NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
La douleur est toujours vive pour bien des résidents de London, dans le Sud-Ouest de l'Ontario, cinq ans après l’attaque terroriste qui a coûté la vie à quatre membres d’une famille musulmane.
Nous ne voulons pas que les jeunes de cette communauté aient peur, mais c’est difficile, relate Safiah Lawendy.
Elle pleure toujours la mort de son amie Yumna Afzaal, le 6 juin 2021.
Ce jour-là, cette dernière se promenait à pied à London avec son père, Salman Afzaal, sa mère, Madiha Salman, sa grand-mère, Yumba Afzaal, ainsi que son petit frère, lorsque le conducteur d’une camionnette les a happés.
Seul le jeune garçon de la famille a survécu. L'auteur de l'attaque purge une peine de prison à vie.
Les cinq dernières années ont été et continuent d'être un combat, observe l’imam Abd Alfatah Twakkal de London, qui déplore les nombreux actes islamophobes et haineux qui s’observent tant dans sa ville qu’ailleurs en Ontario et au Canada.
Cette semaine, une mosquée de Moncton a fait l’objet d’un deuxième acte de vandalisme en moins d’un an.
Sur les murs, on pouvait y lire des graffitis, en anglais : Retournez chez vous, musulmans.
Le leader religieux y voit une rhétorique qui divise, qu’il remarque souvent en ligne par ailleurs, et qui lui donne l’impression que les gens se sentent de plus en plus enhardis, [...] ce qui les pousse à commettre des actes horribles contre des membres de [la] communauté.

L'imam Abd Alfatah Twakkal estime qu'il y a eu des progrès, mais aussi des reculs en matière de lutte contre l'islamophobie au Canada dans les cinq dernières années. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga
Il y a une haine réelle qui est propagée à l'endroit des musulmans et si nous ne faisons rien pour la combattre, on voit ce qui arrive, poursuit Safiah Lawendy, qui fait allusion à la tuerie dans une mosquée de San Diego, en Californie, en mai dernier.
Après avoir perdu son amie, elle a cofondé l’organisme Youth Coalition Combating Islamophobia (YCCI), qui donne des ateliers dans les écoles au sujet de la lutte contre l’islamophobie.
Les discussions qu’elle a avec des jeunes lui laissent souvent croire qu’il y a eu des progrès significatifs en matière de lutte contre l’islamophobie.
Mais ensuite, [...] une attaque comme celle [de San Diego] se produit, lâche-t-elle.
C’est extrêmement décourageant pour les musulmans à travers le pays, les musulmans en Amérique, mais c’est tristement familier. C’est ça qui est dévastateur.
Il y a plus de travail à faire, reconnaît une élue
Il y a cinq ans, l’attaque contre la famille Afzaal avait été vivement dénoncée par de nombreux leaders politiques.
À la suite de la tragédie, la Ville de London a d’ailleurs adopté un plan de lutte contre l’islamophobie.
Même si elle remarque des progrès à certains égards, comme la mise en place de campagnes publicitaires dans de nombreux services publics, comme les bibliothèques, la conseillère municipale Corinne Rahman reconnaît qu’il y a plus de travail à faire dans la communauté.

Corrine Rahman croit que le plan d'action de la Ville de London en matière de lutte contre l'islamophobie mérite d'être mis à jour. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga
Même si le nombre d’incidents haineux ciblant des musulmans a baissé à London en 2025, elle a régulièrement vent d’incidents qui arrivent à des résidents qui ignorent ce qui peut et doit être signalé ou pas.
Elle croit par ailleurs que le plan a besoin d’être mis à jour pour mieux refléter l’époque actuelle, car sa première version a été conçue dans l’urgence de répondre à l’attaque.
L’idée d’une exposition qui met en valeur les contributions des musulmans à la société avait été évoquée, illustre Mme Rahman, mais ne s’est jamais concrétisée.
Pour l’imam Abd Alfatah Twakkal de London, il y a eu [toutefois] des reculs dans les cinq dernières années.
Il déplore notamment l’abolition, en février dernier, du poste de représentante spéciale chargée de la lutte contre l’islamophobie.
Ce bureau avait publié un guide unique en son genre en ce qui a trait à la stratégie de lutte contre les différentes formes d’islamophobie et, par extension, de racisme. On regarde ça et on se demande pourquoi abandonner quelque chose qui est nécessaire et qui avait un impact sur le terrain?, demande-t-il.
Dans une déclaration écrite, une porte-parole du ministre fédéral de l’Identité et de la Culture canadiennes, rappelle que ce poste a été remplacé par un nouveau conseil consultatif sur les droits, l’égalité et l’inclusion.
Ce dernier aura le mandat de rassembler les Canadiens et aider à orienter les efforts de notre gouvernement pour lutter contre le racisme et la haine sous toutes leurs formes, note Hermine Landry.
Une stratégie proactive de prévention réclamée en Ontario
Pour Safiah Lawendy, l’éducation demeure le pilier le plus important dans la lutte contre l’islamophobie.
Elle croit donc qu’il faudrait renforcer cette dernière en l’intégrant dans les programmes scolaires.
Le Conseil national des musulmans canadiens est du même avis.

Fatema Abdalla réclame plus d'investissements de l'Ontario en matière de lutte contre l'islamophobie dans les écoles. (Photo d'archives)
Photo : (National Council of Canadian Muslims)
L'Ontario a besoin d'une stratégie proactive qui se concentre sur la prévention, la transparence et la sécurité des communautés, a indiqué la directrice des politiques publiques de l’organisme, Fatema Abdalla, en point de presse vendredi.
Cela veut dire qu'il faut s'assurer que les écoles aient les ressources et les programmes nécessaires pour combattre le racisme, l'islamophobie et toutes les formes de haine avant qu'elles ne s'enracinent.

Le Conseil scolaire du district de Peel, dans le Grand Toronto, ainsi que le Conseil scolaire public du district de Thames Valley, dans la région de London, se sont dotés de stratégies de lutte contre l'islamophobie dans les dernières années. (Photo d'archives)
Photo : CBC
Dans une déclaration écrite, une porte-parole du ministre de l’Éducation de l’Ontario, Paul Calandra, ne prend pas d’engagement précis à ce sujet.
La discrimination et le racisme, sous toutes leurs formes, n'ont pas leur place dans nos salles de classe. [...] En collaborant avec les élèves, les parents et les enseignants, nous continuerons à bâtir un système fondé sur le respect, la responsabilité et le soutien, qui permette d'obtenir de meilleurs résultats et offre à nos élèves les meilleures chances de réussir, écrit Emma Testani.
Sur les réseaux sociaux, samedi, le premier ministre ontarien Doug Ford a écrit que personne ne devrait être pris pour cible ou se sentir en danger en raison de sa foi.
Aujourd’hui est un rappel de la nécessité de combattre la haine sous toutes ses formes et de construire une province où tout le monde se sent en sécurité.
Il est de notre devoir d’associer le souvenir à la responsabilité, a écrit pour sa part le premier ministre Mark Carney sur les réseaux sociaux.
Grâce à des mesures concrètes, notamment l’adoption de nouvelles lois visant à lutter contre l’islamophobie et la haine au sein de nos communautés, nous bâtirons un pays où l’ensemble des Canadiennes et des Canadiens musulmans pourront vivre leur vie sans crainte.
Le projet de loi C-9, qui vise entre autres à créer de nouvelles infractions criminelles liées à la haine, est de retour à l’étude à la Chambre des communes après des amendements apportés par le Sénat.


11 hour_ago
27



























.jpg)






French (CA)