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En 2001, la jeune chanteuse Lorie arrivait avec fracas sur la scène musicale avec son mégatube pop Je serai (ta meilleure amie). Vingt-cinq ans plus tard, celle qui nous promettait d’être toujours là pour nous tient encore parole. À 44 ans, Lorie vient de remplir et de conquérir une vingtaine de grandes salles françaises dans le dernier mois, et elle passe au Québec le temps de quatre concerts dans la métropole et la capitale — les tout premiers chez nous de sa carrière.
Lorie Pester, maintenant mère d’une petite fille de 5 ans appelée Nina, a continué à petites doses sa carrière musicale dans la dernière décennie, en plus de jouer dans plusieurs séries télé de l’Hexagone et aussi dans quelques films — dont Dragon Blade, avec Jackie Chan et Adrien Brody, quand même… En 2024, elle a fait paraître les deux volumes d’Hyper Lorie, disques où elle revisite entre autres ses hits avec des artistes du moment, dont Piche, qui était aussi aux Francos de Montréal.
Et à sa grande surprise, il y a eu une étincelle chez le public. « Les retours ont été bons, très positifs, et les messages qui revenaient le plus, c’était “OK, super, mais à quand une tournée, à quand un concert ?” On en a reçu tellement qu’on s’est dit : “Bon, il y a peut-être un truc à faire” », raconte Lorie au Devoir.
Le résultat dépasse ses attentes, et de loin. Au moment de notre entretien, elle venait de jouer deux soirs au Zénith de Paris, devant un total de 12 000 fans en délire — c’est elle qui le dit. « C’est blindé, les gens sont fous, mais dans le bon sens du terme, lance en riant la chanteuse de Sur un air latino et de Près de moi. C’est-à-dire qu’ils chantent comme des dingues, ça danse, ça rit, ça pleure. On passe par toutes les émotions et c’est vraiment génial. »
Lorie avait beau être une sorte de Britney Spears française, le fait que ses chansons plutôt naïves résonnent toujours auprès du public est tout de même étonnant vu d’ici. « J’ai un peu bercé leur enfance, leur adolescence, explique-t-elle. Il y a ce côté un petit peu madeleine de Proust qui est là, ce côté nostalgie. On a envie de revivre ces moments-là. C’est vrai que, quand on regarde comment va le monde aujourd’hui, il ne va pas super bien. J’ai l’impression que les gens ont envie de se retrouver dans cette période où ils étaient un peu plus insouciants, innocents, des périodes peut-être plus faciles à vivre pour eux. »
En organisant cette tournée, Lorie a tout de même eu des doutes sur sa capacité à tenir la scène pendant 90 minutes, et ce, lors d’une vingtaine de spectacles aussi rapprochés au calendrier. Elle a tenu à se remettre en forme, physiquement et vocalement, avec l’aide d’entraîneurs. « Je me rends compte que je n’ai plus 20 ans, donc les courbatures, tout ça, on s’en remet moins rapidement ! » Et la mémoire ? Aucun souci ! « En fait, je me suis aperçue que je pourrais ne pas chanter pendant 1 h 30, car le public connaît toutes les paroles par cœur ! »
Aux commandes
Tôt dans sa carrière, dès 2002, Lorie a pris le contrôle de ses actifs en lançant sa propre boîte de production, ce qui lui a permis de ne pas tout abdiquer au profit d’une étiquette de disques. Et c’est encore le cas aujourd’hui. « Je peux vraiment faire comme je veux et quand je veux, et avec qui je veux. Donc, c’est beaucoup plus de travail parce que c’est une entreprise. Mais, en même temps, c’est une liberté qui est juste tellement bien. »
Toutes ces années plus tard, elle ne s’ennuie pas de ces journalistes « très machos, avec des questions vraiment débiles, nulles ». On est ailleurs, heureusement, et « tant mieux pour la jeune génération qui arrive […], des filles qui sont là et qui s’affirment en tant qu’artistes, qui ont des messages forts et qui vont de l’avant ».
Ne vous méprenez pas, Lorie a adoré les belles années de gloire, mais elle se sent beaucoup mieux aujourd’hui qu’à l’époque. « Avec les années, avec l’expérience, je sais beaucoup plus ce que je veux, je sais beaucoup plus ce que je ne veux plus. Les hauts, les bas, les échecs, les moments compliqués… ça m’a permis d’en ressortir plus forte encore. »
Depuis quelques années, Lorie profite de sa notoriété pour mettre en avant son parcours médical compliqué avec l’endométriose, une maladie gynécologique douloureuse aux symptômes complexes qui est souvent mal traitée ou qui n’est pas prise au sérieux.
« La santé des femmes, que ce soit en France ou même ailleurs dans le monde, a un retard de 40 ans, quoi. » Après un examen d’IRM en 2017, le radiologiste a diagnostiqué son endométriose. « Il me dit : “Oui, enfin, bon, ça va, avec cette maladie à la mode, vous allez pouvoir vivre avec vos petites douleurs, mais pas besoin de vous faire opérer.” Mes petites douleurs ? Sachez que j’en tombais dans les pommes tellement j’avais mal. Et puis cette maladie à la mode… Je pense que j’aurais pu faire autre chose pour être à la mode, je ne sais pas, avoir une autre coiffure ou mettre un nouveau jean ! » Elle rit, mais elle rit jaune. « Il va falloir faire bouger les choses », clame-t-elle. Lorie est encore là pour vous, les amies.


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