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Le nord du Cap-Breton se prépare aux urnes : qu’en disent les électeurs?

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Au Cap-Breton, les électeurs de Chéticamp-Margaree-Pleasant Bay cherchent leurs repères alors qu’ils s’apprêtent à élire, le 23 juin, un député acadien. Radio-Canada a sillonné ce territoire du nord-ouest du Cap-Breton afin de prendre leur pouls et comprendre les enjeux qui retiennent leur attention.

Premier arrêt : Margaree

La nouvelle circonscription est formée essentiellement de trois sous-régions. Tandis que la communauté acadienne de Chéticamp a un poids démographique plus important, les régions plutôt anglophones ont peur d’être laissées pour compte.

Une carte du Cap-Breton

La nouvelle circonscription est formée essentiellement de trois sous-régions : Chéticamp Margaree et Pleasant Bay.

Photo : Radio-Canada / Stéphanie Blanchet

C’est notamment le cas dans la vallée de Margaree. Bien que la création de cette nouvelle circonscription est censée mieux refléter les réalités des communautés, plusieurs disent éprouver quelques inquiétudes.

Le candidat progressiste-conservateur, Claude Bourgeois, et le candidat néo-démocrate, Trevor Poirier, viennent de Chéticamp. Seul le candidat libéral, Denis Cormier, vit à Margaree.

Les effets vont dépendre de qui gagne. Si c’est quelqu’un de l’extérieur de Margaree, je ne pense pas qu’on sera bien représentés, mais on ne sait jamais, indique un Acadien de la région de Margaree, Polycarpe LeBlanc.

Un homme portant un chapeau sourit.

Dans la vallée de Margaree, la création de cette nouvelle circonscription, censée mieux refléter les réalités des communautés, suscite quelques inquiétudes, dit Polycarpe Leblanc.

Photo : Radio-Canada / Stéphanie Blanchet

Il reconnaît qu'un certain désintérêt pour la politique s'est installé dans la région au fil du temps.

Ce sera intéressant de voir si ça change.

Je ne suis pas trop [la campagne], affirme pour sa part un autre passant, Peter LeBlanc, qui commence tout juste à s'intéresser à ce qui se passe politiquement. C'est nouveau, et ça va prendre un peu de temps pour s'y habituer, dit ce pasteur à la retraite de Margaree, qui s’informe grâce aux réseaux sociaux.

Deuxième halte : prendre le pouls à Chéticamp

En poursuivant la route vers le littoral acadien jusqu'à Chéticamp, l'atmosphère change.

Sur un quai, des pêcheurs de homard déchargent leur cargaison.

J’ai perdu espoir, oui, ça fait un petit bout… Au niveau national, mondial, ça ne va certainement pas dans la bonne direction, souffle Jacques Deveau.

Un pêcheur montre un gros homard qu'il a pêché.

Le pêcheur Jacques Deveau est d'avis que davantage d'électeurs pourraient se rendre aux urnes à l'occasion de l'élection partielle du 23 juin.

Photo : Radio-Canada / Stéphanie Blanchet

Même si ce pêcheur de Chéticamp dit qu’il ne votera pas, une petite lueur brille ces jours-ci dans la communauté, parce qu’il y a des noms familiers sur les bulletins de vote. Cela redonne envie d'aller voter à ceux qui avaient baissé les bras parce que ce sont des gens d’ici qui sont les candidats, prédit-il.

D’autres passants sont carrément désintéressés par l’élection.

Non ! Ça ne m'intéresse pas [les élections partielles], lance une passante.

Andrew, qui dit avoir voté qu’une seule fois, pour Trudeau, pour légaliser la marijuana, ne compte pas se rendre aux urnes le jour du scrutin, mais entretient un espoir. Que le meilleur gagne, espérons qu’on obtienne quelqu’un capable d’aider.

Un autre résident de Chéticamp, John Timpa, ira pour sa part voter puisqu'il y une occasion en or. Pourquoi pas ? Ça va donner un pouvoir de parole aux Acadiens, prédit-il.

Au fil des conversations, quelques enjeux reviennent souvent. Pour Dora Aucoin, ce qui est important, c’est les routes, faut que les routes soient améliorées.

Parce qu'au Cap-Breton, y’a des endroits où c’est pas trop beau , dit-elle.

Troisième arrêt : Pleasant Bay

Des montagnes bordées de la  mer.

Pleasant Bay, une communauté au cœur de la piste Cabot, est située à 45 minutes de route de Chéticamp.

Photo : Radio-Canada / Stéphanie Blanchet

À 45 minutes de route de Chéticamp, à Pleasant Bay, une communauté située en plein cœur de la piste Cabot nichée entre la mer et la montagne, certains résidents ont peur du changement à venir.

C’est notamment le cas de Niki Johannesen, qui déplore que la série de consultations publiques menées en 2025 pour la création de la circonscription ait eu lieu à Chéticamp et Margaree, mais pas à Pleasant Bay.

On ne sait pas s’il y aura des conséquences qui vont accompagner ce changement, ou même des opportunités, parce qu’on n'a pas eu de consultation avec la communauté, dit-elle.

Une femme dans son salon

Niki Johannesen est une résidente de Pleasant Bay.

Photo : Radio-Canada / Stéphanie Blanchet

Elle rappelle qu’une pétition avait alors circulé à Pleasant Bay pour refuser de faire partie de cette circonscription.

La communauté ne se sent pas représentée sur des questions qui sont pertinentes et qui nous affectent, conclut-elle.

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