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Au complexe sportif de l’Université de l’Alberta, le crissement des espadrilles a fait place au fracas métallique des fauteuils et au rebond rythmé des ballons. Ce week-end, novices et athlètes paralympiens se partagent le gymnase pour un tournoi de basketball en fauteuil roulant.
Durant trois jours, les enceintes du centre Saville deviennent le théâtre d’une fusion singulière, où l’intensité de la compétition se fond dans une leçon de résilience.
Parmi les athlètes qui fendent l’air sur le parquet, Koleta Kopanas manœuvre son fauteuil avec une détermination qui semble masquer la relative nouveauté de sa pratique. Elle n'a en effet découvert cette discipline qu'il y a quelques années.
Avant que le cours de son existence ne soit dévié par un accident, la jeune athlète pratiquait le basketball debout.
Si les dimensions du terrain et la hauteur du panier demeurent inchangées, elle a rapidement réalisé que cette transition ne se limitait pas à un simple ajustement technique.

Koleta Kopanas se remémore avec un sourire ses premiers tours de roue. « Lors de mon tout premier entraînement, je suis tombée quatre fois en deux heures », confie-t-elle.
Photo : Radio-Canada
Au-delà de la performance physique, elle y a trouvé une communauté soudée.
La plus grande différence c'est la communauté, c'est tellement proche et inclusif. J'adore ça, dit-elle sourire aux lèvres.
Un tournoi d’envergure au cœur d’Edmonton
Au total, ce sont 22 équipes réparties en quatre divisions qui s’affronteront tout au long du week-end.
L’équipe de Koleta Kopanas, l’Inferno d’Edmonton, figure parmi les formations ayant convergé des quatre coins du pays pour participer à ce tournoi pancanadien.
Pour la toute première fois, la capitale albertaine devient l’épicentre de la discipline, offrant une vitrine unique où se côtoient la relève et l'élite paralympienne.
Pour Parker Cooke, cette escale à domicile revêt une importance toute particulière. Celle qui a grandi à Edmonton et qui dirige aujourd’hui l’équipe des Northern Lights ne cache pas son émotion.
C'est un sport profondément inclusif et une communauté d'une accessibilité rare, confie l’entraîneuse, soulignant la force des liens qui unissent les joueurs, peu importe leur parcours.
Parmi les visages familiers du circuit, Jonathan Vermette, joueur au sein du club Siva de Montréal, rappelle que le basketball en fauteuil roulant transcende les barrières physiques. Pour lui, la discipline est avant tout un vecteur social unique.
C’est d’abord une façon de socialiser. Pour moi, c’est mon sport principal, celui qui m'a permis de me bâtir un solide cercle d'amis et d'intégrer une communauté magnifique, confie-t-il.
Si le plaisir et la mise en forme restent ses moteurs quotidiens, l'élite du basketball lui a également ouvert de nouveaux horizons. Le fait d'être sur l’équipe nationale m’a permis de voyager partout dans le monde; c’est une expérience vraiment enrichissante, ajoute l'athlète montréalais.
De la technique et des contacts
Si les néophytes croient reconnaître les règles du basketball traditionnel, le jeu en fauteuil impose pourtant ses propres codes et une technique singulière.
L’arbitrage s’adapte à la réalité des athlètes : le concept de double dribble disparaît, les violations de marcher sont redéfinies et le système de fautes prend en compte la spécificité des contacts entre les fauteuils.
Car le basket en fauteuil roulant est un sport de contact où le métal s’entrechoque sans ménagement.
Darrell Nordell, entraîneur de l’équipe nationale masculine des moins de 23 ans, insiste sur l’exigence physique monumentale que requiert chaque minute de jeu.
Le jeu est d'une rapidité fulgurante ; il faut décider en une fraction de seconde, explique-t-il avec passion. Il ne s’agit pas seulement de passer ou de réceptionner le ballon. Il faut propulser le fauteuil simultanément tout en cherchant l’équilibre nécessaire pour armer un tir. C’est une gestion constante de dynamiques complexes.
Outre les performances sportives, le samedi soir sera marqué par la remise des prix et les intronisations officielles au Temple de la renommée.
Le tournoi culminera ce dimanche avec trois finales pour l'or.
Avec les informations de Caleb Perraux et Raphaëlle Charbonneau


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