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Le centre de consommation de drogue supervisée de Calgary va fermer

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La province va fermer son tout premier centre de consommation supervisée de l’Alberta, ouvert il y a près de 10 ans à Calgary. Le centre de santé Sheldon Chumir, tout comme l’unité mobile de Lethbridge, mettront fin à leurs services le 30 juin prochain, a annoncé le ministre de la Sécurité publique Mike Ellis.

Cette décision s’inscrit dans la nouvelle stratégie du gouvernement fondée sur la guérison et le traitement de la dépendance avec l’agence Recovery Alberta.

Après la fermeture du centre de Red Deer et celui d’Edmonton dans l’hôpital Royal Alexandra l’an passé, l'Alberta ne comptera plus que trois centres de consommation supervisée : un à Grande Prairie et deux à Edmonton.

Une approche qui a échoué, selon le gouvernement

Le Centre Chumir a ouvert ses portes en 2017 pour faire face à la crise des surdoses d'opioïdes. Six autres sites ont vu le jour à travers la province dans les années qui ont suivi.

Selon le gouvernement, ces centres n’étaient pas voués à être permanents, et ont montré leurs limites.

Pour le ministre de la Sécurité publique Mike Ellis, la stratégie de réduction des méfaits et d’approvisionnement sécuritaire ne fonctionne pas.

Il n'existe pas de drogue sans danger. La politique de distribution de drogues sans risque est un échec. Ce n'est plus une option que nous envisageons. Et nous constatons que d'autres juridictions, qui l'ont mise en pratique, sont en train de s'en détourner, explique-t-il.

C’est pourquoi l’Alberta veut désormais pousser les individus vers des centres de traitement, un modèle internationalement reconnu se félicite le ministre.

La dépendance est un problème de santé qui nécessite des traitements et un accompagnement axé sur le rétablissement, ainsi qu'un système de santé efficace, affirme-t-il.

La fermeture des centres permettra au gouvernement de réinvestir ces fonds dans des traitements de désintoxication et de guérison de l’addiction.

À Calgary, la prise en charge médicale sera assurée par le Renfrew Recovery Centre, avec une augmentation de la capacité d'accueil de 30 à 40 lits et une extension des horaires d'accueil.

Le gouvernement dit aussi vouloir déployer des équipes de proximité 24 h sur 24 h en cas de situation de surdose.

Une décision critiquée par les médecins

La fermeture des centres s’appuie notamment sur une étude menée après la fermeture du centre de Red Deer, dont les conclusions ont été critiquées

J'essaie de fonder toutes mes décisions sur des recherches et des données factuelles. Cette étude nous offre donc davantage d'éléments pour déterminer la voie à suivre, a déclaré Rick Wilson, ministre de la Santé mentale et de la lutte contre les dépendances.

Pour le docteur Monty Ghosh, médecin spécialisé en dépendances, la fermeture de ces centres est une très mauvaise nouvelle.

C'est vraiment problématique car je pense que ces lieux de consommation supervisée contribuent réellement à sauver des vies.

Même réaction pour le docteur Bonnie Larson, qui travaille au centre Chumir, et qui s’est sentie très mal à la suite de cette annonce. Les conséquences vont être catastrophiques, dit-elle.

Elle affirme que les centres de consommation supervisée sont une réponse efficace en première ligne, pour limiter les prises d’opiacés dans la rue et les risques de surdose.

Il faut un endroit où les gens puissent se rendre, et où les médecins comme moi puissent intervenir de manière contrôlée, car l’efficacité des équipes de proximité n’est pas prouvée dans ce domaine, indique-t-elle.

Le gouvernement ne voit toutefois pas ces centres du même oeil.

Je ne veux pas que les gens restent prisonniers de ce cercle vicieux de la dépendance. Je veux qu'ils entament leur rétablissement le plus vite possible, et les aider à s'injecter de la drogue, ce n'est pas les aider. Ça, c’est leur injecter du poison dans les veines, s’est exclamé le ministre Rick Wilson.

Selon Bonnie Larson, il y a besoin de tous ces services à la fois.

L'un ne remplace pas l'autre. Ces services, dont le gouvernement prétend qu'ils se substitueront aux services de consommation supervisée et aux autres approches de réduction des risques, ne sont absolument pas du même type que les services de consommation supervisée, explique-t-elle.

Le gouvernement ne compte pas fermer les trois centres encore opérationnels à Edmonton et Grande Prairie, mais envisage cette possibilité à moyen terme.

Avec les informations d’Emmanuel Prince-Thauvette

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