dans le dispositif de campagne.


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