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Selon une étude menée par un organisme de recherche provincial, la fermeture du centre de prévention de surdose de Red Deer n’aurait pas entraîné une hausse du nombre de décès ou de visites aux urgences. Certaines voix remettent toutefois en question l’impartialité de cette enquête.
Le Centre canadien d'excellence en rétablissement (CoRE) a publié les résultats d’une étude menée de juin 2024 à septembre 2025, soit 6 mois après la fermeture du centre.
Cette étude confirme une conviction fondamentale selon laquelle les personnes aux prises avec une dépendance méritent et ont besoin d’un véritable chemin vers le rétablissement — et non d’un système qui les maintient prisonnières d’une dépendance sans fin, a déclaré le ministre ministre de la Santé mentale et de la Lutte contre les dépendances de l’Alberta, Rick Wilson, dans un communiqué.
Selon le docteur Nathaniel Day, directeur scientifique du CoRE, il existe beaucoup d'informations contradictoires concernant les avantages et les inconvénients des sites de prévention des surdoses.
Des réserves sur l'impartialité
Le CoRE est un organisme de recherche créé en 2024 et placé sous la tutelle du ministère de la Santé mentale et de la Lutte contre les dépendances de l’Alberta.
Pour Dan Web, directeur du service de santé mentale et de traitement des troubles liés à la consommation de substances à l'hôpital St Michael's de Toronto, certaines parties du rapport sont préoccupantes en tant que chercheur.
Il s'agit d'un rapport produit par un organisme public du gouvernement, […] par des personnes qui jouent un rôle clé dans l'élaboration de la politique sur laquelle le gouvernement de l'Alberta fonde en grande partie sa réputation, souligne-t-il.
Selon Brad Readman, président de la section locale 1190 de l'Association internationale des pompiers à Red Deer, le nombre d'appels relatifs à des incidents liés à la consommation d’opioïdes a même augmenté depuis la fermeture du centre.
Nos membres constatent de plus en plus de surdoses dans les zones boisées [et] dans les campements de sans-abri, car [les personnes dans le besoin] ne se rendent plus au centre pour se procurer des seringues — le Narcan n’y est plus disponible, affirme-t-il.
Des données à court terme
Le leader de l’opposition néo-démocrate, Naheed Nenshi, a lui aussi exprimé ses doutes quant à la portée de l’étude.
[C'est] un peu étrange que l'on tente d'évaluer les effets à long terme sur les personnes à partir d'une période d'observation très courte et d'un échantillon très restreint, avance-t-il.
Le rapport du CoRE indique lui-même que tous les résultats méritent une évaluation plus approfondie sur des périodes de suivi plus longues, en tenant soigneusement compte des limites contextuelles et méthodologiques.
Néanmoins, les enjeux et inquiétudes du public relatifs aux centres de prévention de surdose étaient tels qu’il fallait évaluer les impacts de la politique albertaine, selon le docteur Nathaniel Day.
Nous ne voulions pas attendre trois ans avant de vous faire part de nos conclusions. Nous devions, dans la mesure du possible, donner un aperçu rapide des premiers résultats, déclare-t-il.
Interrogé sur la manière dont ce rapport pourrait affecter les autres sites de prévention des surdoses de l’Alberta, Rick Wilson a répondu qu’il était encore en train d’examiner les données recueillies et qu’aucune décision n’avait encore été prise concernant l’avenir de ces sites.
La province avait déjà prévu de fermer le centre de Calgary cette année, et le conseil municipal de Lethbridge a aussi demandé à fermer le sien.
D'après un texte (nouvelle fenêtre) de Lina Elsaadi


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