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Les premiers tracés du projet Great Coastal Trail prennent forme. Ce projet ambitieux prévoit l’aménagement d’un réseau de sentiers côtiers de près de 1000 kilomètres dans la Grande Péninsule du Nord, à Terre-Neuve, soit près de trois fois la longueur de la célèbre East Coast Trail, sur la côte est de l’île.
Le parcours s’étendra de Parsons Pond jusqu’à L’Anse aux Meadows, créant ainsi un lien entre deux sites emblématiques du patrimoine mondial de l’UNESCO : le parc national du Gros-Morne et L’Anse aux Meadows.
Le sentier contournera ensuite l’extrémité nord de la péninsule avant de redescendre le long de la côte est, explique la directrice générale à la Great Coastal Trail, Erika Pardy.

Le tracé proposé du sentier Great Coastal Trail, dans la Grande Péninsule du Nord.
Photo : Radio-Canada
Elle déclare même qu'il s'agira du plus long sentier côtier en Amérique du Nord.
Erika Pardy mentionne aussi que, depuis près de trois ans, l’équipe a cartographié le territoire à l’aide de systèmes d’information géographique (SIG) et de technologies GPS de pointe.
Notre équipe a marché presque 300 kilomètres. Et en faisant ça, il y a beaucoup de données enregistrées, plus de 1000 photos. Ces informations seront cruciales pour le futur.
Cette année marque une étape importante, car six personnes ont été déployées sur le terrain afin de commencer le travail de repérage et de validation des tracés pour ensuite les relier.
Il y a déjà plus environ 256 kilomètres de sentiers accessibles dans la région de St. Anthony, notamment autour de St. Lunaire-Griquet et de Goose Cove East, confie également Mme Pardy avec enthousiasme.

Les premières équipes sont déployées à l'été 2026 sur des sentiers de la Great Coastal Trail.
Photo : Great Coastal Trail
Notre priorité actuelle est d'identifier les sentiers existants. Presque chaque communauté possède déjà un sentier aménagé au fil des années, explique-t-elle. Nous voulons savoir exactement où ils se trouvent et dans quel état ils sont afin de pouvoir les relier entre eux.
Cette approche devrait nous permettre d'avancer plus rapidement que prévu initialement, dit-elle.
Cette cartographie servira de base aux prochaines étapes du projet, notamment les demandes de permis d’occupation du territoire, les évaluations environnementales et les nombreuses démarches réglementaires requises avant l’aménagement du sentier.
Il s’agit d’un travail de longue haleine, souligne Mme Pardy.
Les permis d'occupation du territoire entraînent des évaluations environnementales. Celles-ci peuvent nécessiter des études archéologiques, des relevés biologiques, l'évaluation des espèces menacées, des plantes rares et d'autres éléments sensibles, dit-elle.
L’équipe doit aussi tenir compte des terrains privés et mener de nombreuses consultations communautaires.
Les résidents locaux sont souvent notre meilleure source d'information. Tout cela prend du temps. Il faut suivre les processus réglementaires et s'assurer que tout est fait de façon professionnelle et efficace. Nous voulons réaliser un projet qui fasse l'unanimité, indique Mme Pardy.
Un sentier pour assurer l’avenir des communautés?
De nombreuses communautés rurales sont confrontées au déclin démographique, à la fermeture d'entreprises, au vieillissement de la population et à la disparition d'industries traditionnelles, explique la directrice générale.
Un seul projet ne résoudra pas tous ces problèmes, mais il peut créer une infrastructure qui ouvre de nouvelles possibilités.
En 2024 , environ 104 000 personnes ont effectué la traversée en traversier entre le Labrador et Terre-Neuve.
Nous voulons créer l’infrastructure nécessaire pour inciter ces visiteurs à prolonger leur séjour dans la péninsule Nord, explique Erika Pardy.
Selon elle, les sentiers constituent un puissant levier de développement touristique et économique. Ils attirent les visiteurs, les encouragent à rester plus longtemps et stimulent la demande pour l’hébergement, les services de guides, la restauration, le transport, les expériences culturelles et les entreprises de plein air.
Le gestionnaire du projet Great Coastal Trail, Lucas Garcia, ajoute que l’organisme collabore avec plusieurs partenaires internationaux afin d’accroître la visibilité du projet et de le faire connaître auprès des amateurs de randonnée du monde entier.
On a beaucoup de partenariats, non seulement au Canada, mais aussi avec le pays de Galles et l’Australie, parce qu'on veut faire beaucoup la publicité du projet.
Le projet Great Coastal Trail bénéficie d’un très fort soutien du gouvernement provincial, affirme sa directrice générale, mais on espère toujours recevoir davantage du fédéral.
Nous continuons à démontrer pourquoi ce projet est important et à identifier les programmes de financement qui lui conviennent. C'est un projet sans précédent et d'une très grande envergure. Nous devons déterminer où il s'inscrit dans les priorités fédérales à long terme, dit-elle.
Une conférence annuelle aura d’ailleurs lieu du 5 au 7 octobre à Cow Head, à Terre-Neuve-et-Labrador. Une occasion de parler notamment du développement économique de la région et de promouvoir le projet.


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