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La fin de l'accord de rémunération des médecins hospitaliers pour les gardes de nuit dans les hôpitaux d'Edmonton, prévue le 1er avril, risque d’aggraver la situation dans les urgences. La semaine dernière, plusieurs médecins urgentistes de l'Hôpital Grey Nuns ont écrit au ministre des Services hospitaliers et chirurgicaux, Matt Jones, pour l'alerter sur les conséquences d'une telle décision.
Ils affirment que, sans ces médecins hospitaliers, les services d'urgences risquent de ne pas pouvoir absorber le flux de patients la nuit, et de se retrouver encore plus saturés qu'ils ne le sont actuellement.
Même si nos paroles tombent dans l’oreille d’un sourd, cette lettre pourra au moins servir de témoignage, d’alibi, lorsque nous déplorerons un nouveau décès inutile parce que les décideurs continuent de paralyser les services dont nous avons précisément besoin pour faire fonctionner notre service des urgences, écrivent les urgentistes de l’Hôpital Grey Nuns, dans une lettre dont l’authenticité a été confirmée par CBC.
Dans un communiqué, l’agence provinciale Soins aigus Alberta a déclaré qu’il était faux de penser que la suppression des indemnités versées aux médecins hospitaliers de la région d'Edmonton porterait préjudice aux patients.
Des services d’urgence aux effectifs réduits
Cette mesure touche particulièrement les médecins de famille qui prêtent main-forte quelques nuits par semaine aux urgences.
C’est le cas du Dr Parker Vandermeer, qui travaille environ la moitié du temps comme médecin hospitalier à l’Hôpital Grey Nuns.
Sans ce système de rémunération forfaitaire, les médecins comme lui ne seront plus incités à rester la nuit à l’hôpital.
J’ai regardé le calendrier et il n’y a pratiquement plus aucune permanence à partir de la mi-avril, raconte-t-il.
Désormais, les médecins pourront choisir d’être rémunérés à l’acte ou de fonctionner sur appel.
Il n'y a donc aucune rémunération pour le seul fait d'organiser sa vie en sachant qu'on peut être appelé à tout moment par l'hôpital, avec un téléavertisseur sur soi et un ordinateur portable à portée de main pour pouvoir consulter les dossiers médicaux, souligne-t-il.
Les médecins des hôpitaux d’Edmonton, qui accueillent plusieurs dizaines de patients par nuit, craignent que cette décision ne sature des services d'urgences déjà sous haute tension.
On ne peut pas confier à un seul médecin la prise en charge de 80 patients dans un hôpital et s'attendre à ce que tous ces patients bénéficient du même niveau de soins que ce qu'ils auraient pu recevoir de la part d'une équipe de 5 ou 10 médecins, s’indigne l’avocat spécialisé en droit médical Jon Rossall, qui conseille actuellement plus de 100 médecins hospitaliers sur la fin de l'accord de rémunération.
Le gouvernement et l'Association médicale de l'Alberta avaient convenu de mettre fin au système d’allocation forfaitaire depuis plusieurs années, selon la ministre des Soins primaires et préventifs, Adriana LaGrange, car certains médecins le jugeaient injuste et incohérent.
Elle a indiqué vendredi que les négociations entre le syndicat et le gouvernement sur un nouvel accord-cadre étaient toujours en cours.
Avec les informations de Janet French


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