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Les hostilités entre les houthistes et l’Arabie saoudite, frontalière du Yémen, ne connaissent pas de répit depuis leur reprise en juillet, alors que les tractations diplomatiques pour un règlement marquent le pas.

 Des flammes s’élèvent dans une installation appartenant au géant pétrolier saoudien Aramco, au sud de Riyad, le 3 octobre 2026. Des flammes s’élèvent dans une installation appartenant au géant pétrolier saoudien Aramco, au sud de Riyad, le 3 octobre 2026.

Les houthistes pro-iraniens ont annoncé, samedi 3 septembre, avoir ciblé une installation du géant pétrolier saoudien Aramco à Ryad, y provoquant un incendie. Il s’agit de la deuxième attaque de ce type en deux semaines, dans leur conflit avec le royaume qui soutient le gouvernement yéménite.

« Les forces armées yéménites ont mené une opération militaire d’envergure, utilisant plusieurs missiles balistiques et drones pour viser la société Aramco dans la capitale de l’ennemi saoudien », a affirmé le porte-parole militaire du mouvement antigouvernemental yéménite, précisant que les frappes « précises et directes » avaient provoqué « des incendies sur les sites visés ». Plus tôt dans la journée, l’Agence France-Presse (AFP) avait fait état de flammes et de fumée s’élever d’un site d’Aramco au sud de Ryad.

Les houthistes avaient déjà affirmé avoir ciblé à deux reprises des installations d’Aramco : le mois dernier dans la ville portuaire de Yanbu, principal terminal pétrolier du royaume, et en août, dans le sud de l’Arabie saoudite.

Samedi, ils ont accusé Ryad de pilonner Sanaa, la capitale yéménite qu’ils contrôlent. La chaîne Almasirah, affiliée à ces combattants antigouvernementaux, a indiqué que des « avions ennemis » du royaume avaient mené 26 frappes dans la journée sur Sanaa - ciblée déjà jeudi, pour la première fois depuis des années, selon les houthistes - sans fournir de détails sur d’éventuelles victimes.

Dans la capitale yéménite, un correspondant de l’AFP a entendu au moins cinq explosions dans différents secteurs, tandis qu’un autre a vu deux avions de combat lancer des missiles. Almasirah avait auparavant rapporté samedi que « l’ennemi saoudien visait avec des missiles le réseau de télécommunications dans la région de Saada », fief des houthistes dans le nord du Yémen.

Les hostilités entre les houthistes et l’Arabie saoudite, frontalière du Yémen, dont elle soutient le gouvernement internationalement reconnu, ne connaissent pas de répit depuis leur reprise en juillet, qui a ouvert un nouveau front dans la guerre au Moyen-Orient, alors que les tractations diplomatiques pour un règlement du conflit régional marquent le pas.

Des éclats de verre dans un hôpital à la suite d’une frappe aérienne sur un bâtiment voisin, à Sanaa, le 3 octobre 2026. Des éclats de verre dans un hôpital à la suite d’une frappe aérienne sur un bâtiment voisin, à Sanaa, le 3 octobre 2026.

Emprise sur le détroit de Bab El-Mandeb

Les combats au Yémen se sont intensifiés en septembre, avec une offensive éclair des houthistes. Ils se sont emparés du littoral sur la mer Rouge, renforçant leur emprise sur le détroit de Bab El-Mandeb, après avoir décrété un blocus de la flotte saoudienne.

Ce détroit a gagné en importance depuis que la navigation sur le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures de l’autre côté de la péninsule arabique, connaît de fortes restrictions imposées par l’Iran fin février après le déclenchement de la guerre par des frappes israélo-américaines.

La dernière offensive terrestre menée par les houthistes a fait des centaines de morts et aggrave la crise humanitaire que traverse le pays. La crise de la faim au Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique, menace de devenir « absolument dévastatrice », a averti vendredi le Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU.

Les appels de Ryad à une aide internationale, notamment de la part de son allié américain, ont pour l’instant été infructueux.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Qui sont les houthistes du Yémen ?

Le Monde avec AFP