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Le Puy-de-Dôme a un viaduc de 132 m qui fut l’un des plus hauts du monde : plus aucun train n’y passe depuis 2007

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Cent trente-deux mètres de vide entre le tablier et le lit de la rivière. Dans les gorges de la Sioule, aux confins du Puy-de-Dôme, le viaduc des Fades domine toujours ce paysage minéral, alors qu’aucun train n’y roule plus depuis décembre 2007.

Le chantier démarre en 1901 et s’achève en 1909, sous la direction de l’ingénieur Félix Virard. À l’époque de son inauguration, le 10 octobre 1909, il était le pont le plus haut du monde, toutes catégories confondues. Un record absolu, tenu pendant plusieurs années, avant d’être dépassé par d’autres constructions à travers le monde.

Une prouesse signée par un seul homme, Félix Virard.

À retenir

  • Le viaduc des Fades mesure 132 mètres de hauteur et détient le record des plus hautes piles en maçonnerie traditionnelle avec 92,33 mètres
  • Aucun train n’y circule depuis le 9 décembre 2007 suite à l’arrêt de la ligne Clermont-Ferrand–Montluçon pour raisons de sécurité
  • L’ouvrage bénéficie d’un soutien de 500 000 euros du Loto du patrimoine depuis 2019 pour sa restauration progressive

Sommaire

  1. Un chantier titanesque au-dessus de la Sioule
  2. Pourquoi les trains ne roulent plus depuis 2007
  3. Qui veille aujourd’hui sur ce géant sans trafic

Un chantier titanesque au-dessus de la Sioule

Avec leurs 92,33 mètres de hauteur, les deux piles principales du viaduc détiennent toujours le record mondial de leur catégorie, celle des piles de pont en maçonnerie traditionnelle. Ces piles géantes de 92 mètres restent les plus hautes piles de pont en maçonnerie de moellons jamais construites. Leur parement en moellons de granit local a été taillé et monté à la main, pierre après pierre, sans les moyens mécaniques d’aujourd’hui. Une base plus vaste qu’un court de tennis, un empilement de granit haut comme un immeuble de trente étages : la comparaison donne le vertige, même a posteriori.

Le tablier est constitué d’une poutre métallique droite en triple treillis d’acier, d’une hauteur de 11,60 mètres, avec une travée centrale d’une portée de 144 mètres, pour une longueur totale de l’ouvrage de 470 mètres. Le chantier n’a pourtant pas été un long fleuve tranquille. Un glissement de terrain survenu lors de la construction de la culée rive gauche a contraint les ingénieurs à remplacer deux arches en maçonnerie prévues initialement par une travée métallique secondaire plus légère.

Pourquoi les trains ne roulent plus depuis 2007

La ligne reliait Clermont-Ferrand à Montluçon en passant par le plateau des Combrailles. Elle a longtemps transporté voyageurs, bois, charbon et denrées agricoles à travers une région autrement enclavée.

Neuf décembre 2007 : la date qui a tout arrêté.

L’exploitation de la ligne a été suspendue le 9 décembre 2007 par la direction régionale de la SNCF pour raisons de sécurité, son mauvais état résultant d’un manque d’entretien. Le tablier métallique, long de 375 mètres, n’avait pas été repeint depuis 1981, à l’exception d’une portion de 30 mètres traitée en 2004. Le trafic fret, déjà marginal, a cessé définitivement en 2014, et la ligne a alors été officiellement déclassée. La corrosion de l’acier, exposé aux intempéries pendant des décennies sans protection, a fini par imposer l’arrêt complet des circulations.

À partir des années 1950, l’automobile et les routes départementales modernisées ont progressivement siphonné la clientèle ferroviaire, si bien que dans les années 1980 la fréquentation de la ligne était devenue très faible. Le coût d’un entretien spécialisé, sur un ouvrage aussi exceptionnel, ne pesait plus face à une poignée de trains quotidiens. Un cercle vicieux : moins de voyageurs, moins d’entretien, plus de corrosion, jusqu’à la fermeture.

Qui veille aujourd’hui sur ce géant sans trafic

Fermer une ligne ne fait pas disparaître son viaduc. Le tablier reste structurellement surveillé par SNCF Réseau, qui en assure la propriété et la sécurité, avec des inspections régulières qui vérifient l’état des matériaux et préviennent tout risque.

L’accès à la plateforme ferroviaire reste strictement interdit au public.

Le viaduc est inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques depuis 1984. En 2019, il a été retenu par la Fondation du patrimoine comme site emblématique dans le cadre de la mission confiée à Stéphane Bern, et le Loto du patrimoine lui a permis de bénéficier d’un soutien financier de 500 000 euros. Les travaux envisagés prévoient une réhabilitation en trois phases : sécurisation de l’ouvrage, restauration des édifices qui l’entourent, et mise en tourisme du lieu avec la création d’un espace d’exposition et d’un vélorail. Au printemps 2020, SNCF Réseau, propriétaire actuel de l’édifice, a signé une convention de transfert de gestion avec la communauté de communes Combrailles Sioule et Morge.

L’association Sioule et Patrimoine milite depuis des années pour la sauvegarde de l’ouvrage, avec une souscription publique relancée à plusieurs reprises. Le viaduc, privé de ses trains, n’a pas pour autant disparu du paysage : il reste visible depuis des belvédères aménagés dans les gorges, silhouette de granit et d’acier suspendue au-dessus de la Sioule, témoin muet d’une autre époque du chemin de fer français.

Sources : fondation-patrimoine.org | patrimoine.auvergnerhonealpes.fr

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