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PORTRAIT - Alexander Werth, correspondant à Moscou pendant la Seconde Guerre mondiale, s’est suicidé après l’écrasement du printemps de Prague. Son fils, grand historien de l’URSS, a sombré à son tour après l’invasion de l’Ukraine. Dans Adieu ma Russie, il livre le récit passionnant de leurs désillusions.
S’il avait écouté son psychologue, Nicolas Werth aurait renoncé à écrire son dernier livre. « Pas convaincu de l’utilité thérapeutique de ce travail », le praticien s’inquiétait que son patient ne ressasse un passé familial trop douloureux et s’engouffre dans les abîmes de son rapport à la Russie. À l’été 2023, cette inquiétude a gagné tous les proches du grand historien de l’URSS : plongé dans une dépression sévère depuis l’invasion de l’Ukraine, il a grimpé sur le balcon de sa cuisine, au cinquième étage d’un immeuble parisien, avant d’être rattrapé in extremis par le souvenir des siens et le cri de son épouse. « J’ai refait l’acte désespéré de mon père », écrit-il après coup. Cinquante-quatre ans plus tôt, alors que Nicolas était jeune bachelier, Alexander Werth, journaliste russo-britannique, avait mis fin à ses jours, quelques mois après l’écrasement du printemps de Prague par les troupes du pacte de Varsovie.
« Comme mon père s’en est voulu de ne pas avoir vu venir l’invasion…


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