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À quand un logiciel capable de retrouver les responsables de la destruction du pays ?
3 000 professeurs disponibles, mais pas devant les élèves
Jeudi 8 octobre, invité du journal de 20 heures de TF1, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé l’envoi de 3 000 enseignants remplaçants dans les établissements les plus touchés par la pénurie de professeurs.
Comment expliquer cette soudaine abondance ? Le ministre a livré lui-même la réponse : « Jusqu’à présent, on savait mal les affecter ».
Voilà donc le problème. D’un côté, des élèves attendent désespérément un professeur. De l’autre, des enseignants sont disponibles. Entre les deux, une administration qui peinait à faire correspondre les besoins et les effectifs. Le tout après neuf années de présidence Macron, durant lesquelles les gouvernements successifs ont multiplié les réformes scolaires.
Pour comprendre l’ampleur des difficultés, rappelons que 9,8 % des heures d’enseignement prévues n’ont pas été assurées dans le secondaire public en 2024-2025. Une statistique qui donne une idée du problème auquel sont confrontées les familles.
🔴 📺 #LE20H de @TF1 avec @GillesBouleau
🗣️ « Dans les prochaines heures, 3.000 professeurs remplaçants vont rejoindre » les établissements touchés par une pénurie, annonce Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale https://t.co/Zx4rRiXGZg
— TF1Info (@TF1Info) October 8, 2026
Un logiciel pour accomplir ce qui aurait dû être fait depuis des années
La véritable vedette de cette histoire n’est finalement pas le ministre, mais un logiciel. Grâce à cet outil, demandé il y a un an selon Édouard Geffray, le ministère a identifié 114 lycées classés « rouges », particulièrement touchés par les difficultés de remplacement, et 400 autres classés « orange ».
Le ministre reconnaît que l’outil devait initialement être déployé début novembre. Face à la colère des lycéens, son installation a été accélérée.
Autrement dit, sans les manifestations, il aurait encore fallu patienter. Les élèves pouvaient continuer à collectionner les heures de permanence pendant que l’administration attendait tranquillement la mise en service de son nouveau jouet informatique.
Le déploiement des enseignants doit commencer vendredi 9 octobre et se poursuivre jusqu’au mardi 13 octobre. Le gouvernement annonce également plusieurs centaines de recrutements supplémentaires et des centaines de milliers d’heures consacrées aux remplacements de courte durée.
Reste une distinction importante : ces 3 000 enseignants n’ont pas été recrutés en urgence ni miraculeusement retrouvés dans un entrepôt. Ils appartiennent à un vivier de remplaçants dont l’affectation était insuffisamment adaptée aux besoins. La satire fait sourire, mais cette précision rend le dysfonctionnement administratif difficilement défendable.
Des lycéens dans la rue pour obtenir ce qui devrait être normal
Cette annonce intervient après une mobilisation qui ne cesse de mettre l’exécutif sous pression. Jeudi 8 octobre, 71 500 personnes ont manifesté dans toute la France selon le ministère de l’Intérieur.
Les revendications sont pourtant élémentaires : des professeurs présents, des classes moins chargées, des bâtiments entretenus et suffisamment de matériel pour travailler.
Comme nous le rapportions récemment, un lycéen dénonçait le fait de devoir partager un seul tournevis entre 26 élèves dans son établissement professionnel. À ce stade, on hésite entre l’enseignement technique et une émission de survie.
Et la mobilisation a déjà produit quelques résultats. Le gouvernement avait notamment renoncé aux nouveaux frais d’inscription envisagés pour les BTS et les classes préparatoires, après la contestation.
La Macronie découvre les vertus de l’urgence
Édouard Geffray promet désormais des réponses « établissement par établissement ». Sébastien Lecornu annonce également des mesures budgétaires pour 2027. Mais une interrogation demeure : pourquoi avoir attendu que les lycéens descendent massivement dans la rue pour accélérer l’affectation de professeurs déjà disponibles ?
Car si un logiciel permet de mieux répartir les remplaçants, il ne réparera ni les établissements délabrés ni les conséquences des décisions budgétaires. Et surtout, rien ne garantit encore que les 3 000 enseignants pourront tous être affectés là où les besoins sont les plus importants.
En attendant de vérifier les résultats de cette opération, l’Éducation nationale vient au moins d’offrir une belle leçon de gestion publique : pour avoir un professeur devant une classe, il fallait d’abord retrouver le bouton « affecter ».
À quand un logiciel capable de retrouver les responsables ?


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