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La conversion de la centrale thermique de Belledune va de l’avant

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L’avenir de la centrale de Belledune est assuré. Cette centrale thermique au charbon, l’une des plus polluantes du Nouveau-Brunswick, sera finalement convertie afin d’y utiliser du biocharbon comme combustible. Cela permettra de prolonger la durée de vie de la centrale thermique.

La centrale sera convertie afin de pouvoir être en mesure de brûler du biocharbon, fabriqué à partir de granules de bois torréfiées et de chanvre agricole.

Énergie NB et des représentants du gouvernement du Nouveau-Brunswick en ont fait l’annonce lors d’une conférence de presse, jeudi.

D’après la PDG d’Énergie NB, Lori Clark, le conseil d’administration de la société d’État a pris la décision d’aller de l’avant avec le projet en août.

Des granules disposées dans des assiettes sur une table.

Les granules de bois torréfiées remplaceront le charbon à Belledune. Ce carburant moins polluant permettra de prolonger la durée de vie de la centrale thermique.

Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin

Qu’est-ce que le biocharbon?

Afin de produire le biocharbon, la biomasse forestière utilisée afin de les fabriquer est torréfiée, c'est-à-dire chauffée à des températures entre 200 °C à 300 °C. Ce traitement rend les granules plus efficaces, explique Yves Gagnon, qui est professeur d'ingénierie à l’Université de Moncton.

Il y a des réactions chimiques qui font en sorte que le granulé devient intéressant, donc il se tient bien, il a une haute densité énergétique, explique-t-il.

Il est hydrophobe, donc il n'absorbe pas d'eau, donc il est facile à stocker, à manipuler. C'est donc un beau produit pour une centrale thermique ici au Nouveau-Brunswick.

Le projet permettra à la société d’État de se défaire de sa dépendance au charbon.

La reconversion va aider Énergie NB à respecter les normes fédérales qui exigent le retrait progressif du charbon du réseau d’électricité d’ici 2030, explique Mme Clark.

Elle ajoute qu’il était important de pouvoir garder la centrale, qui a une capacité de près de 500 MW, dans son portefeuille alors que le Nouveau-Brunswick continue d’intégrer plus de sources d’énergies vertes sur son réseau énergétique.

Nous sommes dans une transition, on apporte plus d’énergie éolienne sur le réseau, mais il y aura encore des besoins pour d’autres sources de production, notamment la centrale de Belledune et le projet de nouvelle centrale au gaz prévu dans le sud-est de la province, en raison de l'intermittence des énergies renouvelables, indique la PDG.

Des ententes d’approvisionnement

Énergie NB a aussi indiqué avoir signé des ententes d'approvisionnement pour fournir la centrale en carburant.

Les granulés de bois et de chanvre qui seront utilisés dans la centrale proviendront de fournisseurs du Nouveau-Brunswick et du Canada. Ne plus avoir à se fier à des fournisseurs de l’extérieur du pays offrira un apport énergétique fiable à la province, se réjouit la première ministre du Nouveau-Brunswick, Susan Holt.

On a vu qu’on ne peut pas contrôler ce qui se passe avec nos voisins et nos frontières, on peut contrôler ce qu’on peut faire ici au Nouveau-Brunswick et ce que l’on fait au Canada. Avoir cette chaîne d’approvisionnement pour le carburant, qui est complètement canadien et un gros pourcentage du Nouveau-Brunswick, ça nous donne une sécurité énergétique que l’on cherche, a-t-elle dit lors d’une mêlée de presse à la suite de l'annonce.

La PDG d’Énergie NB n’a pas été en mesure de préciser quel genre de gains la province réaliserait sur les plan des émissions de gaz à effet de serre grâce à ce projet, mais elle était heureuse de dire que la conversion transformera Belledune, qui est aujourd’hui l’une des plus grandes émettrices de GES de la province, dans l’une des ressources renouvelables les plus importantes de la que compte le Nouveau-Brunswick.

Mme Clark n’a pas non plus souhaité préciser l’identité des fournisseurs retenus afin d’alimenter la centrale en granules, combien coûtera ce carburant ni combien coûtera la conversion de la centrale.

