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Le premier ministre Mark Carney et le dirigeant de l'Inuit Tapiriit Kanatami (ITK), Natan Obed, ont ouvert mardi une réunion du Comité de partenariat entre les Inuit et la Couronne en convenant qu'il était possible d'améliorer les relations entre Ottawa et les Inuit.
Mark Carney se trouve à Kuujjuaq, au Québec, en compagnie de six de ses ministres, pour une rencontre avec les dirigeants inuit.
Nous sommes aux côtés du Canada en tant que fiers Canadiens. Mais, comme dans toute relation de travail, il y a toujours matière à amélioration, a déclaré M. Obed dans son discours d’ouverture.
Nous estimons que le moment est venu de travailler ensemble, et ce, d’une manière qui protège nos intérêts sur notre territoire ancestral, mais aussi les intérêts du Canada à l’échelle mondiale.
Soyons clairs : c’est votre territoire. C’est vous qui en détenez les droits, a affirmé Mark Carney dans son allocution.
Nous devons et allons intégrer les points de vue et les savoirs inuit dans notre approche, et nous établirons des partenariats avec vos entreprises.
Le Comité de partenariat entre les Inuit et la Couronne (CPIC) réunit les dirigeants inuit et les ministres du gouvernement fédéral trois fois par an. Le premier ministre assiste généralement à l’une de ces trois réunions.
Le ministre de l’Énergie, Tim Hodgson, le ministre de la Défense, David McGuinty, le ministre de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree, la ministre des Relations Couronne-Autochtones, Rebecca Alty, la ministre des Services aux Autochtones, Mandy Gull-Masty, et la ministre des Affaires du Nord, Rebecca Chartrand, se sont joints à M. Carney, lors de cette réunion.
Natan Obed a soutenu que ce forum était un point positif et un modèle pour la diplomatie entre pays et la coopération avec les peuples autochtones, soulignant qu’aucun autre gouvernement ne disposait d’un forum similaire réunissant des élus et des peuples autochtones.
Nous ne tenons pas pour acquis le leadership ni le partenariat du Canada dans le cadre de son engagement auprès des Inuit par l’intermédiaire du CPIC, et nous sommes fiers du travail que nous avons pu mener à bien au cours des neuf dernières années, a déclaré Natan Obed.
Le CPIC est également un atout pour le Canada et pour tous les Canadiens. À l’heure où la région arctique fait l’objet d’un regain d’intérêt géopolitique, le CPIC est le seul mécanisme bilatéral à coordonner le travail entre un État arctique et un peuple autochtone au sein de son territoire arctique.
Les Inuit sont les meilleurs experts de l’Arctique. C’est nous qui connaissons le mieux nos terres, nos eaux, notre environnement et nos communautés.

Le président d'Inuit Tapiriit Kanatami, Natan Obed, lors d'une conférence de presse à Kuujjuaq, le 30 juin 2026.
Photo : The Canadian Press / Christopher Katsarov
Ne pas répéter les erreurs du passé
L’ITK a organisé un sommet sur la sécurité et la souveraineté dans l’Arctique au début du mois. Ce sommet s’est conclu par un appel lancé par l’ITK au gouvernement pour qu'il devienne un meilleur partenaire et a rejeté ce qu’elle a qualifié d’approche colonialiste dépassée en matière de politique arctique qui répète les erreurs passées du Canada consistant à marginaliser les Inuit.
Natan Obed a affirmé aux participants du sommet que, si la relation avec Ottawa n’était plus viable, les Inuit pourraient se tourner vers d’autres partenariats à l’étranger.
Dans une entrevue accordée à La Presse canadienne à l’époque, Natan Obed avait évoqué les efforts visant à créer l’Université Inuit Nunangat et prévenu que, puisqu’Ottawa ne s’était pas engagé à collaborer avec l’ITK sur la certification des diplômes délivrés par l’établissement, l’ITK pourrait se tourner vers des partenaires étrangers pour obtenir de l’aide.
Mark Carney a laissé entendre mardi qu’Ottawa s’attellerait à cette question.

Mark Carney et Natan Obed lors de la réunion du Comité de partenariat entre les Inuit et la Couronne à Kuujjuak, au Québec.
Photo : The Canadian Press / Christopher Katsarov
Nous devons aller au-delà du volet infrastructure, a indiqué Mark Carney, soulignant la contribution de 50 millions de dollars d’Ottawa à l’Université.
Il y a des questions d’autorisation en matière de gouvernance ainsi qu’un modèle de financement durable à long terme.
Parmi les autres points à l’ordre du jour de la réunion de mardi figuraient la souveraineté dans l’Arctique, la sécurité et la défense, le logement et la sécurité alimentaire ainsi que la santé et le bien-être des Inuit.
Mark Carney a affirmé qu’il existait d’autres domaines dans lesquels Ottawa et les Inuit pourraient approfondir leur coopération, notamment en matière de sécurité et de défense dans l’Arctique.
Natan Obed a critiqué le manque de consultation approfondie de la part d'Ottawa auprès des Inuit avant d’annoncer des investissements dans la défense et le projet de Carrefours de soutien opérationnel du Nord, destiné aux Forces armées canadiennes.
Nous assumons l’entière responsabilité de notre sécurité et de notre souveraineté dans l’Arctique. Nous ne pouvons y parvenir qu’en véritable partenariat avec vous.
Mark Carney a souligné les efforts récents du Canada pour atteindre l’objectif de l'OTAN en matière de dépenses de défense, fixé à 2 % du PIB. Il a indiqué que, à mesure que le Canada renforcerait la défense de l’Arctique, les communautés inuit bénéficieraient de l’amélioration des infrastructures.
Ce qui est crucial, et que nous ne pouvons réaliser qu’ensemble, c’est que cela crée d’énormes possibilités en matière d’infrastructures dans les domaines de la santé, des connexions haute vitesse, des infrastructures communautaires, du traitement des eaux usées, et bien au-delà, a déclaré Mark Carney.
Et nous ne pouvons les développer qu’en tandem, afin que tous en bénéficient.
Mark Carney a affirmé qu’il existait des occasions uniques de partenariat et de marchés publics dans l’Inuit Nunangat.
L’ampleur du projet est d’un tout autre ordre que ce que l’on pourrait observer ailleurs dans le pays, a-t-il ajouté.
Nous devons être conscients des défis que l’ampleur de ce type d’investissement peut poser en termes de mobilisation des ressources civiles et de capacités logistiques, et veiller à ce que notre développement se fasse de manière à ce que tout le monde en profite.


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