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Une intelligence artificielle effectue la traduction simultanée dans les réunions du conseil municipal de Moncton depuis un mois.
C’est un projet pilote que la Ville a entrepris au printemps pour une durée d'un an.
L'interprète employé par l'administration municipale part bientôt à la retraite et son contrat avec la Municipalité est arrivé à terme.
Dans l’impossibilité de recruter une autre personne, Moncton dit n’avoir d’autre choix que de se tourner vers Wordly, une plateforme d'interprétation simultanée alimentée par l'intelligence artificielle.
C’est beaucoup d'heures de traduction, si on considère qu’on a à peu près une trentaine de rencontres par année à plusieurs heures. Donc, c'est difficile de trouver quelqu’un qui est disponible pour faire ce montant de travail d'interprétation, affirme Mélissa Hachey, gestionnaire des communications à Moncton.
On a besoin de l'interprétation simultanée pour toutes nos rencontres publiques, tous nos comités pléniers ainsi que toutes nos rencontres de comité qu’on a à la Ville.
Des défis avec l’outil
Les personnes à l’écoute des réunions publiques de la Ville de Moncton, pour lesquelles la Municipalité doit offrir un service de traduction, continuent de se familiariser avec Wordly.
Une porte-parole confirme que plusieurs d’entre elles ont remarqué des défis avec ce nouvel outil.
Radio-Canada a constaté, en visionnant sur YouTube des enregistrements de la réunion du conseil municipal du 20 juillet, des traductions parfois approximatives et même erronées. Par exemple, lorsque le maire Shawn Crossman parle du directeur municipal (city CEO), l'outil d'intelligence artificielle traduit le terme par notre ville de Kaola.

Mélissa Hachey est la gestionnaire des communications à Moncton.
Photo : Radio-Canada / Babatundé Lawani
Il y avait vraiment un gros délai et, c’est difficile à suivre. On est vraiment au courant de ça. On fait des ajustements, indique Melissa Hachey.
Si vous avez des difficultés avec ce service, veuillez communiquer avec les bureaux de la greffière.
Éthique et sécurité
Moncton est l’une des premières villes de la province à remplacer l'humain par une technologie et des algorithmes informatiques pour la traduction simultanée des discussions publiques.
L’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick pense que l’intelligence artificielle s’impose comme une solution pour les municipalités qui ont l’obligation de fournir des services de traduction.
L'organisme exprime par contre des réserves.

Kassim Doumbia, président de l'Association Francophone des Municipalités du Nouveau-Brunswick
Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard
S’assurer de l’exactitude de la transcription qui est faite par l’outil utilisé par la municipalité ou les municipalités. Est-ce que les données sont dans un environnement sécurisé qui fait que ce qui est partagé soit gardé dans un environnement confidentiel?, souligne Kassim Doumbia, président de l’AFMNB.
La Ville de Moncton assure avoir pris des dispositions pour relever ces défis.
On a eu beaucoup, beaucoup d’échanges par rapport à ça. Ce n’est pas une décision qui est prise à la légère. C’est pour ça, justement, qu’on l’introduit comme un projet pilote, explique Mélissa Hachey.
À venir
L’Union des municipalités du Nouveau-Brunswick estime qu'un cadre réglementaire pour garantir les bonnes pratiques sera à définir si le recours à l'IA devient populaire pour l’interprétation simultanée des réunions.

Dan Murphy, directeur général de l'Union des municipalités du Nouveau-Brunswick
Photo : Radio-Canada / Margaud Castadère
On a certainement une discussion avec nos membres pour mieux comprendre comment on peut s’appuyer et mieux comprendre le monde qui change beaucoup ici par rapport à l’IA, avance Dan Murphy, directeur général de l’UMNB.
À l’issue de la période d’essai, Moncton entend faire une réévaluation.
Donc on va voir si l’outil répond encore à nos besoins, puis on va voir si on peut trouver des solutions, précise Mélissa Hachey.
La possibilité d'avoir à nouveau recours à un interprète humain n’est pas totalement écartée.


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