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La chasse à courre de l’ours noir est de nouveau autorisée en Alberta

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Le gouvernement de l’Alberta autorise de nouveau le recours aux chiens pour chasser l’ours noir, expliquant que la mesure vise particulièrement à aider à rétablir les populations de caribous, dont ce mammifère carnivore à corps massif est un prédateur.

Si la décision a réjoui les chasseurs, elle a donné lieu à une levée de boucliers du côté des défenseurs de la faune, qui mettent en doute sa pertinence.

La pratique de la chasse à l’ours noir est permise durant les mois de septembre et d’octobre et seulement dans les zones situées dans les forêts boréales du nord de la province et dans les contreforts des Rocheuses.

Selon le gouvernement de l’Alberta, ces régions constituent des habitats essentiels pour le caribou, qui compte parmi les espèces considérées comme menacées.

La province a dû modifier l’année dernière sa réglementation en la matière pour pouvoir permettre de chasser l’ours noir.

Le ministère provincial de la Foresterie et des Parcs soutient dans un communiqué que cette modification s’est appuyée sur les meilleures données scientifiques disponibles, les commentaires des parties prenantes et des réglementations similaires en vigueur dans d’autres provinces.

L’utilisation de chiens pour chasser l’ours noir est autorisée en Colombie-Britannique et en Ontario ainsi que dans plusieurs États américains.

Ces changements permettent à l’Alberta de rester un leader mondial en matière de gestion responsable de la faune et de protection de l’environnement.

Un ours noir photographié dans la nature en Alberta en train de regarder fixement devant lui.

Selon les dernières données provinciales, l'Alberta compterait environ 40 000 ours noirs, qui occupent près de 75 % du territoire de la province.

Photo : Radio-Canada / Amir Said/CBC

Une avancée

Mark Hall, membre de Wild Origins Canada, une association de défense des chasseurs, estime que la mesure prise par les autorités provinciales constitue un pas dans la bonne direction.

Tout comme le gouvernement, il affirme également que la décision d'autoriser la chasse assistée par des chiens [...] est le fruit d'une collaboration entre de nombreux experts, biologistes, scientifiques ainsi que des personnes issues de disciplines très variées, dont des chasseurs.

Ils œuvrent tous pour un objectif commun : favoriser le rétablissement des populations de caribous, et ce, d’une manière qui ne compromet pas la gestion globale des ours noirs dans la province.

M. Hall affirme par ailleurs qu’il existe des études indiquant que la chasse à l’ours noir avait contribué à améliorer les taux de survie des petits orignaux dans le Minnesota.

L’année dernière, 2431 ours noirs ont été abattus par des chasseurs en Alberta.

Une photographie montrant un ours noir au pelage brun se tenant dans une zone boisée, en Alberta.

De nombreux ours noirs ont un pelage brun, ce qui peut entraîner une confusion entre les ours noirs et les grizzlis.

Photo : Radio-Canada / Amir Said/CBC

Des risques de perturber la faune

L'optimisme dont le gouvernement albertain fait preuve contraste cependant avec les inquiétudes des défenseurs de la faune, comme Ruiping Luo, spécialiste de la conservation à l’Alberta Wilderness Association.

Selon elle, les chiens en liberté peuvent perturber, effrayer et potentiellement nuire à la faune. Elle ajoute que même les canidés bien dressés ont des instincts qui pourraient les pousser à poursuivre et à harceler des espèces non ciblées ou vulnérables.

À titre d’exemple, Ruiping Luo fait savoir que le simple fait qu’une meute de chiens se mettent à poursuivre un grizzli pris pour un ours noir en raison de leur ressemblance, fait que, même si l’animal n’est pas tué, la poursuite lui aura fait dépenser de l’énergie dont il pourrait avoir besoin pour passer l’hiver.

Dans un communiqué, la province soutient que rien ne prouve que l'utilisation de chiens pour chasser les ours noirs ait un impact négatif sur les grizzlis ou d'autres populations d'animaux sauvages.

Elle affirme que, entre 2013 et 2022, seuls 6 cas de grizzlis pris à tort pour des ours noirs et abattus avaient été recensés dans la province.

D’après un texte (nouvelle fenêtre) d’Amir Said

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