NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Les pistes cyclables ont fait couler beaucoup d'encre au cours des dernières années à Toronto. Avec cette campagne électorale, plusieurs espèrent enfin tourner la page sur cette saga. Retour sur cet enjeu qui pourrait avoir un impact sur les années à venir.
Au cours des prochaines semaines, Radio-Canada reviendra sur plusieurs enjeux qui touchent les Torontois en vue de cette course à la mairie. Les Torontois sont appelés aux urnes le 26 octobre prochain.
Réduction du trafic?
Au-delà de la guerre de mots, est-ce que les pistes cyclables contribuent à l'augmentation du trafic à Toronto? Plusieurs facteurs contribuent à augmenter le trafic, comme la densité urbaine qui ne cesse d'augmenter, ainsi que le nombre de personnes allant travailler en auto.
Selon Statistique Canada, en 2021, environ 73,8 % parmi les près de 1,5 million de travailleurs âgés de 15 ans et plus, dont le lieu de résidence et le lieu habituel de travail se trouvaient dans le Grand Toronto faisaient la navette en voiture.

Selon un rapport préparé pour le ministère des Transports déposé lors de la première audience devant la Cour supérieure de l’Ontario, le nombre de collisions pourrait augmenter si les pistes cyclables sont retirées. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
La titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les infrastructures durables, Shoshanna Saxe, explique que la largeur des rues est une donnée quasi immuable dans une ville comme Toronto. Selon elle, le retrait des pistes cyclables n’engendre pas nécessairement un gain significatif pour les automobilistes.
Les routes ont tendance à avoir une taille fixe. On peut les élargir ou les rétrécir un peu, mais, dans une ville établie, elles ont fondamentalement la taille qu'elles ont, rappelle la professeure de l'Université de Toronto.

Shoshanna Saxe croit que les pistes cyclables sont vitales si l'on veut s'attaquer au problème de la circulation routière à Toronto. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Mouaad EL YAAKABI
Celle qui a été experte pour le compte de Cycle Toronto dans le cadre de la poursuite contre le gouvernement Ford souligne que ce n'est pas le nombre de voies automobiles qui dicte la vitesse de circulation en ville, mais bien la fluidité et les temps d'attente aux intersections.
En ville, les vélos sont plus rapides et transportent beaucoup plus de gens. C'est pour cela qu'ils aident à améliorer la circulation : c'est simplement plus de monde qui se déplace plus vite dans de plus petites bulles d'espace, explique-t-elle.
À savoir si déplacer les pistes cyclables pourrait être déplacé, Shoshanna Saxe note qu’avec la manière dont la Ville de Toronto a été créée, il n’y a pas nécessairement d’équivalent routiers aux artères principales, ce qui rend difficile de trouver d'autres aménagements.

Le gouvernement Ford veut retirer 19 kilomètres de pistes cyclables à Toronto. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Est-ce que le retrait des pistes cyclables va faire augmenter le nombre de collisions? Selon un rapport préparé pour le ministère des Transports déposé lors de la première audience devant la Cour supérieure de l’Ontario, le nombre de collisions pourrait augmenter si les pistes cyclables sont retirées.
Le rapport préparé par la firme d'urbanisme et d'ingénierie CIMA+ indique que les collisions impliquant tous les usagers de la route pourraient augmenter jusqu'à 54 % en retirant les voies cyclables.
Trouver la balance, selon un groupe citoyen
Pour Cody MacRae, fondateur de Balance on Bloor, un groupe qui défend les intérêts des commerçants et des résidents du secteur de Bloor Ouest, il est essentiel de trouver un équilibre entre la voiture et le vélo.
Lui-même cycliste, Cody MacRae précise que son organisation s'oppose aux infrastructures mal planifiées et mal installées.
Retirer une voie de circulation sur une artère majeure de Toronto, là où l'utilisation du vélo ne le justifie pas, cela n'a aucun sens.
Le fondateur du groupe estime que le débat s'est politisé et espère que le prochain conseil municipal sera à l'écoute des résidents des secteurs touchés.

