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Le gouvernement américain a annoncé mercredi qu’il allait imposer 25 % de droits de douane sur un certain nombre de produits brésiliens, à l’issue d’une enquête menée par le représentant de la Maison-Blanche au Commerce (USTR) en se fondant sur un texte de loi de 1974.
La présidence du Brésil a aussitôt rejeté ces droits de douane « illégaux », promettant que des mesures de « réciprocité » seront prises dans le cadre d’une loi votée par le Parlement l’an dernier.
« Aucune raison ne justifie ces mesures unilatérales contre notre pays », a ajouté la présidence sur X.
Pour le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, le Brésil « n’a pas négocié de bonne foi avec les États-Unis », dit-il dans un message sur X, accusant le président Lula d’avoir « mis son ego avant l’intérêt du peuple brésilien, les droits de douane en sont le prix ».
Selon le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, les politiques « déraisonnables » mises en place par le Brésil ont touché particulièrement le commerce américain « en réduisant l’accès à l’un des principaux marchés d’exportation ».
Les surtaxes entreront en vigueur « le 22 juillet, le temps de les mettre en œuvre dans les systèmes des douanes », a précisé à la presse un responsable américain.
Washington a lancé en 2025 une enquête sur un certain nombre de pratiques commerciales que le gouvernement américain reprochait au Brésil, qui devient ainsi le premier pays visé par ces nouvelles surtaxes.
Les biens exemptés « sont ceux que l’on ne produit pas ou qui ne poussent pas naturellement aux États-Unis, ou alors qui auraient un impact sur les chaînes d’approvisionnement ou l’économie, comme les oranges, certains produits énergétiques ou certaines pièces détachées aéronautiques », a détaillé ce responsable américain.
L’enquête commencée en 2025 se concentrait sur divers sujets, dont la lutte anticorruption, la protection de la propriété intellectuelle, ou encore les conséquences de la déforestation illégale.
Mais les nouveaux droits de douane prennent également en compte des décisions de la justice brésilienne concernant l’économie numérique, que Washington considère comme « des barrières commerciales déloyales », notamment celles imposant aux réseaux sociaux de « supprimer certains contenus politiques » ou « l’imposition d’astreinte en cas de non-respect de la décision ».
Fin février, la Cour suprême américaine avait annulé une bonne part des droits de douane voulus par le président, estimant que ce dernier avait fait une lecture anticonstitutionnelle d’un texte de loi pour les justifier. Ne sont pas concernés les droits de douane sectoriels, visant notamment l’automobile, l’acier, l’aluminium ou le cuivre.
Bataille politique au Brésil
Washington accuse plus largement Brasilia d’avoir appliqué des droits de douane préférentiels sur les produits mexicains ou indiens au détriment des produits américains, ce qui représente « un désavantage qui n’est pas en adéquation avec les obligations internationales ».
Les droits de douane imposés par les États-Unis sont devenus un sujet politique au Brésil, où l’élection présidentielle, prévue en octobre, approche.
Le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, a ainsi reproché au début du mois à son adversaire Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, d’avoir demandé aux États-Unis de « reporter » après l’élection une éventuelle entrée en vigueur de nouvelles surtaxes américaines.
Et le conservateur Flavio Bolsonaro s’est rendu début juillet à Washington afin de participer à une audition publique de l’USTR sur la question, profitant de l’occasion pour assurer que de nouveaux tarifs douaniers profiteraient au président sortant de gauche, candidat à sa réélection.
Jeudi, dans un message sur X, il a rejeté « la faute » de ces surtaxes sur le président brésilien, estimant que « Lula n’est plus apte à être président du Brésil. Nous sommes dans un avion sans pilote ».
Le président américain, Donald Trump, a fait des droits de douane l’une de ses principales armes économiques, imposant une série de surtaxes sur l’ensemble des produits entrant dans le pays.
Il avait particulièrement visé le Brésil, imposant jusqu’à 50 % sur un certain nombre de produits en représailles au procès, qu’il jugeait politique, de Jair Bolsonaro, reconnu coupable de tentative de coup d’État.
Du fait des conséquences inflationnistes des surtaxes, Washington avait annulé celles visant un certain nombre de produits agricoles, parmi lesquels la viande de bœuf, le café et les tomates du Brésil.
Selon les données de l’USTR, les États-Unis ont exporté pour plus de 54 milliards de dollars de marchandises vers le Brésil en 2025, et importé dans le même temps près de 40 milliards de dollars.


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