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TRIBUNE - Le président chinois Xi Jinping est en visite à Washington du 23 au 25 septembre, actant une fois de plus le tête-à-tête installé entre les deux géants, analyse l’essayiste. Dans ce duopole technologique implacable, l’Europe n’apparaît plus que comme un marché conquis, voire un simple dommage collatéral, déplore-t-il.
Passer la publicitéJérémie Gallon est essayiste. Il est notamment l’auteur de « Henry Kissinger. L’Européen » (Gallimard, 2021) et de « Georges Pompidou. L’Intemporel » (Gallimard, 2025).
Au plus fort de la guerre froide, Raymond Aron ne cessait de conjurer un spectre : celui d’un condominium américano-soviétique. Sa hantise était de voir Washington et Moscou s’entendre, tacitement ou ouvertement, pour régler le sort du monde par-dessus la tête des Européens, réduisant l’Europe de l’Ouest à être spectatrice de son propre destin.
Alors que Xi Jinping s’apprête à fouler le sol américain pour rencontrer Donald Trump, le spectre aronien ressurgit sous des habits neufs. Le tête-à-tête entre les deux géants n’est plus seulement militaire et diplomatique ; il est devenu économique, industriel et, par-dessus tout, technologique. Mais la dynamique contemporaine recèle un piège encore plus redoutable qu’un partage d’influence concerté. Malgré les premiers canaux de discussion initiés dès 2023 sous l’Administration…


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