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L’aide pour les banques alimentaires bien accueillie dans les régions acadiennes

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Les profits tirés de la liquidation des inventaires d'alcool américain en Nouvelle-Écosse permettront de soutenir des centaines d'organismes sans but lucratif, une nouvelle qui réjouit les responsables de banques alimentaires dans les régions acadiennes de la province.

Ce financement, perçu comme un cadeau tombé du ciel, s'ajoute à leur budget à un moment où ils en ont grand besoin.

À Chéticamp, le Club Kinsmen gère deux programmes pour combattre la faim : la popote roulante Meals on Wheels, qui a obtenu 20 000 $, et le programme Feed the Poor, qui a reçu 25 000 $.

Un homme portant lunettes et moustache est assis dans un fauteuil soyeux, devant une peinture d'un paysage portuaire.

« On aide juste les plus pauvres des plus pauvres », relate Chester Muise, le responsable de Meels on Wheels à Chéticamp.

Photo : Radio-Canada

Chester Muise, le responsable des programmes alimentaires, explique que son équipe de bénévoles livre une fois par mois de la nourriture non périssable et des cartes-cadeaux, pour les denrées périssables, à 60 familles, dont une vingtaine de mères monoparentales et une quarantaine de personnes âgées.

Le 25 000 $ va nous donner l'occasion d'envoyer des sacs d'épicerie pour au moins cinq ou six mois. Donc, ça va nous donner l'occasion de donner à manger à 60 familles dans notre village, se réjouit-il.

M. Muise souligne toutefois que, selon les statistiques, il y a près de 200 familles qui vivent sous le seuil de la pauvreté dans la région de Chéticamp.

Une femme verse de la soupe dans des contenants.

Les popotes roulantes aident à nourrir des centaines de familles. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Lisa-Marie Bélanger

Leurs ressources étant limitées, des choix s'imposent. Nous, on aide juste les plus pauvres des plus pauvres, explique-t-il.

Il a tout de même réussi à obtenir deux fois plus d'argent que prévu.

J'ai fait valoir l'argument que les petits villages comme Chéticamp sont désavantagés, comparativement à des villes comme Halifax.

L'épicerie, plus chère qu'en ville

En effet, l'insécurité alimentaire sévit durement dans les régions acadiennes, où la hausse des prix à l'épicerie est souvent un peu plus marquée qu'en milieu urbain.

C'est notamment le cas dans la région de Clare, où au moins deux organismes ont reçu de l'aide grâce à la vente de l'alcool américain.

Une femme assise dans une cuisine fait un grand sourire.

Suzanne Belliveau est la directrice d’Inclusion Clare, un organisme à but non lucratif. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Paul Légère

L'organisme Inclusion Clare a obtenu 10 000 $, alors qu'il planifie de reprendre la gestion de la popote roulante locale (Meals on Wheels), jusqu'ici gérée par le foyer de soins pour personnes âgées La Villa Acadienne.

L'argent servira à regarnir les frigos et à souffler un peu, parce que la demande est immense, explique la directrice de l'organisme, Suzanne Belliveau.

Ça nous aide beaucoup, parce qu'on est une organisation à but non lucratif, dit-elle..

Inclusion Clare gère un programme de jour pour adultes à besoins spécifiques.

Vu la forte demande, les bénévoles auront du pain sur la planche, dit Mme Belliveau.

Il y a des listes d'attente. Il y a déjà un programme de bénévoles qui livre les repas dans la région de Clare, alors on va pouvoir continuer ça, et on espère pouvoir aider ceux sur la liste d'attente aussi!

Elle ajoute que l'insécurité alimentaire force des gens de la région à faire des choix déchirants.

Quand il faut choisir entre aller chez le dentiste ou avoir à manger dans son assiette, ce sont des choix difficiles, et ça devient de plus en plus fréquent, on dirait.

L'épicerie, c'est tellement cher. Je sors avec pas grand-chose et c'est 200 $. Ça monte au grand galop et les salaires ne suivent pas.

Et il est difficile de compenser en cultivant un potager dans sa cour.

Ici, à Clare, on est à côté de la mer. On a de la bonne terre, mais elle est très rocheuse, et les hivers sont très froids. Ça fait que planter des jardins, ce n'est pas aussi facile que dans le temps. Et le monde est occupé, les gens travaillent, on veut passer au magasin, il faut planifier parce que c'est très cher!

Le chef devant son restaurant mobile à Saulnierville, en Nouvelle-Écosse.

Le chef Shane Robicheau est le responsable de Clare Share Fridge Communautaire. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Pour le groupe Clare Share Fridge Communautaire, une aide imprévue de 15 000 $ va se traduire par des frigos communautaires et des boîtes alimentaires mieux garnis.

Avec cet argent-là, ça nous permet de mettre beaucoup plus de choses dans les boîtes mensuelles, les boîtes familiales, explique le responsable de l'organisme, Shane Robichaud. Ça permet de mettre de la nourriture pour les enfants, pour les bébés, de la viande, du lait, et beaucoup plus de choses qu'on n'aurait pas pu mettre avant.

Shane Robicheau dit que ce fond est également une forme de reconnaissance. C'est un message d'encouragement pour ces organismes œuvrant souvent dans l'ombre, confirmant que leur travail est vital et qu'il doit se poursuivre.

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