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Près d'un tiers des Ontariens ne déposeront ni denrées ni dons en argent dans les banques alimentaires durant le temps des Fêtes en 2025. C'est ce que dévoile un nouveau sondage réalisé auprès de 1508 répondants commandé à la firme Angus Reid par l'entreprise Nextdoor.
Or, l'insécurité alimentaire persiste en Ontario.

Le PDG de la banque alimentaire Daily Bread, Neil Hetherington, croit que l'inflation est en cause.
Photo : Radio-Canada / Megan Goddard
C’est toujours un Ontarien sur cinq qui n’arrive pas à subvenir à ses besoins ni à ceux de sa famille, selon le sondage.
D'ailleurs, 20 % des répondants ont indiqué déjà avoir fait un don durant le temps des Fêtes, tandis qu'un autre 39 % des répondants songent, quant à eux, à donner cette année.
Les temps sont difficiles pour tout le monde, les gens n'en ont pas nécessairement les moyens, affirme la présidente de Nextdoor, Kelsey Grady.
Un avis que partage le PDG de la banque alimentaire Daily Bread, Neil Hetherington. Ce dernier croit que l'inflation en a rattrapé plusieurs.

Neil Hetherington croit qu'il revient aux gouvernements de trouver des solutions à la crise de l'abordabilité.
Photo : Radio-Canada / Ken Townsend
C'est compréhensible. Nous voyons nous-mêmes dans nos files pour la banque alimentaire d'anciens donateurs qui, aujourd'hui, sont eux-mêmes devenus des clients.
L'augmentation du coût de la vie et de l'épicerie empêcherait certains Ontariens d'avoir les moyens de donner à son prochain, mais au moins, la valeur des dons offerts, elle, a augmenté, constate pour sa part le PDG de l'organisme de bienfaisance, CanadaHelps, Duke Chang.
Nous constatons année après année une concentration de ces dons, dit-il.

M. Chang n'est pas du tout surpris de ces statistiques. À l'échelle du pays, il dit qu'une personne sur quatre vit avec l'insécurité alimentaire.
Photo : Radio-Canada / Caroline Samii-Esfahani
Une montée fulgurante qui commence à ralentir
À Toronto, c'est une personne sur 10 qui dépend aujourd'hui des banques alimentaires pour se nourrir, tandis que, dans la province au complet, ils sont un million, selon le rapport de Daily Bread Who’s Hungry.

Les banques alimentaires à Toronto ont enregistré le plus de visite en une année en 2025.
Photo : Radio-Canada
Au cours des dernières années, nous avons vu une montée fulgurante du nombre de clients ayant recours à nos services, raconte le PDG de la banque alimentaire Daily Bread, Neil Hetherington.
Mais ce nombre est enfin en train de se stabiliser, croit le PDG.
Néanmoins, si le nombre de clients commence enfin à se stabiliser en cette fin d’année, le nombre de visites par personne, lui, augmente.
Ce que nous constatons, ce sont les mêmes clients qui ne viennent pas qu'une fois par mois. Ils viennent, maintenant, deux ou même trois fois par mois.

Les banques alimentaires disent avoir été débordées par l'achalandage au cours des dernières années.
Photo : Radio-Canada
Par exemple, à Toronto, le nombre de visites dans les banques alimentaires a grimpé de 360 % entre 2019 et 2025, selon le rapport annuel de Daily Bread.
Dans la Ville-Reine, 4,1 millions de visites ont été enregistrées en 2025, soit une hausse de 43 %, par rapport à l'an dernier.
Selon M. Hetherington, c'est une preuve du fossé qui est en train de se créer entre les moins nantis et les plus riches.
Les salaires doivent suivre l'inflation
Les jeunes adultes et les ménages à revenu moyen qui gagnent entre 50 000 $ et 100 000 $ seraient parmi les plus touchés, selon Nextdoor.
La professeure au département de nutrition à l'Université de Toronto Valérie Tarusuk croit que les salaires doivent être indexés sur l'inflation.
Les activistes appellent les différents ordres de gouvernement à adopter des politiques qui permettront de rendre la vie des gens plus abordables.


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