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Publié le 03/10/2026 22:56
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Article rédigé par France 2 - F. Genauzeau, L. Soudre, C. Rouaud. Édité par l'agence 6Medias
France Télévisions
Aux États-Unis, de nombreuses caméras de surveillance sont la cible de dégradations attaquées à la disqueuse, parfois même à l’explosif : les boîtiers noirs de l’entreprise Flock, utilisant l’intelligence artificielle. Certains militants estiment qu'elles portent atteinte à la vie privée.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Des caméras de surveillance décapitées à la disqueuse, ou mises hors d'usage par des militants en colère, parfois à coups d'explosifs. Au cours des derniers mois, ces scènes de violence se sont multipliées aux États-Unis, diffusées à grande échelle sur les réseaux sociaux. Elles ciblent les boîtiers noirs de l'entreprise américaine Flock, des lecteurs de plaques d'immatriculation déployés par centaines de milliers à travers le pays.
Ils permettent de traquer tous les mouvements d'un véhicule grâce à l'intelligence artificielle, jusqu'à inquiéter de nombreux citoyens. "C'est de la surveillance de masse", estime une femme. "Ça me fait penser à Big Brother", glisse un autre. "Si ça aide la police, très bien. Mais si ça porte atteinte à la vie privée, alors il faut arrêter", avance un troisième.
Ces dispositifs de surveillance ont une capitale : Atlanta, dans le sud du pays. La ville en compterait près de 10 000. Dès notre arrivée, on en croise un peu partout sur le chemin. "Nous circulons dans un quartier où il y a près de 80 caméras de ce type. Cela veut dire qu'en à peine quelques minutes, notre plaque d'immatriculation a très certainement été lue des dizaines de fois", commente Franck Genauzeau, envoyé spécial à Atlanta. Pour nous aider à les repérer, Al Solove, militante anti-caméras Flock, embarque à nos côtés. Sur son téléphone, la carte des caméras, établie par des citoyens opposés à ce système. "Voilà une caméra Flock, une autre ici et encore une là. À Atlanta, c'est très difficile de leur échapper", montre-t-elle.
Cette surveillance a pour but d'aider les forces de l'ordre à lutter contre la délinquance, mais elle permet, dit-elle, aux policiers, d'aller beaucoup plus loin : "Tous vos mouvements sont consignés dans une gigantesque base de données, dans laquelle la police peut chercher, même si vous n'êtes accusé d'aucun délit. Certains policiers ont, par exemple, été soupçonnés de traquer des opposants à Flock."
Utiliser ces caméras à des fins interdites, certains policiers l'ont déjà fait. À travers le pays, plusieurs agents sont poursuivis pour avoir traqué leur conjoint ou leur ex-conjoint grâce aux logiciels. Des affaires retentissantes qui ont démontré l'absence quasi totale de garde-fous.
L'entreprise a depuis annoncé limiter à sept jours l'historique des images, et mis en place un système de détection des usages abusifs. Le patron a même présenté ses excuses aux victimes. "Je suis désolé que Flock n'ait pas été à la hauteur. Je suis désolé que vous ne fassiez plus confiance aux services de police chargés de vous protéger. Nous pensons sincèrement que chacun a le droit de se sentir en sécurité", a déclaré Garrett Langley, le PDG de Flock Safety.
Face à la polémique, plus de 150 villes ont préféré rendre leurs caméras. En réponse, la société rappelle avoir aidé à résoudre plus d'un million d'affaires comme en juillet : dans une voiture se trouve le suspect d'un kidnapping d'enfant. Il a été retrouvé et arrêté en moins d'une heure grâce aux caméras. Malgré la fronde, la société veut poursuivre son développement, avec la mise en service de drones de surveillance capables de se déplacer en quelques minutes, et de scanner des milliers de plaques d'immatriculation en fonction des besoins des forces de police.
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