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Le marché de l'immobilier au Nouveau-Brunswick, en pleine surchauffe pendant la pandémie de COVID-19, a désormais refroidi, comme en témoigne l'augmentation du nombre de maisons à vendre dans la province en juin, un sommet depuis six ans.
Une maison achetée par des clients de l'agent immobilier Mike Doiron au prix de 150 000$ en août 2020 vient d'être vendue pour plus de 335 000 $.
Bien que ce genre d'augmentation était assez courante il y a quelques années lors de la surchauffe du marché, seules d'importantes rénovations peuvent aujourd'hui justifier ce genre de hausse, affirme Mike Doiron.
Les propriétaires ont poncé les planchers, ajouté deux fenêtres d'évacuation et des chambres supplémentaires, ce qui augmente la valeur de la maison. C’est donc logique que ce soit au-delà de la moyenne, explique M. Doiron.
Il y a cinq ans, de telles rénovations n’étaient pas nécessaires pour justifier une pareille augmentation de prix, en raison de la forte demande, dit-il.
Durant le pic, on disait aux vendeurs : "Vous n’avez pas besoin de sortir la peinture. Il n’y a rien à faire", souligne l’agent immobilier.
L'offre fait chuter les prix
Environ 4000 résidences étaient sur le marché en juin au Nouveau-Brunswick, un sommet depuis août 2020.
Les offres multiples se faisant plus rares, les propriétés doivent désormais se démarquer davantage pour attirer les acheteurs, selon certains agents immobiliers.
Ils veulent voir des rénovations ou des ajouts à la maison pour pouvoir déterminer ce gros bump de prix, avance l'agente immobilière Caroline McGraw, ancienne membre du conseil d'administration de l'Association des agents immobiliers du Nouveau-Brunswick.

L'agente immobilière Caroline McGraw note que le marché immobilier a bien changé depuis la surchauffe de la pandémie. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Marielle Guimond
La population du Nouveau-Brunswick est aussi en baisse pour un troisième trimestre consécutif, après avoir atteint un sommet à la suite de la pandémie, une croissance propulsée par la migration interprovinciale, notamment de l'Ontario.
Or, certaines personnes qui ont fait le choix de déménager dans la province de 2021 à 2023 retournent maintenant chez elles.
L’agente immobilière Wafa Mansouri affirme notamment n'avoir reçu aucun appel de l’Ontario depuis des années maintenant.
Là, on voit beaucoup beaucoup de gens qui ont décidé de déménager back en Ontario [...] je leur ai dit : "Écoutez, vous ne pouvez pas faire un profit parce que là, vous allez vendre dans moins de cinq ans et vous avez acheté dans le pic."

Richard Saillant, économiste et consultant en politiques publiques. (Photo d'archives)
Photo : CBC
La réduction massive des cibles d'immigration au fédéral, il y a deux ans, contribue aussi au refroidissement du marché immobilier du Nouveau-Brunswick, selon l'économiste Richard Saillant, consultant en politique publique.
Il s’agit d’un simple jeu d'offre et de demande de l’immobilier qui peine à répondre aux besoins de la province quand elle en a besoin
Le marché a réagi à la demande record en livrant des permis de construction à un niveau sans précédent au Nouveau-Brunswick, donc l’offre s’est accrue, explique M. Saillant.
Par contre, selon l'économiste, l'augmentation pour répondre à la demande du pic immobilier était loin d’être suffisante. À son avis, 20 000 logements supplémentaires auraient dû être construits pour accommoder la croissance démographique.
Les prix se stabilisent
En juin, malgré un ralentissement du marché, le prix moyen de l'immobilier vendu dans le secteur résidentiel était de plus de 360 000 $.
Il s’agit d’une augmentation de près de 200 000 $ en seulement 10 ans, selon l'Association canadienne de l'immobilier.

Brian Keirstead, qui siège au conseil d'administration de l'Association des agents immobiliers du Nouveau-Brunswick, est d'avis que l'immobilier dans la province ne retrouvera pas sa valeur d'avant la pandémie. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Malgré cette forte hausse, le marché immobilier de la province demeure bien en dessous des moyennes nationales, selon Brian Keirstead, qui siège au conseil d'administration de l'Association des agents immobiliers du Nouveau-Brunswick.
Je pense que les prix continueront d'augmenter jusqu’à une certaine mesure, précisant que la province ne reverra les prix d'avant la pandémie.
Alors que les maisons sur le marché deviennent de plus en plus nombreuses, les ventes ont chuté de 5 % par rapport à la même période l’an dernier.


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