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Le 18 novembre 2026, Voyager 1 franchira un jour-lumière : aucun objet humain n’avait jamais atteint cette distance de 16,1 milliards de km

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Le 18 novembre 2026, à 2h16 du matin heure du Pacifique, une sonde lancée il y a presque un demi-siècle franchira un seuil que rien de humain n’avait jamais atteint. Voyager 1 se trouvera alors à 16,1 milliards de kilomètres de la Terre, soit exactement la distance qu’un rayon de lumière parcourt en 24 heures. Un jour-lumière. Premier objet fabriqué par l’humanité à atteindre cette frontière symbolique, selon la NASA elle-même, qui a officialisé la date le 17 juin 2026.

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Pour saisir ce que représente ce chiffre, voici une mise en perspective : au moment de ce jalon, Voyager 1 se trouvera 5,6 fois plus loin que Neptune. Neptune, déjà considérée comme aux confins du système solaire. Et pourtant, malgré cette distance vertigineuse, Voyager 1 n’aura parcouru que 0,0027 % de la distance qui la sépare de Proxima Centauri, l’étoile la plus proche du Soleil. L’univers, décidément, se moque de nos records.

À retenir

  • Une sonde lancée avant l’arrivée de l’homme sur la Lune s’apprête à franchir une frontière cosmique inédite
  • À cette distance vertigineuse, chaque échange avec la Terre prend deux jours complets pour un aller-retour
  • Malgré ce record spectaculaire, Voyager 1 n’aura parcouru que 0,0027 % de la distance vers l’étoile la plus proche

Sommaire

  1. Quarante-neuf ans pour un aller simple
  2. La communication à l’heure de la lumière
  3. Une technologie des années 70, toujours en vie
  4. Un message dans la nuit interstellaire

Quarante-neuf ans pour un aller simple

Voyager 1 a décollé du Kennedy Space Center en Floride le 5 septembre 1977. Sa mission d’origine était limitée : survoler Jupiter et Saturne. Personne, dans les couloirs du Jet Propulsion Laboratory de la NASA, n’anticipait la suite. Les Voyager ont découvert une activité volcanique sur Io, de la glace d’eau sur Europe, et à Saturne, Voyager 1 a découvert cinq lunes inconnues, révélé la complexité du système d’anneaux et montré que Titan était enveloppée d’une épaisse atmosphère d’azote brumeuse.

La sonde a continué, sans jamais ralentir. Le 25 août 2012, elle a franchi l’héliopause, ce vaste cocon autour du Soleil dans lequel l’espace est dominé par le vent solaire et le champ magnétique solaire. Voyager 1 et sa jumelle Voyager 2 sont les seuls engins spatiaux à avoir jamais opéré en dehors de l’héliosphère, cette bulle protectrice de particules et de champs magnétiques générée par le Soleil. Depuis, elle dérive dans l’espace interstellaire, un territoire que rien d’humain n’avait jamais foulé.

C’est depuis février 1998, quand elle a dépassé l’ancien record du Pioneer 10 de la NASA, que Voyager 1 est l’objet fabriqué par l’homme le plus lointain de l’univers. Vingt-huit ans de règne sans partage. Voyager 1 file vers un point de la constellation d’Ophiuchus, à environ 61 000 km/h. Vite, pour un humain. Infiniment lent, à l’échelle du cosmos.

La communication à l’heure de la lumière

Le terme « jour-lumière » désigne la distance à laquelle il faut 24 heures à un signal ou une commande voyageant à la vitesse de la lumière pour atteindre l’engin depuis la Terre, selon Suzy Dodd, directrice de projet Voyager au JPL. En pratique, cela transforme chaque échange en opération d’une patience monastique. « Si j’envoie une commande et que je dis ‘bonjour Voyager 1’ à 8h un lundi matin, je vais recevoir la réponse de Voyager 1 le mercredi matin à environ 8h », illustre-t-elle. Deux jours pour un aller-retour.

Cette contrainte n’est pas nouvelle, mais elle atteint un nouveau palier symbolique. Il a déjà fallu des semaines pour résoudre des difficultés techniques récentes de Voyager 1, chaque relai de commande nécessitant un peu plus de 23 heures pour couvrir les milliards de kilomètres à la vitesse de la lumière. La gestion de panne à cette distance tient de la chirurgie par correspondance. Les deux Voyager sont conçues pour être autonomes, capables de se mettre en sécurité si quelque chose tourne mal à des milliards de kilomètres de la Terre.

Le débit de communication est, lui aussi, d’un autre temps. Les commandes envoyées à la sonde sont émises à seulement 16 bits par seconde, tandis que les données scientifiques redescendent vers la Terre à 160 bits par seconde. C’est le débit d’un modem des années 1990, à 26 milliards de kilomètres de distance.

Une technologie des années 70, toujours en vie

Voyager 1 a été construite avec ce qui semble aujourd’hui une technologie archaïque : ses trois ordinateurs de bord partagent seulement 68 kilooctets de mémoire, et leurs processeurs tournent à 250 kHz. À titre de comparaison, la puce d’un badge sans contact moderne embarque plus de puissance de calcul. Et pourtant, la sonde transmet quotidiennement des données en n’utilisant que 23 watts, la puissance d’une ampoule de réfrigérateur.

Le temps fait son œuvre. L’équipe Voyager a dû prioriser les instruments à maintenir allumés face à la diminution continue de l’alimentation électrique, éteignant un à un les systèmes de chauffage et autres équipements, en gardant en priorité les instruments de champs et de particules les plus susceptibles de renvoyer des données clés sur l’héliosphère et l’espace interstellaire. En avril 2026, la NASA a ainsi éteint l’instrument LECP (Low-Energy Charged Particle), qui détectait les électrons, les ions et les rayons cosmiques dans le milieu interstellaire.

Les générateurs thermoélectriques à radioisotopes pourraient fournir suffisamment d’énergie pour renvoyer des données d’ingénierie jusqu’en 2036. Une décennie encore, peut-être. Derrière la mission, une équipe hors du commun : des retraités de la NASA dans leurs 80 ans conseillent sur des sous-systèmes spécifiques, aux côtés de membres si jeunes que leurs parents eux-mêmes n’étaient pas nés au moment du lancement.

Un message dans la nuit interstellaire

Les deux sondes Voyager transportent des disques d’or gravés d’images et de sons représentant la vie sur Terre. Ces disques d’or constituent un geste largement symbolique, destiné à représenter la Terre dans l’univers élargi, avec l’infime chance qu’une civilisation extraterrestre les découvre un jour.

Le record à venir est également double. Un peu plus de deux mois après le jalon Terre, le 28 janvier 2027, Voyager 1 sera également à un jour-lumière du Soleil lui-même. Deux frontières franchies dans la même saison, par le même engin vieillissant, transmettant ses données à la puissance d’une ampoule de réfrigérateur.

En 49 ans de voyage pour atteindre un jour-lumière, Voyager 1 n’aura parcouru que 0,0027 % de la distance qui la sépare de Proxima Centauri. À sa vitesse actuelle, il lui faudrait environ 18 000 ans pour couvrir une seule année-lumière. Ce 18 novembre 2026, l’humanité posera un drapeau à 16 milliards de kilomètres de chez elle, et réalisera, dans le même geste, à quel point l’espace interstellaire lui reste inaccessible.

Sources : lesnews.ca | accueil-temporaire.com

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