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Luis Hidalgo, Nallely Javier et leur fils sont arrivés à Notre-Dame-de-Lourdes en avril 2021. Originaires du Mexique, ils sont d’abord passés par les États-Unis et ont vécu brièvement à Winnipeg, mais c’est dans cette communauté rurale qu’ils souhaitent désormais bâtir leur vie.
Ils y ont trouvé une communauté accueillante ainsi qu'un groupe de compatriotes mexicains faisant face aux mêmes défis qu’eux. Quand nous avons déménagé en ville, nous n’avions pas d’amis et nous devions tout faire seuls, raconte Luis Hidalgo. Aujourd’hui, il peut compter sur ses voisins et ses amis lorsqu'il a besoin d’aide.
Une grande partie des nouveaux arrivants est issue de pays d’Amérique latine, notamment du Mexique et du Chili. La plupart arrivent avec un permis de travailleur temporaire pour occuper des emplois dans le secteur agricole. Au restaurant local, The Barrel Pub & Grub, il est d'ailleurs fréquent d’entendre converser en espagnol aux côtés des habitués francophones et anglophones.
Au cours des cinq dernières années, de nombreux Philippins se sont également établis dans la région, souligne Roxana Becerril, de l'organisme Regional Connections. Des ressortissants de la Côte d’Ivoire et de la République démocratique du Congo se sont aussi installés à Notre-Dame-de-Lourdes, souvent recrutés par la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM) pour travailler dans les écoles du village.
Ces gens-là font leurs affaires chez nous, alors pour le développement des entreprises, l’épicerie et toutes ces choses-là, c’est important, explique le conseiller municipal Denis Bibault.
Les gens de Notre-Dame-de-Lourdes sont vraiment accueillants.
Le conseiller souligne que les résidents du village ont à cœur d'accueillir les nouveaux arrivants et de leur faire découvrir des activités typiques de la région, comme la chasse et la pêche.
Arrivée dans le village il y a sept ans, Roxana Becerril témoigne elle aussi de la convivialité de Notre-Dame-de-Lourdes. Nous marchions dans la rue et les gens nous arrêtaient pour discuter et s’assurer que nous ne manquions de rien, se remémore-t-elle.
Cette Mexicaine d’origine travaille désormais pour l'organisme Regional Connections à titre d’agente d'établissement en milieu scolaire, et la solidarité locale continue de l’impressionner. C'est une communauté profondément dévouée à ses membres, souligne-t-elle.
Des services pour accompagner les nouveaux arrivants
Depuis 2024, l’organisme Regional Connections offre des services d'aide aux immigrants à Notre-Dame-de-Lourdes. Ce bureau a accompagné près de 200 immigrants dans le village et les communautés à proximité depuis son ouverture.
La famille Hidalgo-Javier compte parmi les bénéficiaires de ces programmes. Quand nous avons rencontré des difficultés par le passé, ils nous ont aidés à trouver des solutions, par exemple pour renouveler notre carte de santé, explique Luis Hidalgo.
Depuis décembre 2025, Roxana Becerril assure le volet scolaire de ces services. Elle épaule les familles dans les démarches d’inscription et veille à la bonne intégration des jeunes.
J’organise aussi des activités pour les enfants ainsi qu'un club du midi [lunch club] dans les écoles.
En quelques mois seulement, l’employée de Regional Connections constate déjà les retombées positives de son travail, puisqu'un nombre grandissant de jeunes participent à ses activités.
Le fait de réunir tous ces enfants, même s’ils fréquentent des écoles différentes, pour qu’ils participent ensemble à la même activité et se fassent de nouveaux amis au sein de la même communauté, c’est vraiment agréable à voir, fait-elle valoir.

Arrivée dans le village il y a sept ans, Roxana Becerril travaille désormais pour l'organisme Regional Connections.
Photo : Radio-Canada / Juliette Straet
L'économie de Notre-Dame-de-Lourdes s'appuie sur l'immigration
Nallely Javier, formée comme infirmière obstétricale au Mexique, a trouvé un emploi dans le secteur de la santé au foyer pour personnes âgées du village, tandis que Luis Hidalgo travaille à la porcherie Lac-du-Onze.
Le père de famille n’est pas le seul dans cette situation. Sur les 40 employés que compte l'exploitation porcine, près de 75 % sont issus de l'immigration, selon le président de l’entreprise, Jean Préjet. Ses employés viennent principalement du Mexique, alors que d'autres sont originaires d’autres pays d’Amérique du Sud et des Philippines.
Il n’y a pas beaucoup de monde qui a cette expérience dans la région, alors on doit recruter ailleurs au Canada ou dans le monde.
L’entreprise a d'ailleurs mis en place tout un protocole d'accueil pour faciliter l’installation des familles. C’est assez difficile d'arriver dans un nouveau pays, alors on essaie de faciliter les choses, que ce soit pour les repas, le logement ou le transport, précise l'employeur.
On a besoin de ces travailleurs, non seulement pour les porcheries, mais aussi pour le réseau de la santé, qui fait face à une pénurie de personnel, renchérit le conseiller municipal Denis Bibault.

L'École régionale Notre-Dame, à Notre-Dame-de-Lourdes, est composée de deux pavillons : l'élémentaire d'un côté et le secondaire de l'autre. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Thibault Jourdan
Un choix entre l'école en anglais et en français
La langue représente l’un des principaux défis auxquels se heurtent les familles immigrantes. À Notre-Dame-de-Lourdes, les parents font aussi face à un choix déterminant : inscrire leurs enfants à l’école francophone du village ou opter pour un enseignement en anglais à l'extérieur.
Roxana Becerril explique que, pour plusieurs, l’école anglophone semble la solution la plus simple. Certaines familles ont transité par les États-Unis et leurs enfants ont déjà dû apprendre l’anglais comme langue seconde. Les parents préfèrent donc éviter l’école française, pour ne pas leur imposer une barrière linguistique de plus, dit-elle.
Pour d’autres familles, en revanche, l’école en français est perçue comme un formidable atout. C’est le choix qu'ont fait Luis Hidalgo et Nallely Javier. Leur fils Zaid suit ses cours à l’école de Notre-Dame-de-Lourdes et maîtrise déjà très bien la langue de Molière, au point de répondre avec aisance aux questions de Radio-Canada.
J’aime l’école, car j’ai beaucoup d’amis, explique le garçon de 8 ans.
Pour le futur de notre fils, c’est une bonne chose qu’il parle trois langues différentes. Il apprend le français à l’école et l’anglais avec ses amis.
L’organisme Regional Connections propose également des cours d’anglais pour les nouveaux arrivants, en collaboration avec des employeurs de la région.


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