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Par Clara Hidalgo
Le 17 avril 2026 à 16h36
L’édile nouvellement élu avait promis durant sa campagne municipale de désarmer la police, en retirant en premier lieu les LBD de l’équipement des agents.
Passer la publicité Passer la publicitéSa proposition de désarmer la police municipale avait créé la polémique. Durant sa campagne, le maire LFI fraîchement élu de Saint-Denis, Bally Bagayoko, avait promis de désarmer les forces de l’ordre : «Lorsque je parle de désarmement, je pense d’abord aux LBD [lanceurs de balles de défense], des armes très peu contrôlables et aux conséquences parfois dramatiques», a-t-il expliqué, tout en maintenant le port d’armes à feu dans une logique de «processus de désarmement».
Dans un entretien accordé au Monde ce vendredi 17 avril, l’édile a nuancé cette mesure en précisant que les LBD n’avaient pas été retirés de l’équipement des agents de la police municipale. «Nous avons juste dit “pas de LBD dans l’espace public”», a-t-il déclaré. «Ils restent dans la voiture, sauf si les circonstances le requièrent. C’est en réalité un acte symbolique, car les agents l’utilisent rarement», a-t-il poursuivi.
Bally Bagayoko a par ailleurs rappelé que les agents «gardent leur pistolet 9 millimètres ainsi que leur pistolet à impulsion électrique». Et de conclure : «Donc, ils restent armés, mais ils ne porteront pas systématiquement leur arme sur eux pour toutes les missions.»
«Non, tout le monde ne fuit pas»
En ce qui concerne les rumeurs de départs massifs de policiers de Saint-Denis depuis le lancement de ce processus de désarmement, le maire a tenu à rétablir la vérité : «J’ai officiellement un départ confirmé et trois autres demandes de mutation qui viennent tout juste d’arriver. Parallèlement, nous avons reçu une douzaine de CV. Donc, non, tout le monde ne fuit pas.»
«Le sujet du recrutement existe. Et l’armement est un argument. Mais il n’est pas le seul. La rémunération en est un autre, et elle est aujourd’hui confortable», a-t-il ajouté. Bally Bagayoko a assuré vouloir «maintenir les 135 policiers municipaux et le nombre de caméras de vidéosurveillance pendant toute la durée de (s)on mandat».
Rassembler les gauches
Le maire de Saint-Denis s’est aussi longuement exprimé sur la campagne présidentielle de 2027. Il prétend pouvoir «contribuer» à un rassemblement de la gauche alors que les autres partis de gauche s’affairent pour organiser une primaire interne. Pour Bally Bagayoko, Jean-Luc Mélenchon reste le candidat le plus légitime, mais il «ne doit pas être seul, il faut une équipe», a-t-il expliqué.
«Il faudra des personnalités suffisamment diverses et puissantes pour l’entourer. J’espère que celles et ceux qui appartiennent à l’aile gauche du PS et n’adhèrent pas à la ligne d’Olivier Faure viendront derrière nous. Je pense pouvoir jouer un rôle en contribuant à rassembler», a-t-il avancé. Rejetant ainsi «ceux qui sont en train d’organiser une primaire qui va accoucher d’une souris sont des spécialistes de l’échec. Ils nous font perdre du temps».
Pour parvenir à ce rassemblement des gauches, Bally Bagayoko a conscience que LFI devra ouvrir sa stratégie électorale au-delà des quartiers populaires. «Je ne veux pas qu’on oppose les territoires urbains au milieu rural (...) Je vais prendre des initiatives avec les maires de communes rurales. Il faut ressouder le lien quartier populaire-ruralité sur un socle idéologique fondé sur les services publics, l’égalité territoriale… Nous sommes sur les mêmes combats», a-t-il détaillé.


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