Dans le cadre d’une récente étude, des chercheurs italiens ont tenté de comprendre pourquoi certains européens vivaient plus longtemps que d’autres. Une partie de la réponse à cette énigme pourrait se trouver dans les gènes que les premiers habitants du continent nous ont transmis.
Une affinité génétique plus forte avec les chasseurs-cueilleurs
En règle générale, la longévité repose sur plusieurs facteurs, à savoir une alimentation saine, une activité physique régulière, un sommeil de qualité mais également, une bonne gestion du stress, de forts liens sociaux, ainsi que le maintien d’une activité mentale. Selon une étude publiée dans la revue GeroScience le 13 décembre 2025, un autre facteur pourrait jouer un rôle non négligeable dans la longévité : la génétique.
Les biologistes de l’Université de Bologne (Italie) ont comparé les données génétiques de 333 Italiens âgés de 100 ans ou plus à celles de 690 personnes en bonne santé, âgées d’environ 50 ans. Par la suite, les chercheurs ont effectué une comparaison de ces génomes à ceux de 103 individus dits « anciens », appartenant à quatre grandes vagues de peuplement : les chasseurs-cueilleurs de l’Ouest, les populations nomades de l’âge du bronze, les groupes originaires d’Iran et du Caucase et enfin, les premiers agriculteurs néolithiques venus d’Anatolie (actuelle Turquie).
Selon les résultats, tous les centenaires ayant participé à l’étude possèdent un mélange de ces gènes anciens. En revanche, il est ici question d’une affinité génétique plus forte avec les chasseurs-cueilleurs de l’Ouest. Or, les chercheurs ont affirmé qu’il était possible d’associer de faibles augmentations de cette ascendance à une probabilité plus élevée d’atteindre l’âge de 100 ans et ce, plus particulièrement chez les femmes. De plus, plusieurs chromosomes que ces centenaires possèdent ont davantage de variantes génétiques, que l’on peut également associer à la longévité.
Crédit : Osmin4000 / iStock
La paléogénomique, une discipline récente
« Les chasseurs-cueilleurs d’Europe occidentale sont reconnus comme un groupe ancestral ayant contribué à l’ascendance des Européens actuels. Ils descendent des populations de chasseurs-cueilleurs mésolithiques qui occupaient le sud et le centre-ouest de l’Europe. Ce groupe a été défini sur la base d’affinités génétiques entre des individus qui ont largement remplacé les populations européennes préexistantes après le dernier maximum glaciaire. », peut-on lire dans l’étude.
Les auteurs de l’étude ont rappelé qu’atteindre l’âge de 100 ans relève d’une exceptionnelle longévité qui repose sur un équilibre complexe entre habitudes de vie, environnement et génétique. Les chercheurs estiment cependant que dans ce cas précis, ce qui a aidé les chasseurs-cueilleurs à survivre pendant la période glaciaire pourrait aujourd’hui contribuer à un vieillissement en meilleure santé.
Enfin, il faut savoir que ce genre de travaux est désormais possible grâce à la paléogénomique, une discipline récente ayant fait son apparition grâce aux importants progrès en paléogénétique et en biologie moléculaire. Aujourd’hui, il est donc possible d’étudier l’ADN d’organismes anciens (humains, animaux, végétaux, microbes) afin de reconstituer des génomes complets. Les objectifs peuvent varier, entre retracer l’histoire des migrations humaines, l’évolution du vivant en général, ou encore l’adaptation aux maladies et les croisements de population. Pour les experts dans ce domaine, la paléogénomique est une sorte de « machine à voyager dans le temps » permettant de déchiffrer le code génétique du passé pour mieux comprendre le présent et l’avenir.


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