Évidemment, il y a une abondance de charbon à l’échelle mondiale, on s’en sert beaucoup parce que c’est une option abordable. Certainement, les granules sont plus chers que le charbon, mais, dans les études réalisées sur la conversion, c’était l’option la moins coûteuse pour respecter l'échéance de 2030 du gouvernement fédéral [sur le charbon], s’est-elle contenté de dire.

Des partenaires du Québec et du Nouveau-Brunswick

Dans un communiqué diffusé à la suite de l’annonce, le consortium qui souhaite procéder à la construction d’une usine de granules de bois sur le terrain du port de Belledune a salué l'annonce de la société d'État.

Le projet, porté par les entreprises québécoises Airex Énergie et Produits Forestiers Arbec, et les Premières Nations de Pabineau et de Eel River Bar, permettrait de produire 150 000 des 300 000 tonnes de granulés nécessaires chaque année pour faire tourner la centrale de Belledune.

Le chef de la Première Nation de Pabineau, Terry Richardson, indique que cette initiative représente des retombées économiques intéressantes pour sa communauté.

On sera un des propriétaires [de l'usine], on va avoir des parts dans le projet, on est vraiment heureux de ça, nous et Eel River Bar. C'est un projet qui fait du sens. On va être capables de s’éloigner du charbon, c’est ce qu’on a besoin de faire, et de garder les emplois ici pour le monde qui travaille déjà ici [dans la centrale], a-t-il dit à la suite de l’annonce d’Énergie NB.

Frédéric Pinard et Michel Gagnon.

Frédéric Pinard et Michel Gagnon sont respectivement chef des opérations et chef de la direction chez Airex Énergie, une entreprise qui exploite à Port-Cartier, au Québec, une usine semblable à celle qui pourrait construite à Belledune.

Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin

Le chef de la direction d’Airex Énergie, Michel Gagnon, prédit que la production de biocharbon pourrait commencer dès 2027.

La beauté de notre projet c’est qu’on va établir cette usine dans un bâtiment existant. Ça va nécessiter quelques petites modifications, c’est un bâtiment qui appartient au port de Belle et il a déjà eu une vocation industrielle. Ça va nous permettre d’être beaucoup plus rapides dans l’exécution du projet, dit-il.

L’un des ingénieurs mécaniques à la centrale thermique de Belledune, Benoit Fournier, ajoute pour sa part qu’il y a assez peu de travaux à faire pour terminer la conversion à la biomasse.

On a des modifications à faire si on veut être efficace et se rendre à notre pleine capacité, mais, dans les tests qu’on a fait, on a presque pas fait de modifications, explique Benoit Fournier.

Selon lui, des arrêts de la centrale sont déjà prévus en 2027 et 2029 afin de procéder à ces modifications.

Un pas dans la bonne direction pour la transition verte, croit un expert

Selon le professeur d'ingénierie de l’Université de Moncton, Yves Gagnon, l’annonce de la conversion de la centrale est un pas dans la bonne direction afin de permettre à Énergie NB de verdir sa production d’électricité.

Finalement, on voit que le Nouveau-Brunswick évolue vers l'exploitation de ressources énergétiques renouvelables, dit le spécialiste des énergies renouvelables.

Yves Gagnon est debout dans un salon. Il sourit.

Le professeur d'ingénierie à l'Université de Moncton, Yves Gagnon, se réjouit de l'annonce de la conversion de la centrale thermique de Belledune. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Michèle Brideau

Des études effectuées par son groupe de recherche il y a une quinzaine d’années ont montré que Ies résidus forestiers dont dispose le Nouveau-Brunswick sont une source intéressante d’énergies renouvelables pour la province.

Si on ajoute à la biomasse les autres sources d'énergies vertes dont dispose la province, le professeur est d'avis que la province peut se passer de l'énergie nucléaire afin d'assurer sa transition vers un réseau électrique sans hydrocarbure.

[Ce genre de projet] fait partie d'un portefeuille énergétique diversifié, dit-il. Il y a peu de juridictions qui ont pas, qui a pas de juridiction qui a 100% de leurs sources d'énergie provenant de l'éolien et du solaire.

Avec des informations de Charles-Étienne-Drouin

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