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Une plainte demandant la suspension du projet souhaité depuis six ans par le président américain a été déposée devant le tribunal du district de Columbia. Les auteurs accusent le gouvernement d’avoir « méprisé les exigences légales » du Congrès.
Les ambitieux projets architecturaux de Donald Trump à Washington rencontrent quelques difficultés. En début de semaine, le président américain a appris que la construction de sa salle de bal dorée à la Maison Blanche coûterait 600 millions de dollars, soit 400 millions de plus que ce que son administration avait annoncé, en août dernier, lors du dépôt des documents aux tribunaux. Aujourd’hui, son « jardin des héros » se heurte lui aussi à de potentiels obstacles. Présenté à la fin du précédent mandat de Donald Trump, il envisage de rendre hommage aux « grandes figures de l’histoire des États-Unis », à travers une série de 250 sculptures de Pères fondateurs, d’athlètes, de militants, d’hommes d’affaires, de politiques et de personnalités culturelles.
Comme pour la salle de bal, dont le chantier a été lancé l’automne dernier sans l’accord des fédéraux, l’installation de ce jardin fait enrager les associations de préservation et de défense du patrimoine culturel à Washington. Ces dernières viennent de déposer une plainte devant le tribunal du district de Columbia, rapporte le Washington Post . Le document accuse notamment le ministère américain de l’Intérieur, ainsi que le Service des parcs nationaux, d’ignorer un décret du Congrès interdisant la construction d’une « œuvre commémorative » dans le « grand axe transversal du Mall », où se trouve le parc West Potomac choisi par l’administration Trump pour accueillir le « jardin des héros ».
« Mépris des exigences légales »
La coalition de six associations de défense du patrimoine juge le projet « illégal » et demande sa suspension jusqu’à la décision du Congrès. « Le président et son administration font fi des procédures exigées par le Congrès et excluent le public et les groupes possédant l’expertise pertinente de leurs plans de rénovation, dénoncent les auteurs de la plainte. Ce mépris des exigences légales s’inscrit dans la même stratégie que celle employée par l’administration pour mener à bien d’autres projets pharaoniques récents. Sans oublier que le gouvernement obscurcit la source de financement de ce jardin. » Selon les informations de la presse américaine, l’administration Trump aurait déjà commencé à commander certaines des statues commémoratives et demandé des fonds pour aménager le jardin. Le gouvernement fédéral pourrait accorder jusqu’à 200 000 dollars de subventions par statues pour soutenir le travail des sculpteurs.
Soit ces personnes haïssent l’Amérique, soit elles souffrent d’une grave crise de haine anti-Trump
Katie Martin, porte-parole du ministère américain de l’IntérieurDe son côté, le ministère américain de l’Intérieur, visé par la plainte, a jugé « incompréhensible » que des personnes puissent « intenter un procès à propos d’une exposition qui célèbre la grandeur des États-Unis ». « Ce jardin mettra en lumière certaines des figures les plus marquantes de l’histoire de notre pays, rappelle Katie Martin, porte-parole du ministère, dans un communiqué. Donc soit ces personnes haïssent l’Amérique, soit elles souffrent d’une grave crise de haine anti-Trump. » Certains responsables de la Maison Blanche ont également déclaré que l’installation des statues respectait « toutes les exigences et approbations légales », sans préciser si le Congrès lui avait donné son approbation.
Réponse aux militants du mouvement « Black Lives Matter »
Donald Trump rêvait d’un tel complexe mémoriel depuis plus de six ans. En 2020, il déclarait vouloir ériger ces statues en réponse aux institutions et aux militants qui avaient démonté de nombreux monuments commémoratifs après la mort de George Floyd. Les vandales visaient principalement des sculptures de généraux sudistes de la guerre de Sécession ou des personnages historiques ayant pratiqué ou défendu l’esclavage. La Maison Blanche, avant de passer quelques semaines plus tard sous la gouvernance de Joe Biden, souhaitait inaugurer le jardin le 4 juillet 2026, - soit dans trois semaines -, pour célébrer le 250e anniversaire de la Déclaration d’indépendance des États-Unis.
Donald Trump lance les travaux de sa « grande salle de bal dorée » à la Maison-Blanche
Malgré les critiques des historiens, qui jugeaient le projet « aléatoire, irréfléchi, inapproprié, irréalisable » ou encore « provocateur », Donald Trump en a fait une priorité au moment de son retour dans le bureau ovale. Il a notamment révoqué un décret de Joe Biden et a demandé que la réalisation du projet se fasse « aussi vite que possible ».
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En parallèle, le président américain porte son attention sur d’autres chantiers architecturaux de grande ampleur. Le premier, en cours de réalisation, a causé la destruction complète de l’aile est de la Maison Blanche qui va être rebâtie pour abriter une « grande salle de bal dorée », selon la formule du président américain. Donald Trump prépare aussi la construction d’un arc de triomphe monumental, là encore à Washington, en face du Mémorial Lincoln. Il le veut plus grand, plus large et plus haut que l’arche parisienne. La presse américaine l’a renommé « arc de Trump», après que le président américain a déclaré que ce projet était édifié « pour lui ».


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