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Les organisateurs de festivals et d'événements culturels dans la province dénoncent le manque de financement qui leur est offert pour remplir leur mission.
Au micro de l’émission Sens large, jeudi, le directeur général du Festival acadien de Caraquet, Matthieu Girard, a indiqué que le milieu des festivals est sous-considéré dans les financements accordés par les gouvernements provincial et fédéral.

Matthieu Girard est directeur général et artistique du Festival acadien de Caraquet depuis 2024.
Photo : Cate Russel Gauthier
Il déplore également que les subventions n’aient pas suivi l’inflation, soulignant que l'aide fédérale, par exemple, est restée inchangée.
Le financement reçu du fédéral en 2018, 2019 se chiffrait à 130 000 $. C’est ça qu’on reçoit encore aujourd’hui en 2026, après la pandémie, après l’explosion des coûts d’opération partout.
Bien qu'il existe des projets ponctuels de la province qui les aident, les fonds ne suffisent plus et les commanditaires privés font désormais partie intégrante de leur financement.
Le recours au privé fonctionne bien pour les événements bien établis, mais il pourrait être bien plus difficile pour des festivals émergents, selon lui.
Offrir un service à la population
Au-delà de la quantité du financement, M. Girard soutient que le type de financement alloué cause aussi des problèmes.
On est un organisme culturel, mais on est quand même un organisme qui offre un rôle économique ici dans la région de la Péninsule acadienne.

Le Festival acadien a célébré sa 64e édition en 2026.
Photo : Facebook/Festival Acadien de Caraquet
Selon lui, le financement des festivals pourrait davantage ressembler aux contrats de service attribués aux entreprises privées pour la réalisation de projets.
Le gouvernement nous demande en fait la même chose, d’offrir un service, de contribuer, soutient le directeur général qui explique que le Festival acadien est un moteur économique important pour la municipalité.
Il souligne toutefois qu'en raison du statut d'organisme sans but lucratif du Festival acadien de Caraquet, l'organisation a l'obligation de ne pas réaliser de profits, contrairement à des entreprises privées.

Le Tintamarre de la fête nationale de l'Acadie fait partie intégrante de la programmation annuelle du Festival acadien de Caraquet. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Myriam Breau
Il est aussi devenu compliqué de prendre des risques lorsqu’il faut demander un financement année après année.
Ce qui est difficile pour nous, c’est que c’est toujours à recommencer, c’est que notre financement n’est jamais garanti, précise Matthieu Girard.
La viabilité des festivals à l’épreuve
Durant les dernières années, plusieurs festivals ont dû réduire leur programmation ou carrément disparaître du paysage néo-brunswickois.

Lors de sa dernière année, le festival Acadie Rock s'est déroulé sur une seule journée. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Anne-Marie Parenteau
D'après Marc-André Charron, président du conseil d'administration du Centre culturel Aberdeen et directeur artistique de Satellite Théâtre, le modèle d'affaires dans le milieu culturel est loin d’être uniforme, ce qui complique les choses.
Chaque festival, chaque organisme "duct tape" ce qu’il peut ensemble pour réussir son financement.
Le festival Acadie Rock, organisé par le Centre culturel Aberdeen, a notamment eu une programmation plus mince en 2025, pour ensuite faire une pause en 2026, faute de financement.

Le dernier lancement de programmation du festival Acadie Rock remonte à 2025, alors que Marc-André Charron coprésidait le conseil d'administration du Centre culturel Aberdeen. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Frederic Michael Cammarano
Contrairement au Festival acadien de Caraquet, le centre culturel Aberdeen n'a pas pour seule mission l’organisation du festival Acadie Rock. Faute de financement, il a donc fallu faire des choix déchirants, avance M. Charron.
Si on fait un événement d’une semaine qui financièrement nous met dans le trou pour l’année, et bien ce n’est pas viable, se défend-t-il.
La culture en plein essor
Entre 2023 et 2024, le Nouveau-Brunswick est la province canadienne qui a connu la plus grande augmentation en pourcentage de son PIB lié à la culture et des emplois dans le secteur.

Malgré la stagnation des financements, plusieurs nouveaux événements majoritairement financés par le secteur privé ont vu le jour dans la province, comme le YQM Country Fest à Dieppe.
Photo : Facebook : YQM Country Fest
La ministre des Arts, de la Culture et du Tourisme du Nouveau-Brunswick, Isabelle Thériault, indique que des centaines d’activités bénéficient du financement provincial.
On fait quand même des gestes concrets, qui sont, je sais, pas suffisants probablement pour les artistes et les organismes, mais on met la main à la pâte pour tenter de les soutenir le plus possible.

La ministre Isabelle Thériault explique que la province mise sur la diversification de son offre culturelle en encourageant notamment des festivals et événements à l'extérieur de la saison touristique estivale. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Babatundé Lawani
La ministre Thériault, qui a notamment déjà été directrice générale et artistique du Festival acadien de Caraquet, réitère que son ministère va chercher le maximum [de financement] qu’on peut chaque année.
En juin dernier, la province a augmenté le financement de fonctionnement dans le secteur culturel de 1,5 million de dollars.
Avec des informations de Karine Godin


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