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Des entrepreneurs de la Côte-Nord font état de lourdes pertes financières, répercussion directe de la grève des ingénieurs de l'État. Des contractants du ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD), dont des camionneurs, déplorent les effets de cette grève générale illimitée, qui force l’arrêt de différents chantiers routiers.
Frédéric Gagnon, propriétaire du groupe FG, devait travailler comme sous-traitant sur un chantier prévu sur la route 138, près de l'aéroport de Sept-Îles, pendant le mois de juillet. Ses employés se chargent habituellement de contrôler la circulation.
Or, cet été, pas le moindre coup de pelle n'a été donné.

Frédéric Gagnon est propriétaire du Groupe FG. Son entreprise agit à titre de sous-traitante pour un maître d'œuvre, sur un chantier du ministère des Transports et de la Mobilité durable.
Photo : Radio-Canada / Nazdar Roy
Selon le ministère, ce chantier est l'un des quatre projets suspendus sur le territoire de la Côte-Nord en raison de la grève illimitée des ingénieurs de l'État, qui a commencé le 6 juillet. Un mois plus tard, les impacts de ces moyens de pression pèsent lourdement sur les travailleurs qui devaient y œuvrer.
Deux employés de Frédéric Gagnon ont dû trouver un autre emploi, en raison du manque de travail. De plus, l'entrepreneur rapporte que certains de ses travailleurs saisonniers craignent de ne pas être en mesure d'accumuler les heures requises pour avoir droit à l’assurance-emploi.
Frédéric Gagnon s'inquiète aussi du flou qui persiste quant à la date de reprise des travaux, et leur échéancier. Ça met de la pression sur le maître d'œuvre, sur nous, sur les camionneurs, et aussi sur les usagers de la route, dénonce-t-il.
Je trouve ça plate, c'est nous qui payons les frais de cette grève.
Et même si les travaux sont à l'arrêt, les entreprises demeurent entièrement responsables de leur chantier et doivent s'assurer qu'il reste sécuritaire. Tant que la grève persiste, les frais s'accumulent, résume-t-il.
La saison difficile des camionneurs artisans
Le président de l'Association nationale des camionneurs artisans inc. pour Sept-Îles et Port-Cartier, Patrick Lelièvre, déplore que ses membres peinent eux aussi à trouver des contrats.
C'est une des pires années qu'on ait vues depuis 2017, lance-t-il.
Il estime que les chantiers du ministère des Transports représentent en temps normal de 50 à 75 % des contrats de camionnage dans la région.
Il indique qu’une cinquantaine de camionneurs s'arrachent donc des contrats d'entreprises privées pour compenser l’ouvrage suspendu, mais l'offre est moins élevée que la demande.

Les camionneurs artisans livrent les matériaux en vrac nécessaires aux travaux routiers. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Michèle Bouchard
De son côté, le ministère affirme ne pas avoir d’informations sur l’impact financier de la grève ni sur le nombre d'emplois touchés.
La conseillère en communication pour le MTMD, Marie-Ève Hébert, n’est pas non plus en mesure d’annoncer, pour le moment, un nouvel échéancier pour les travaux affectés. Ça va vraiment dépendre de l'évolution de la grève, commente-t-elle.
Selon l’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec, les discussions avec le gouvernement sont rompues depuis le 16 juillet. Questionné à ce sujet par Radio-Canada, le ministère n’a pas voulu commenter les négociations en cours.
Avec les informations de Nazdar Roy et de Michèle Bouchard.


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