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Ottawa autorise un poison anti-spermophiles en Alberta et en Saskatchewan

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L'insistance de l’Alberta et de la Saskatchewan pour forcer le gouvernement fédéral à lever l’interdiction sur la strychnine, un poison utilisé contre les spermophiles ravageurs de cultures, s'est finalement avérée payante.

Ottawa n’a toutefois ouvert la porte qu’à une utilisation contrôlée et limitée dans le temps de cette substance toxique bannie depuis deux ans au Canada, afin de permettre aux deux provinces de répondre à une situation d'urgence. Il s’agit de remédier aux dégâts, estimés à plusieurs millions de dollars, causés aux cultures par ces rongeurs.

Ainsi, en vertu de la Loi sur les produits antiparasitaires, le gouvernement fédéral autorise l'usage de la strychnine dans les deux provinces jusqu’en novembre 2027.

Une décision qui réjouit en Alberta…

C'est une nouvelle incroyable pour les producteurs des Prairies, s'est réjoui RJ Sigurdson, ministre de l'Agriculture et de l'Irrigation de l'Alberta, dans un message publié sur X.

C'est une grande victoire pour notre secteur agricole, qui garantit à nos producteurs les outils dont ils ont besoin pour mieux gérer leurs exploitations et continuer à fournir des produits de haute qualité.

RJ Sigurdson, ministre provincial de l'Agriculture et de l'Irrigation (à gauche), Danielle Smith, première ministre de l'Alberta (à droite).

RJ Sigurdson, ministre de l'Agriculture et de l'Irrigation de l'Alberta, aux côtés de la première ministre Danielle Smith. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / presse canadienne

Wade Nelson, un agriculteur du nord de l'Alberta qui affirme avoir vu près de 69 hectares de ses cultures de colza détruites par des spermophiles, salue la décision d’Ottawa d’autoriser à nouveau la strychnine pour une utilisation d’urgence.

Selon lui, l'interdiction d'utiliser la strychnine au cours des deux dernières années a été difficile à accepter, car il n’y a tout simplement pas de solution de rechange efficace et sûre pour lutter contre ce fléau.

C’est pourquoi c’est une excellente nouvelle.

Wade Nelson aimerait que l'autorisation soit prolongée au-delà de 2027.

… et en Saskatchewan

Faisant écho à son homologue albertain, David Marit, ministre de l'Agriculture de la Saskatchewan, a également fait part de sa joie dans un communiqué de presse.

Nous sommes ravis que la demande d’utilisation d’urgence ait été acceptée, car cela offre aux producteurs une occasion concrète de démontrer comment la strychnine peut aider à protéger leurs cultures et leurs pâturages contre des dégâts persistants.

Le ministre de l'Agriculture de la Saskatchewan, David Marit.

Le ministre de l’Agriculture de la Saskatchewan, David Marit. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Raphaële Frigon

Le ministre saskatchewanais est d’autant plus satisfait que les dégâts causés par les spermophiles aux cultures étaient devenus un enjeu politique dans cette province.

Le sujet a même été abordé lors du congrès annuel de l'Association des municipalités rurales de la Saskatchewan, qui s’est tenu récemment à Regina en présence de quelque 1300 participants.

Une autorisation conditionnée

Les agriculteurs albertains et saskatchewanais réclamaient depuis longtemps la possibilité de réutiliser la strychnine pour lutter contre la prolifération des spermophiles de Richardson qui s’attaquent à diverses cultures.

Ce produit, sous forme liquide à 2 %, était l’antidote de prédilection des exploitants agricoles dans les deux provinces.

Toutefois, à partir de 2020, l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) a commencé à en supprimer progressivement l’utilisation avant de décider, en 2024, de l’interdire purement et simplement.

L’agence fédérale a expliqué que la strychnine présentait des risques environnementaux, notamment des risques que des animaux sauvages non ciblés consomment des carcasses empoisonnées. Des espèces en péril, telles que le renard vif et la chouette des terriers, pourraient figurer parmi ces animaux.

Après le rejet de leur première demande commune par l'ARLA en février dernier, l'Alberta et la Saskatchewan sont revenues à la charge la semaine dernière en soumettant une nouvelle requête, révisée, à Santé Canada.

Dans un communiqué publié lundi, Santé Canada a expliqué que la demande qu’il a approuvée comprenait des mesures pour réduire les risques à un niveau acceptable.

D'après un texte  (nouvelle fenêtre)de Rukhsar Ali, avec des informations de Karina Zapata, d'Amir Said et de La Presse canadienne

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