Il y avait du monde ce jeudi au Tribunal fédéral (TF) pour une audience publique sous très haute tension consacrée – par ricochet – à la relation sentimentale entre deux de ses juges. Les désormais célèbres Yves Donzallaz et Beatrice van de Graaf. Ces magistrats, concernés par la procédure, ont pu plaider la licéité de leur liaison devant cette Cour, et donc devant leurs collègues. Du jamais vu dans les annales de l’instance judiciaire suprême du pays. Ambiance électrique sous les ors de Mon-Repos, avec quelques règlements de comptes à la clé.
Sans surprise, Yves Donzallaz – le verbe franc, l’indignation manifeste et l’émotion perceptible – ne veut pas se priver de cette tribune pour critiquer la manière avec laquelle l’institution gère «cette triste affaire», invoquer la violation «crasse» de ses droits fondamentaux et dénoncer des attaques menées contre sa personne par l’UDC (son ancien parti) afin d’empêcher sa réélection. L’intéressé a même distribué les 14 pages de sa plaidoirie aux médias juste avant le début des hostilités, ce qui sera noté au procès-verbal. On peut y lire: «Il faut le dire, le TF s’est complètement effondré en affichant une incapacité navrante à gérer une situation d’une grande banalité». Ou encore: «La Cour suprême a perdu les pédales.»


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