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Le pari du comté de Newell : faire renaître la recherche agricole

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Une petite communauté albertaine d'à peine 7000 habitants a choisi d'unir ses forces pour mener à bien un projet à la fois scientifique et historique. Alors que le gouvernement fédéral ferme des centres de recherche agricole aux quatre coins du pays, le comté de Newell nage à contre-courant en investissant massivement dans la relance du Centre de diversification des cultures (CDC).

Ce site près de 3 kilomètres carrés, qui était pour ainsi dire laissé à l’abandon par la province, connaît aujourd’hui un second souffle inespéré.

Nous exploitons quatre sites distincts, explique avec fierté Todd Green, directeur des services agricoles pour le comté de Newell.

Todd Green devant les installations du Centre de diversification des cultures de Newell.

De toute sa carrière municipale, Todd Green a rarement vu une initiative voir le jour sans la moindre réticence de la part des citoyens.

Photo : Radio-Canada / Laurence Taschereau

Il nous guide à travers les installations : Il y a d'abord la ferme Lendrum, idéalement configurée pour la recherche en petites parcelles et les projets très spécialisés.

À environ un peu plus d’un kilomètre de là, un autre type d’exploitation mieux adaptée à la recherche appliquée sur de plus grandes surfaces, comme pour des essais de variétés de cultures ou de taux de fertilisation.

Un moteur économique local

Grâce à la reprise du CDC, le comté de Newell, situé à deux heures au sud de Calgary, souhaite attirer des chercheurs de tout horizon.

Le projet dépasse la simple agronomie. Au-delà de la science, nous espérons attirer des entreprises qui utiliseront nos hôtels, nos restaurants et nos commerces.

C'est le premier projet de ma carrière pour lequel nous n'avons reçu aucun commentaire négatif, aucun retour défavorable. La communauté se rallie derrière ce site, explique Todd Green, qui travaille pour la municipalité depuis plus de 20 ans. Il en est le premier surpris : Vous savez, la plupart des projets gouvernementaux sont accueillis avec une certaine... négativité, admet-il avec un sourire.

Plus de 100 ans d’histoire

L’histoire du centre de recherche remonte au début des années 1900. À l'époque, la Compagnie de chemin de fer Canadien Pacifique, établie dans la région, cherche à convaincre des agriculteurs de s’y installer.

C’est ainsi que des fermes de démonstration commencent à voir le jour. De fil en aiguille, ces initiatives donnent naissance au centre de recherche tel que les habitants de la région l'ont connu jusqu’en 2019.

Au fil des décennies, l'établissement a accueilli des travaux de recherche de pointe, mettant au point des variétés résistantes de fruits, de légumes, de céréales et de légumineuses adaptées au climat rigoureux de l'Alberta ou nécessitant moins d'irrigation dans ses zones arides.

C'est ici qu'un verger a vu naître plusieurs nouvelles variétés de pommes.

Puis, en 2019, le gouvernement s'est en quelque sorte retiré de la recherche, entraînant le licenciement d'une grande partie du personnel.

C’était le cas de Candice Wood, qui occupe aujourd’hui le poste de coordonnatrice de projet pour le CDC. De revenir aujourd'hui et de participer à la revitalisation de ce site, j'ai vraiment l'impression que la boucle est bouclée, confie-t-elle.

Candice Wood devant une serre.

Candice Wood a commencé sa carrière au CDC en étudiant comment optimiser la culture des haricots, des pois chiches et des lentilles.

Photo : Radio-Canada / Laurence Taschereau

Elle présente d'ailleurs avec fierté l'un des deux projets de recherche actuellement accueillis par le centre : un producteur privé qui cultive des légumes pour valider son concept de serre. L’objectif est de déterminer la rentabilité du projet avant de lancer, à l'avenir, un modèle d'abonnement à des paniers de légumes.

Un Laboratoire à ciel ouvert

Notre vision est de devenir un genre de modèle de campus, explique Todd Green. Notre but n'est pas de diriger la recherche, mais plutôt d'agir en tant que propriétaire et facilitateur des lieux.

L'intérieur d'une serre agricole.

Après avoir dû mettre fin à ses activités en 2019, le Centre de diversification des cultures recommence aujourd’hui à accueillir des chercheurs.

Photo : Radio-Canada / Laurence Taschereau

C’est dans cette optique que le CDC a adopté un modèle d’utilisateur-payeur, précise Candice Wood. Moyennant un tarif fixe, les chercheurs bénéficient d'un accès complet aux installations et aux équipements de pointe.

Cette stratégie répond d'abord à une nécessité financière, note Candice Wood, qui ajoute que l’objectif est que le site s’autofinance sans alourdir le fardeau fiscal des résidents du comté.

Actuellement, le comté loue les installations auprès de la province pour la somme symbolique de 1 $ par année, tout en assumant les frais opérationnels qui s'élèvent à 1,2 million de dollars.

Le comté a puisé 167 000 $ dans son enveloppe municipale pour faire renaître le projet. Le centre bénéficie également d’une subvention de fonctionnement provinciale de 500 000 $, ainsi que d’un investissement de 3 millions de dollars consacré spécifiquement aux rénovations et à l'entretien des infrastructures.

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