Le fondateur du groupe Balance on Bloor, Cody MacRae, croit que le conseil municipal aurait dû consulté davantage avec les résidents du quartier avant d'installer des pistes cyclables. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sarah Tomlinson
Il est totalement inapproprié pour nous d'arriver dans les quartiers des autres et de leur dicter la façon dont ils doivent faire les choses, avise-t-il. J'aimerais voir les candidats, y compris les conseillers municipaux, prendre l'engagement de travailler avec les communautés, de les écouter et de mettre en place des aménagements qui les desservent adéquatement.
Retirer une voie de circulation dans les secteurs plus excentrés de la ville, où l'utilisation du vélo est beaucoup plus faible, cela n'a tout simplement aucun sens, poursuit-il. Hier encore, une ambulance a mis trois minutes et demie à se frayer un chemin sur Bloor en milieu de matinée à cause d'une file de voitures alignées sur trois kilomètres. La rue n'est pas conçue pour ça.
Bien qu'il réitère son soutien au principe des pistes cyclables, Cody MacRae croit qu'il faut reconnaître qu'elles n'ont pas leur place sur toutes les artères.

La piste cyclable de la rue Bloor Ouest à proximité de la rue Jane et de la rivière Humber. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Patrick Morrell
Quant à l'idée d'aménager ces voies sur des rues parallèles aux grands axes, il estime que la Ville doit d'abord collecter des données plus complètes sur l'année entière afin de mieux cibler les besoins réels des résidents et des cyclistes.
Ce qu'ils demandent aux politiciens
Écoutez la communauté et menez de véritables consultations. Les pistes cyclables sont une bonne chose quand elles sont bien planifiées et installées au bon endroit. Ce n'est pas une guerre entre cyclistes et automobilistes, c'est une question d'infrastructures adéquates qui fonctionnent pour l'ensemble des citoyens, et pas seulement pour une minorité très bruyante.
En tant qu'ingénieure, je peux vous dire que la congestion est un problème technique tout à fait solvable. Ce que j'aimerais voir chez nos leaders politiques, c'est un alignement entre leurs paroles et des politiques fondées sur des données probantes, plutôt que sur des préjugés ou ce qui leur semble pratique.
Gestion du trafic ou ingérence provinciale?
En octobre 2024, affirmant vouloir lutter contre la congestion, le gouvernement Ford dépose le projet de loi 212, intitulé Loi visant à réduire l'embouteillage et à vous faire gagner du temps. Cette législation exige des municipalités qu'elles obtiennent l'approbation de la province avant d'installer toute nouvelle piste cyclable entraînant la suppression de voies de circulation automobile. Selon le gouvernement, les villes doivent désormais démontrer que leurs projets n'auront aucun impact négatif sur le trafic. Par la même occasion, la province ordonne le retrait direct de 19 kilomètres de voies cyclables existantes à Toronto.

La loi adoptée par le gouvernement Ford lui donne un droit de regard sur la construction de nouvelle piste cyclable. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Alex Lupul
Devant un parterre de gens d'affaires la même année, Doug Ford qualifie les pistes cyclables des rues Bloor, Yonge et de l’avenue University de pure folie, soutenant qu'elles constituent la cause principale des embouteillages et des retards subis par les automobilistes et les livreurs.
En réponse, la mairesse Olivia Chow dénonce une ingérence provinciale directe dans des décisions qui relèvent, selon elle, de la compétence exclusive du conseil municipal.
Enlever les pistes cyclables va coûter cher, aggraver la congestion et réduire la sécurité pour les cyclistes et les automobilistes. Le plan de la province est arbitraire et ne repose sur aucune donnée probante. Ce n'est pas une bonne utilisation de l'argent des contribuables, a-t-elle expliqué en conférence de presse en novembre 2024.
La bataille se déplace devant les tribunaux
En décembre 2024, la contestation du projet du gouvernement Ford se déplace vers les tribunaux. L'organisme Cycle Toronto et des avocats de l'organisation Ecojustice font valoir que le retrait forcé d'infrastructures sécurisées viole l'article 7 de la Charte canadienne des droits et libertés (droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de la personne) en augmentant sciemment les risques de blessures graves ou mortelles pour les cyclistes.

