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Le gouvernement de la Colombie-Britannique a donné, mardi, une ordonnance de restriction temporaire concernant 456 permis d'utilisation de l’eau afin de protéger les poissons du bassin versant de la rivière Salmon, affirmant que la région de Thompson-Okanagan est frappée par une sécheresse « grave ».
Le ministère précise que cette ordonnance contribuera à protéger le saumon quinnat, une espèce menacée, en limitant temporairement l'utilisation de l'eau pour les cultures fourragères et certaines activités industrielles.
Les titulaires de ces permis doivent cesser d'utiliser l'eau pour l'irrigation des plantes fourragères, comme le foin, la luzerne et le maïs fourrager, ainsi que pour l'arrosage des pelouses et des terrains de golf.
Sauver une génération du saumon quinnat
Elinor McGrath, biologiste senior des pêches pour l'Alliance des Premières Nations, explique que les saumons quinnats ont tendance à migrer vers la rivière Salmon en juillet pour ensuite y frayer. Ils atteignent la maturité à l’âge de cinq ans et sont donc assez grands lorsqu’ils reviennent, requérant alors une plus grande profondeur d’eau pour pouvoir se déplacer.

Chaque année, l’Alliance des Premières Nations de l’Okanagan remet à l’eau des alevins à Salmon River.
Photo : Fournie par l’Alliance des Premières Nations de l’Okanagan
Elle témoigne que cette année est exceptionnellement sèche, notamment en raison du faible manteau neigeux. La biologiste note même que dans la rivière Salmon, les débits sont les plus faibles que les stations hydrométriques du réseau aient enregistrés.
Aux niveaux très bas que nous observons actuellement, les débits se situent en dessous du seuil considéré comme nécessaire à la survie des populations de poissons.
La biologiste précise qu'un niveau d'eau trop bas entraîne plusieurs risques pour les poissons, comme celui de suffoquer, d'être plus vulnérables aux prédateurs et de développer des maladies en raison de l’eau plus chaude.
La plus grande source d’inquiétude, dit-elle, est que si ces saumons quinnats devaient mourir alors qu’ils reviennent pour frayer, cela anéantirait malheureusement toute une génération de [cette espèce] dans cette rivière.
Une éleveuse de bétail réclame une compensation
La ministre de l’Intendance de l’eau, des terres et des ressources, Randene Neill, a précisé que les usagers concernés seront contactés directement au sujet de l’ordonnance de restriction.
Elle a ajouté que des programmes sont mis en place pour apporter un soutien en cas de mauvaises récoltes liées à la sécheresse, ainsi qu'en cas de baisse des revenus et d'augmentation des coûts.

La ministre de l’Intendance de l’eau, des terres et des ressources, Randene Neill, en avril 2026.
Photo : Radio-Canada / Emily Fagan
Trudy Schweb, éleveuse de bétail avec son mari dans la vallée de Salmon, estime que ces restrictions d’eau vont leur coûter au moins 100 000 $, en limitant leur capacité à cultiver des fourrages. Elle réclame donc une compensation.
Il faut que le gouvernement comprenne que cette mesure de protection des poissons pèse sur les épaules des producteurs [...] et que c’est nous qui allons devoir en supporter le coût financier.
Selon cette propriétaire de près de 65 hectares de terres irriguées, ces sécheresses répétées depuis 2017, avec un bref répit en 2024, constituent une véritable crise. C’est partout pareil. Tout le monde est très inquiet à propos de l’eau.
Le gouvernement invite les agriculteurs et éleveurs directement touchés par la sécheresse actuelle à contacter la ligne d'assistance AgriService BC au 1-888-221-7141.
Avec les informations de la Presse canadienne (nouvelle fenêtre) et de Brady Strachan


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