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Le syndicat représentant les enseignants de l’Alberta fait part de son indignation à la suite de l’annonce du projet de loi 25, que le gouvernement de Danielle Smith présente comme un rempart contre la présence de la politique et de l’idéologie dans les salles de classe de la province.
L’Association des enseignants de l'Alberta (ATA) considère ce projet de loi d’autant plus offensant à l’égard des enseignants de la province que, selon lui, il laisse entendre que ces derniers n'agiraient pas avec intégrité ou ne présenteraient pas les cours de manière équilibrée.
Le ministre de l'Éducation, Demetrios Nicolaides, a déposé cette semaine un projet de loi élaboré pour modifier la Loi sur l’éducation, a-t-il expliqué, afin d’obliger les enseignants à s’en tenir à une ligne pédagogique strictement neutre.
Pour Jason Schilling, président de l’ATA, c’en est trop. Les enseignants sont des professionnels, tonne-t-il, précisant qu’ils enseignent le programme scolaire prescrit de manière équilibrée, réfléchie et adaptée à l'âge des élèves.
Toute suggestion contraire est injuste et, très franchement, offensante pour la profession.

Jason Schilling et le syndicat des enseignants qu'il préside ne décolèrent pas contre le projet de loi 25 que vient de déposer le gouvernement albertain. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Emmanuel Prince-Thauvette
L'Association canadienne des libertés civiles (ACLC) a joint sa voix à celle de l’ATA pour critiquer le nouveau projet de loi, dans lequel elle voit une volonté du gouvernement de l’Alberta de jouer au censeur.
L'année dernière, il a tenté d'interdire certains livres dans les écoles. Aujourd'hui, il tente de limiter ce qui peut y être enseigné, dénonce Howard Sapers, directeur général de l'ACLC.
Lorsque le gouvernement qualifie certains sujets, livres ou symboles d'idéologiques, cela n'aboutit pas à la neutralité, mais à la censure.
La province nie vouloir bâillonner les enseignants
Le ministre Nicolaides défend son projet, invoquant notamment un incident survenu à Edmonton en janvier. Un enseignant de sciences sociales avait été filmé en train de se livrer à ce qui est considéré comme un dénigrement des points de vue conservateurs ainsi que de ceux des partisans de l'industrie fossile.
La première ministre Danielle Smith s’était alors dite profondément déçue par ce qu'elle avait entendu dans l'enregistrement.
Mercredi, le ministre de l’Éducation s’est de nouveau exprimé sur le sujet en faisant savoir qu'il ne s'attendait pas à ce que les enseignants s'écartent de manière significative de leurs plans de cours habituels.
Toutefois, selon lui, la responsabilité première des enseignants est de s’en tenir aux faits et de veiller à ce que les élèves reçoivent les informations nécessaires pour se forger leur propre opinion et tirer leurs propres conclusions.
Nous protégeons le droit des élèves à exprimer des points de vue divers et nous encourageons les enseignants à avoir ce genre de conversations. Il faut s'assurer simplement de le faire de manière objective et impartiale.

Le ministre Demetrios Nicolaides se défend de toute volonté de bâillonner les enseignants. (Photo d'archives)
Photo : CBC
Un nouveau bras de fer
Par ailleurs, le syndicat des enseignants estime que, à travers le projet de loi 25, le gouvernement albertain a ouvert un nouveau front contre leur profession. Selon Jason Schilling, il est vu d’un mauvais œil par les enseignants dans toute la province, qui le considèrent comme un moyen de les punir davantage.
Cela fait des mois que l’ATA et le ministère de tutelle se regardent en chiens de faïence, surtout depuis que la province a recouru à la disposition dérogatoire pour forcer les enseignants à mettre fin à une grève de trois semaines et à retourner en classe.
Les enseignants avaient porté l'affaire devant la justice. En mars dernier, un juge a refusé de donner suite à l'injonction qu'ils réclamaient contre la loi les ayant obligés à reprendre le travail.
Le litige fera l'objet d'un nouvel examen en septembre 2026 pour évaluer si la décision de la province avait enfreint la Charte canadienne des droits et libertés.
Jason Schilling affirme que, alors que les problèmes à l'origine de cette grève – soit la surpopulation et la complexité des classes – devaient encore être résolus, il est décevant de voir le gouvernement s’attarder à autre chose.

Les relations entre les enseignants et leur ministère de tutelle ne sont pas au beau fixe, particulièrement depuis que le gouvernement a forcé les éducateurs à mettre fin à leur grève à l'automne dernier. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Sam Samson
Le nouveau projet de loi veut également interdire aux conseils scolaires de publier des déclarations sur des questions politiques, sociales ou idéologiques sans rapport avec l'éducation. Il prévoit aussi de les obliger à obtenir au préalable l'approbation du ministre pour nommer ou renommer des écoles.
Les conseils scolaires de la province ont souligné qu’ils s’emploient en ce moment à examiner en profondeur le contenu du projet de loi, compte tenu des implications [qu’il pourrait avoir] sur [leur] gouvernance et [leur] fonctionnement.
Le gouvernement indique pour sa part que la plupart des changements qu'il propose seront précisés dans des règlements qui devraient être finalisés avant le début de la prochaine année scolaire, à l'automne.
Avec des informations de La Presse canadienne


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