Le gouvernement Ford a lancé un appel d'offres afin de trouver un entrepreneur pour enlever les pistes cyclables à Toronto. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Patrick Morrell
Au printemps 2025, une injonction temporaire bloque d'abord les travaux, la Cour supérieure estimant que le retrait immédiat des pistes présente des risques sérieux pour la sécurité. Le 30 juillet 2025, le juge Paul Schabas de la Cour supérieure de l'Ontario tranche en faveur des cyclistes et déclare la disposition sur le retrait des pistes inconstitutionnelle. Il conclut que le gouvernement provincial a agi de façon arbitraire et disproportionnée en ignorant sciemment les avertissements de ses propres experts.
Dès l’automne 2025, le gouvernement de l’Ontario interjette appel pour faire invalider ce jugement. En août 2026, la Cour d'appel de l'Ontario infirme la décision de première instance.
Les juges concluent à l'unanimité qu'il n'existe aucun droit constitutionnel exigeant le maintien de pistes cyclables et que les tribunaux n'ont pas à utiliser la Charte pour s'interférer dans les choix de politiques publiques et d'aménagement routier d'un gouvernement élu.
Ce jugement redonne le champ libre à la province pour amorcer le démantèlement ou la reconfiguration des 19 kilomètres de pistes visés sur Bloor, Yonge et University.
Deux ans de saga
17 octobre 2024 : Doug Ford annonce devant l'Empire Club son intention de retirer des pistes cyclables sur les grands axes.
21 octobre 2024 : Dépôt officiel du projet de loi 212 exigeant l'approbation provinciale pour toute nouvelle piste et ordonnant la démolition de 19 kilomètres de voies protégées sur la rue Bloor, la rue Yonge et l’avenue University.
Octobre 2024 : Olivia Chow fait plusieurs sorties publiques pour dénoncer la décision « arbitraire, coûteuse et dangereuse » de la province.
25 novembre 2024 : Adoption du projet de loi 212 à Queen's Park.
11 décembre 2024: Lancement de la poursuite judiciaire.
22 avril 2025 : Injonction temporaire accordée par la Cour supérieure de l'Ontario interdisant légalement à la province de commencer les travaux de démolition en attendant le jugement final.
30 juillet 2025 : La loi déclarée inconstitutionnelle par la Cour supérieure de l'Ontario, qui tranche en faveur des cyclistes et déclare la disposition sur le retrait des pistes inconstitutionnelles concluant que le gouvernement a agi de façon « arbitraire et disproportionnée » en ignorant ses propres experts.
Août 2025 : Le gouvernement de l'Ontario dépose son avis d'appel.
28 janvier 2026 : Audience devant la Cour d'appel de l'Ontario, qui entend les arguments du gouvernement de l'Ontario et de Cycle Toronto.
14 août 2026 : La Cour d'appel de l'Ontario infirme le jugement de 2025, concluant qu'il n'existe aucun droit constitutionnel imposant le maintien de pistes cyclables et que la Charte ne peut empêcher un gouvernement d'abroger une politique publique.
Ce que les candidats promettent de faire :
Brad Bradford
S'il est élu maire de Toronto, Brad Bradford s'engage à retirer dès sa première année en poste les pistes cyclables de la rue Bloor Ouest, à Etobicoke, afin de restaurer la circulation automobile. Il propose plutôt de réorienter les investissements vers un réseau alternatif sécurisé dans les rues résidentielles, les parcs et les ravins de la ville.

Le conseiller municipal et candidat à la mairie, Brad Bradford.
Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui
Le candidat a publiquement salué la décision de la Cour d'appel de l'Ontario confirmant l'autorité du gouvernement provincial sur l'aménagement des voies cyclables. En 2023, en tant que conseiller municipal, il avait voté en faveur de la création des pistes cyclables dans l’ouest de la ville. Depuis, il a dit que le conseil municipal de l'époque s'était trompé.
Olivia Chow
La mairesse sortante réitère son soutien au maintien du réseau cyclable torontois et affirme vouloir négocier avec la province pour trouver une voie à suivre qui garantisse la sécurité de tous les usagers de la route : piétons, cyclistes et automobilistes.

La mairesse sortante Olivia Chow dit vouloir négocier avec la province pour trouver une solution. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Sammy Kogan
Olivia Chow dénonce régulièrement l’ingérence politique du gouvernement Ford dans les compétences de la municipalité, martelant que les décisions d'aménagement routier doivent avant tout reposer sur des données probantes d'urbanisme.
Chris Alexander
Chris Alexander préconise l'établissement de normes rigoureuses pour des pistes cyclables sécurisées et séparées, à condition qu'elles n'aggravent pas la congestion automobile.

Chris Alexandre s'est lancé dans la course à la mairie au cours de l'été. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
S'il est élu, M. Alexander dit qu’il exigera une véritable adhésion des quartiers et des commerçants locaux avant d'approuver tout réaménagement routier. Il dit aussi privilégier le développement du réseau cyclable sur les voies secondaires plutôt que les artères principales de la ville.


2 day_ago
17



























.jpg)






French (CA)