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Il ne reste que deux jours avant la date ciblée par Donald Trump pour l'entrée en vigueur de nouveaux tarifs contre le Canada. Ces droits de douane de 50 % seraient appliqués sur une panoplie de produits, y compris ceux couverts par l'ACEUM. Mark Carney sortira-t-il de ce sprint de négociations avec une entente à présenter aux Canadiens? Jean Charest, ancien premier ministre du Québec et associé chez Therrien Couture Joli-Coeur, a livré son analyse de la question au Téléjournal Estrie, lundi.
Q. D'abord, y croyez-vous, à cette entente?
R. Je suis un optimiste, c'est possible, mais c'est très imprévisible. Le mot qui décrit bien la situation, c'est "volatile", parce qu'on connaît Donald Trump. [...] La bonne nouvelle, c'est que les deux pays se parlent, ce qui n'était pas le cas jusqu'à tout récemment. Les deux chefs de gouvernement, messieurs Trump et Carney se sont entendus pour se réengager dans les négociations, [...] mais on est encore loin d'une entente, a fait savoir celui qui est aussi membre du comité consultatif sur les relations économiques entre le Canada et les États-Unis.
Q. On rapporte des échanges constructifs entre les deux pays. Il y a donc du progrès qui est réalisé, qu'est-ce que ça va prendre pour qu'une entente soit conclue?
R. D'abord, les tarifs, qui sont fondés sur l'article 3308, doivent disparaître. La partie canadienne a été très claire là-dessus. On a dit aux Américains : "Si vous allez de l'avant, il y aura une réplique et la réplique sera forte et tout est sur la table." La deuxième chose, c'est que nous voulons un mouvement substantiel, significatif sur ce qu'on appelle les tarifs qui sont faits en vertu de l'article 2302. Ça, ce sont les tarifs sur l'acier, l'aluminium, les voitures et bois d'œuvre. Ils sont très lourds dans notre économie. Il faut absolument qu'il y ait un mouvement là-dessus.
Q. Dans le cas où il n'y aurait pas d'entente, pensez-vous que la nouvelle ronde de tarifs va bel et bien entrer en vigueur?
R. Ils nous ont dit qu'ils les mettraient en vigueur, mais s'ils le font, on a aussi dit à la partie américaine qu'il y aura une réplique. On n'annoncera pas à l'avance ce que nous allons faire, mais la réplique sera forte également. Et ça, bien ça va être mauvais pour tout le monde, il faut se le dire. Surtout si on fait des contre-tarifs. On fait mal à l'autre pays, mais on se fait mal à nous-mêmes aussi. C'est vraiment un monde de mauvais choix devant lequel on est placés, mais si on en arrive là, on va se défendre.
Q. Que peut faire le Canada, outre répliquer à Washington, pour aider nos entreprises ?
R. Le gouvernement fédéral prépare des programmes de soutien pour les secteurs qui seront affectés, pour les travailleurs en particulier et les entreprises. On l'a déjà fait dans le passé. Il faudra donc aller plus loin. C'est assez niché comme effet, mais, dans le secteur du bois en particulier, ceux qui font des cabinets de cuisine, des recouvrements de planchers, des meubles de bureau au Québec, ils sont directement impactés, pas uniquement par les Américains, mais par les Chinois. Les Chinois sont [aussi] tarifés par les Américains, ils se revirent de bord, puis ils font du "dumping" dans notre marché à nous. [...] On aurait pu se passer de tout ça, continuer à travailler ensemble à l'avantage de tout le monde, mais voilà, c'est la réalité avec Donald Trump, a conclu Jean Charest.


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