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Un an après sa mise en place dans les écoles du territoire, le nouveau programme scolaire du Nunavut est dans la bonne voie, selon le ministre de l’Éducation du Nunavut, David Akeeagok. Ce dernier reconnaît toutefois les défis que pourrait imposer la pénurie d'enseignants dans le déploiement du programme, qui devrait s'étendre jusqu'en 2036.
Tout se passe très bien et beaucoup de planification et de préparation ont eu lieu pour que tout ceci soit mis en place, a indiqué le ministre. La mise en œuvre a été phénoménale, grâce à nos merveilleux enseignants.
Conçu notamment selon les principes inuit Qaujimajatuqangit, qui valorisent le savoir traditionnel, le nouveau programme a été élaboré en collaboration avec des aînés du territoire.
Étalé sur une dizaine d’années, le déploiement du programme intégrera un nouveau niveau scolaire chaque année, pour être finalement intégré à la 12e année en 2036.

Le ministre de l'Éducation du Nunavut, Davd Akeeagok, reconnaît que le territoire manque parfois de ressources pour soutenir ses enseignants, mais se dit optimiste quant au déploiement du nouveau programme d'enseignement, qui s'étendra jusqu'en 2036.
Photo : CBC / Cameron Lane (CBC/Radio-Canada)
Si la mise en place du nouveau programme va bon train, la pénurie d’enseignants demeure toutefois une source de préoccupation.
Il y a toujours des postes vacants et cela m’inquiète, a indiqué le ministre Akeeagok. Nous avons besoin d’êtres humains pour occuper ces postes et enseigner à tous les niveaux.
Selon le président de l’Association des enseignants et des enseignantes du Nunavut, Justin Matchett, la pénurie d'enseignants pourrait empêcher d’assurer la continuité de l’enseignement du curriculum.
Le roulement de personnel en enseignement est si élevé que certains se retrouvent à enseigner le programme pour la première fois, sans avoir reçu de formation ni savoir comment le mettre en œuvre, souligne-t-il.

Julien Matchett, président de l'Association des enseignantes et des enseignants du Nunavut, affirme que certains enseignants d'anglais se préoccupent des nouveaux objectifs du programme.
Photo : CBC / Bianca McKeown (CBC/Radio-Canada)
Il ajoute que certains enseignants pourraient être remplacés l’an prochain par des enseignants plus qualifiés, qui, eux, n’auront pas été formés au nouveau programme.
David Akeeagok assure que le gouvernement territorial recrute actuellement de façon intensive et que les formations au programme pour la 2e et la 3e année ont eu lieu à l’hiver 2025 et à l’hiver 2026.
Justin Matchett dit avoir entendu des avis partagés de la part d'enseignants à propos du nouveau programme.
S’ils disent apprécier les éléments culturels du programme, incluant le matériel et les ressources, certains se disent inquiets des changements apportés aux normes d’apprentissage pour les élèves.
Règle générale, je donnerais un B, résume-t-il, en soulignant que le matériel et les ressources du nouveau programme sont reçus de façon très positive.
Selon certains enseignants, des élèves qui obtiennent aujourd'hui un A en Anglais selon ces nouvelles normes auraient obtenu un B l'an dernier.
Une enseignante avec qui j'ai discuté m'a dit que ses objectifs en arts du langage étaient beaucoup plus bas, a-t-il souligné.
L'an dernier, son objectif en maternelle aurait été de s'assurer que les élèves atteignent la première année en sachant tout l’alphabet et le son des lettres. Cette année, les objectifs sont d'en connaître seulement quelques-uns.
Pour l'apprentissage de l'Inuktitut, un seul point négatif lui aurait été rapporté, soit la perte du dialecte régional au profit du dialecte éducatif, où certains mots peuvent avoir une signification différente d'une communauté à l'autre.
Pour la suite des choses, M. Matchett dit ne pas être certain que les enseignants seront prêts dès cet automne à transmettre le nouveau programme aux élèves de 2e année.
À ce propos, le ministre Akeeagok se dit optimiste, mais admet certains défis.
Nous sommes très positifs à ce sujet, affirme-t-il à propos du déploiement du programme en 2e année.
Mais parfois, la réalité nous rattrape, et il s’avère que nous manquons parfois de ressources pour soutenir nos enseignants.
Avec les informations de Bianca McKeown


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